Chronique

GAMMA RAY - EMPIRE OF THE UNDEAD / Ear Music - Edel records 2014

« Tout feu tout flamme », voilà comment mon confrère et non moins ami François Blanc titrait son interview de Gamma Ray dans le Rock Hard du mois de mars. Effectivement, autant au sens figuré (cf. photo-shooting promo) qu’au sens propre (cf. l’incendie de leur studio), le combo teuton semble renaître de ses cendres, tel le phoenix. Presque 25 ans de carrière (dont quasi 20 avec Kai au chant) et le groupe est toujours une référence en terme de power metal. Mais comment se renouveler après tant d’années ? La bande à Kai ne se pose pas la question et nous balance un album heavy à souhait, n’en déplaise aux chipoteurs avides de tout comparer.


Histoire de mettre les points sur les i, les Rays nous accueillent avec un « Avalon » dantesque. Placer un titre de plus de neuf minutes pour démarrer un album de heavy speed ne peut présager que du bon. Comme pour dire « amis détracteurs, prenez vous ça dans la gueule d’entrée et essayez encore de la ramener après ! », ce titre est très riche (et célèbre ?) : intro douce, puis riff tonitruant (d’ailleurs, je vous préviens de suite, le combo a ressorti la machine à riffs), refrain repris en chœurs, couplets speeds et duel de guitares incisifs. Ajoutez à cela une certaine émotion et vous avez un morceau qui calme son auditeur, mais également l’excite de la plus belle des manières. Comme pour enfoncer le clou (à coups de masse), on enchaîne avec « Hellbent ». Classique de chez classique dans le style des Allemands, mais quand c’est bien fait, qu’est-ce que c’est bon ! Très heavy et rythmé, le nouveau batteur (Michael Ehré) s’en donne à cœur joie et martyrise son kit tel un forcené. Dan Zimmermann peut être tranquille, sa relève est bien assurée. Un très bon morceau donc, qui devrait faire un tabac sur scène : puissance du refrain, rapidité et mélodie des soli de grattes, bref du heavy speed de haute volée. On reste dans la même teneur de qualité et de puissance avec « Pale rider ». Véritable hit, tout ce que sait bien faire Gamma Ray est ici condensé en quatre minutes de furie. Rapide sur les couplets, un poil plus lente sur le refrain (ce qui rend les couplets et les soli encore plus speeds), cette chanson est parfaite pour figurer aux côtés de l’univers du heavy metal.

On enchaîne avec « Born to fly » et son riff de départ à la fois heavy et bluesy. Couplet lent qui s’accélère sur le pré-chorus, et qui aboutit à un refrain très entraînant et léger. D’ailleurs, ce refrain (et le titre entier même) rappellera un certain groupe marseillais prônant la Puissance Universelle ! Un titre bien planant qui donne vraiment envie de voler libre tel un aigle ! On reste dans la métaphore avec le début du morceau « Master of confusion » qui nous forcerait presque à hurler : « je veux me libérer ! ». Déjà connu du public, car présent sur l’EP éponyme, cette chanson est très rythmée et dansante. Pour l’avoir déjà entendue sur scène l’année dernière (NdSS : à l’Olympia pour le Hellish Rock tour part. II), votre serviteur vous (r)assure : elle le fait grave en live ! On continue avec cet EP et enchaînons avec son deuxième extrait « Empire of the undead ». Dès l’entame, l’énergie dégagée ainsi que la vélocité du rythme nous donneraient l’impression de nous retrouver perdus quelque part dans l’espace. Quel déluge de notes ! Le refrain, quant à lui, se limite au minimum syndical (NdSS : « Empire of the undead » répété plusieurs fois), mais pour un maximum d’efficacité. Après un tel déchaînement, place à la douceur avec la ballade « Time for deliverance ». Un morceau léger et planant, où la puissance vocale de Kai monte crescendo en accord avec les instruments. Ca fait du bien par là où ça passe.

Un cri de femme provenant d’un film d’horreur, voilà une intro qui promet. Mais la suite de « Demonseed » envoie du plus lourd encore. En effet, la machine à riffs est ressortie et ce titre sera certainement celui qui aura le dernier mot sur votre nuque ! Un mid-tempo bien plombé, un refrain puissant, ce morceau est la définition même du headbanging.
Vu qu’on ne change pas une équipe qui gagne et encore moins un riff qui fonctionne, on peut certifier que ces coquins d’Allemands sont vraiment les maîtres de la confusion ! Ainsi démarre donc le neuvième titre de l’album dénommé comme il ne se doit pas « Seven ». Un bon morceau heavy speed avec un très bon refrain, bien rythmé et entraînant. Pour peu, on croirait que le Fangface s’appelle désormais Eddie. On enchaîne avec un titre qui colle bien à l’esprit de l’album (cf. intro), à savoir « I will return ». Introduit par le célèbre « I’ll be back » de leur voisin Schwarzie, ce track commence par une intro lancinante et presque symphonique, jusqu’à l’arrivée des instruments. Mais le vrai point de départ du morceau est déclenché par la voix de Kai. Véritable accélérateur, il emmène toute sa bande avec lui pour un titre speed sur les couplets et un peu plus calme et quasi émouvant sur le refrain. Très beau, ce morceau atteint son paroxysme avec les soli de ses gratteux Kai et Henjo, tout en tapping et en harmonie. Sublime. On termine ce brûlot avec le bonus réservé au public européen « Built a new world ». D’entrée, on ressort une dernière fois la machine à riffs, pour calmer un peu le jeu par la suite. Au final, un morceau pas si heavy que ça malgré son début. En effet, une certaine légèreté, voire un côté pop (sur le refrain) s’en dégage. Cependant sympathique, il remplit parfaitement son rôle de bonus.


Conclusion :
Vous l’aurez compris, cet album laissera une trace dans la discographie du groupe. Un très bon retour, qui sera certainement confirmé sur scène (NdSS : Gamma Ray est en concert le 7 avril à Lyon et le 9 avril à Paris).
Comme quoi, on peut faire une critique objective d’un album de Gamma Ray sans le comparer à d’autres groupes ou à ses opus antérieurs. Et sans citer une seule fois un certain groupe à tête de citrouille !...
 
Critique : Secret Sfred
Note : 9/10
Site du groupe : Site officiel du groupe
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