Chronique

HELKER - FIRESOUL / AFM Records 2017

Avez-vous déjà manqué d’inspiration ? Allez, j’avoue, ça fait plus de trois semaines que j’ai l’album d Helker et je sais pas trop quoi dire. Disons à ce stade, que le terme procrastination par manque d’idée est un doux euphémisme. Pourtant le parcours du groupe est alléchant : cinquième album pour ce groupe argentin, qui propose depuis un deal avec AFM des versions aussi bien en espagnol qu’en anglais de ses productions (là, j’ai la version anglaise de « Firesoul » donc, je présume que si version espagnole il y a elle sera trouvable sous le titre « Alma de Fuego »).

Donc, on a un groupe de Heavy Metal pur jus qui à la force de productions régulières a réussi à séduire un label international. Ca sonne bien comme histoire non ? Ah oui, précision d’importance : Helker c’est du heavy vraiment classique, le type modèle du genre qui aurait pu sortir en 87 et là, j’avoue, j’aurai sûrement passé moins de trois semaines avant d’écrire si j’avais découvert cet album en 85, car là, il aurait été pile dans l’air du temps, voire un peu moderne (pas trop hein, juste un peu). Mais ne brûlons pas les étapes (Firesoul… brûler les étapes, je vous avais prévenus, je ne suis pas inspiré) et essayons de nous attacher aux instrumentistes.

Diego Valdez est un bon chanteur, capable d’une vraie belle énergie rugissante, avec un timbre riche et précis aussi bien dans le grave que l’aigu, doux quand c’est nécessaire sur les mid tempo et autre ballades langoureuses, bref, si vous cherchez un bon chanteur de Metal polyvalent, vous l’avez trouvé. L’anglais est nickel (le risque sur les productions non anglophones) bref la voix est assez top. La section rythmique est solide et là encore si vous cherchez une section rythmique Metal classique et carrée vous avez toqué à la bonne porte. Au niveau des guitares, avouons-le c’est plus faiblichon. Les rythmiques sont classiques a en être usées, ça joue propre mais lent (la vitesse ne fait pas tout mais on sent que passé un certain bpm les mecs ont juste dit non) et en solo là, c’est assez… Bon ok, je vais être carrément cruel, c’est pénible… Ce que les guitaristes d’Helker présentent comme un lead, chez Iron Maiden ce serait un riff en fait… voilà… c’est gênant, plein de bonnes intentions, mais même en étant un vrai fan de Metal à un moment, on aimerait bien que la gratte décolle. Ca n’empêche pas des bons refrains bien accrocheurs, des riffs certes un peu vus et revus mais bien tournés. Je vous avais dit que je manquais d’inspiration, en fait je soupçonne qu’Helker aussi. Il manque le truc qui fait qu’on devient fan, là c’est juste mieux que n’importe quoi qui ne serait pas du Metal, et voilà. A l’heure de la crise du disque ce n’est peut être pas la réponse idéale. Faites vous une idée en live, peut-être que la différence se fait là (à l’écoute de la mise en place en studio de certaines guitares, j’avoue un énorme doute) ou peut-être qu’en espagnol c’est mieux… Mais comme le maillon faible n’est ni la technique du chanteur ni son anglais, je ne pense pas que ce soit le vrai souci.

Allez on va finir sur une note rigolote, en bonus vous trouverez une version de Neon Night qui vous fera vous dire que même un hologramme de Dio tout seul s’en tirerait mieux… Ok j’arrête, mais bon sang finir un album par une version asthmatique d’un titre de Black Sabb, c’est quand même pas l’idée du siècle…

Pardon à mes amis argentins, mais là par respect pour ce si beau pays sauvage et fou, je ne peux pas cautionner cet exercice de style, ô combien scolaire et aussi peu inspiré que le papier de daube que je viens de vous servir. Pardon pour tout ça donc et à bientôt pour parler d’autre chose.
 
Critique : Thomas Enault
Note : 2/10
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