Chronique

A PALE HORSE NAMED DEATH - WHEN THE WORLD BECOMES UNDONE / SPV 2019

Déjà trois albums pour A Pale Horse Named Death (je l’écris une fois et ensuite basta, j’adore les noms à rallonge mais je suis pas payé à la ligne – au cas où vous vous poseriez la question, je suis pas payé du tout, on est juste entre potes passionnés donc faut vraiment pas trop m’en demander, au-delà de quatre mots dans le nom de n’importe quel groupe, je passe en mode acronyme, donc évitez d’appeler votre groupe Dancing In Crimson Kingdom et puis voilà) et franchement (oui je reprends une phrase commencée 4 lignes plus haut, c’est mon papier j’ai le droit) même en étant un inconditionnel de Type O Negative (dont Sal Abruscato, chanteur et guitariste de APHND a été batteur, tout comme John Kelly qui lui avait succédé aux fûts jusqu’au décès de Peter Steele et qui occupe les fûts de APHND – oui y a un coté Dallas mais c’est assumé et oui c’est ma troisième parenthèse dans une phrase qui a désormais dépassé les 11 lignes) on ne pouvait pas dire que les premiers opus du groupe était grandioses (et oui tout ça pour dire ça, je sais je suis un escroc).

Je me suis amusé à me faire l’intégrale dans la foulée et pour les deux premiers on est quelque part dans une bouillie un peu ennuyeuse qui hésite entre Type O se prenant au sérieux et Alice in Chains sous Lexomil, c’est moins pire sur le deuxième album mais c’est pas non plus la révélation ultime. Et pourtant… Et pourtant ce troisième album est presque parfait. Donc si vous aviez écouté les premiers, essayez de les oublier. Et si vous n’avez jamais eu la « chance » de vous farcir le reste, restez plutôt sur celui-là.

A la vue du CV des deux principaux acteurs de la chose, on se doute bien qu’on ne va pas être dans le Metal épique et en effet il y a une étrange et sombre majesté inquiétante qui traine dans tout l’album. Ca sent le doom bien lent et opaque et si la musique dépressive vous rebute vous risquez quand même de devoir faire un petit effort d’adaptation. Mais le coté « deux batteurs » aux commandes créatives ça a un intérêt. La voix reste dans un registre très Layne Staley. Entre incantation lancinante et désespoir rentré. Mais l’instrumentation derrière, au lieu de suivre cette direction somme toute classique, se permet des accélérations, des breaks étranges, de l’air puis des murs de sons. Bref même si on est dans un univers à donner à un corbeau des envies de se repeindre en noir on a régulièrement un truc qui vient réveiller tout ça, le sortir de la parfois un peu facile gouttière « grungeogothicocorbak » et rajouter ce petit truc en plus qui a fait que des groupes comme Field Of the Nephilim, Sisters Of Mercy ou justement Type O Negative n’étaient pas que des groupes « sombres » mais des groupes dont la musique est restée une référence malgré l’épuisement du genre. Peut-être que les passages de John Kelly chez Danzig et Black Label Society ont permis à cette ouverture qu’on attendait plus, d’advenir et de permettre à un groupe qui n’avait pas transformé l’essai jusqu’à présent de se révéler.

Au final plus je l’écoute, plus je me dis que si à chaque album APHND franchit un palier de plus, le suivant devrait être leur Sgt Pepper… Là il signent peut-être leur « Revolver » ce qui est déjà plus que très bien.
 
Critique : Thomas Enault
Note : 9.5/10
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