Chronique

ASKING ALEXANDRIA - ASKING ALEXANDRIA / Sumerian records 2017

Sortir un album titre éponyme après dix ans de carrière et 5 albums, c'est annoncer quelque chose. Le premier single Into the fire est clair : Asking Alexandria signe la fin de sa période métalcore. Table rase. Voilà comment les britanniques remontent en selle après l'inexplicable départ du chanteur Denis "Stoff" Shaforostov qui les avait rejoint l'an dernier pour The Black. Tiens ! voilà du rouge, retour aux premiers amours, Danny Worsnop fait son grand retour. Actif de son côté, il en a profité pour sortir un projet solo de musique country. Pourtant, le groupe n'a pas puisé si loin son nouvel album. Car si la mode du métal extrême est plutôt de piocher dans les seventies et le jazz, alors Asking Alexandria replonge dans les années 90. Vous serez nombreux à détester, ils seront nombreux à adorer.

Alone in a Room
Exit les guitares

Table rase n'est pas une plaisanterie. Le titre d'ouverture Alone in a room dit déjà l'essentiel à savoir qu'Asking Alexandria ne fait plus de la musique, mais de la chanson. Les parties mélodiques de la guitare ont disparu au profit de sons électros et de riffs directs et simplistes, ce qui est particulièrement étonnant de Ben Bruce, qui est quand même compositeur et guitariste. Tout repose donc sur la voix de Danny Worsnop. Il réussit parfaitement son entrée et s'affirme sur tous les tableaux, jusqu'à imposer un flow légèrement R'n'B sur le couplet. Et ça marche. Il porte l'album à bout de bras, et rien que ça, c'est une performance.

Rise up - When the lights come out
Les influences Nu Metal et Métal mainstream

Au fur et à mesure de l'écoute, le cheminement du groupe est évident. De la mélancolie, de la simplicité et quelques coups de headbang. C'est très exactement le point de départ du Nu metal, et si ce n'est pas assez clair Rise up répond très exactement au titre Elite de Deftones, sur l'album With Pony.

Une fois que le doigt sur cette influence est mise, tout le reste apparaît au grand jour. When the lights come out aurait pu être écrit par Skillet, ou même Imagine Dragons s'il n'y avait pas le rugissement de Danny pour mettre les points sur les i... et ressembler à Five Finger Death Punch. La liste se rajoute sur d'autres titres qui rappellent Amaranthe, Evanescence ou encore l'album dubstep de Korn. Ce n'est donc pas une vue de l'esprit, avec cette approche hyper commerciale, Asking Alexandria vise les étoiles.

Conclusion : Il y a de quoi être frustré quand un groupe jette tout ce qui a fait son sel pour produire ce que beaucoup prendrons pour de la facilité. Certes, l'album n'est pas parfait. Danny est omniprésent, la production risque de mal vieillir tant les guitares sont étouffées et certains effets électros déjà démodés, et enfin, pour un groupe qui cherche à s'émanciper, à être artiste, marcher dans exactement le même sillage que son rival de toujours Bring me the horizon est un manque cruel d'identité, et d'un opportunisme contrariant.

Mais à y réfléchir, les britanniques proposent le pont qu'il manque souvent aux kids pour franchir le cap de la guitare saturé et du chant éraillé. Est-ce que la génération WHY doit blâmer Korn pour leur avoir ouvert les portes du métal ? Je ne crois pas. L'album est extrêmement agréable à écouter, et je suis persuadé d'être surpris à fredonner plusieurs de ces titres dans les jours à venir.

Line-up
Ben Bruce : Guitares, chœurs
James Cassels : Batterie
Cameron Liddell : Guitares, chœurs
Sam Bettley : basse
Danny Worsnop : Chant

Tracklist
01. Alone In A Room
02. Into The Fire
03. Hopelessly Hopeful
04. Where Did It Go?
05. Rise Up
06. When The Lights Come On
07. Under Denver
08. Vultures
09. Eve
10. I Am One
11. Empire (feat. Bingx)
12. Room 138
13. Into The Fire (radio edit)
 
Critique : Weska
Note : 6/10
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