Chronique

TEMPERANCE - THE EARTH EMBRACES US ALL / Scarlet Records 2016

Après deux très bons premiers albums (Temperance en 2014 et Limitless en 2015), les Italiens de Temperance sont de retour avec un troisième opus intitulé The Earth Embraces Us All. Qui dit troisième album, dit album de la maturité. Mais vu que la vie ne se résume pas à des adages et autres dictons, le combo transalpin prouve qu’en musique, casser les habitudes est monnaie courante. Qu’en est-il donc de cet opus ? Voici quelques éléments de réponse.

Trois albums en trois ans. Il faut dire que Milan (ville de la chanteuse Chiara Tricarico) est proche de la Suisse, ce qui expliquerait peut-être cette justesse métronomique, tel un coucou suisse donc. Mais Temperance sait très bien qu’être prolifique ne suffit pas et que souvent, c’est sur scène, que la différence se fait. Leur dernière tournée en ouverture de Lucas Turilli’s Rhapsody (Ndlr : février 2016) en est la preuve, tant la bande à Chiara a gagné un succès et une légitimité non feints. C’est reboostés et certains de leur fait que les musiciens se sont mis au boulot et on sorti The Earth Embraces Us All.

En introduction, je parlais de maturité, mais pas que. En effet, avec cet opus, Temperance ose au lieu de reproduire certaines valeurs sures entendues sur leurs deux précédents opus. Certains risquent donc de regretter l’aspect ultra catchy de Temperance et Limitless, pendant que d’autres salueront la prise de risque.
Les albums de 2014 et de 2015 sont deux petites bombes avec des titres très accrocheurs, directs et rapidement assimilables ; pas la peine d’écouter quinze fois des titres comme « Breathe », « Hero », « Dejavu », « Save me », « Me, myself & I » ou « Limitless » pour les apprécier. A l’inverse donc de celui de 2016 qui demandera plusieurs écoutes afin d’être appréhendé à sa juste valeur.

Confiance
L’auditeur risque donc d’être un petit peu perdu, d’autant que les Italiens frappent et terminent très fort avec « A thousand places » qui explose les six minutes et « The restless ride » qui en fait treize ! Puissance et mélodie sont merveilleusement associées ; et le groupe a (enfin) abandonné les grunts afin que la voix claire, tantôt rageuse, tantôt enjôleuse, du guitariste Marco Pastorino (Secret Sphere) s’imbrique parfaitement au chant varié de Chiara. L’Italien fera parfois penser à Jorn Lande ou à Marco Hietala (Nightwish), attention juste à ne pas trop forcer le trait (cf. partie Excès de confiance).
Les refrains sont très entraînants, originaux et bien travaillés à l’instar de celui dans « Empty lines » ou dans le sublime « Change the rhyme ».
L’empreinte Secret Sphere est également perceptible sur « Fragments of life » qui pourrait aisément rivaliser avec le magnifique « Lie to me ». Et s’il vous faut encore une preuve de la confiance des Italiens, vous n’avez qu’à écouter le titre « Maschere » que Chiara chante dans sa langue natale avec conviction, voire une certaine fierté. Italians do it better, dit-on !

Excès de confiance
Là où Temperance risque de se fourvoyer c’est par l’entame de certains de ses morceaux. En effet, il est difficile de ne pas penser à Nightwish quand « At the edge of space » démarre, à leurs compatriotes d’Elvenking au début d’« Unspoken words » ou à Amaranthe dès que les premières notes de « Haze» retentissent. En soit, ce ne sont pas de réels défauts car les groupes précités restent dans l’esprit de la musique de Temperance, et la suite de chacun de ces morceaux est plutôt bonne ; mais ces débuts sont « maladroits ». A écouter la suite de l’album, difficile d’en tenir rigueur aux Italiens car on sent surtout une fraicheur, un entrain et une envie de bien faire en se lâchant complètement. En fait, ces maladresses nuisent surtout au style du groupe. Certes mettre une étiquette à un groupe n’est pas non plus obligatoire (voire est parfois ridicule), mais on perd un peu en homogénéité, là où les deux précédents opus réussissaient à identifier clairement le groupe.

Conclusion :
Temperance tape fort et nous livre là un très bon troisième album. Le groupe veut clairement se faire une place et marcher dans le sillage tracé par les Nightwish, Amaranthe et autre Delain. Attention à ne pas se piéger par un certain excès d’enthousiasme qui peut perdre les auditeurs désireux d’avoir des repères. Malgré tout, cette légère maladresse n’est qu’un petit avertissement tant le combo fait preuve d’une envie, d’une sincérité, d’une maitrise et d’une sympathie non feintes. Il est donc vraiment difficile de leur en vouloir. Forza !


Tracklisting :
1. A thousand places
2. At the edge of space
3. Unspoken words
4. Empty lines
5. Maschere
6. Haze
7. Fragments of life
8. Revolution
9. Advice from a caterpillar
10. Change the rhyme
11. The restless ride
 
Critique : Secret Sfred
Note : 8.5/10
Site du groupe : Site officiel du groupe
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