Chronique

CANDLEMASS - THE DOOR TO DOOM / Napalm Records 2019

Candlemass est de retour et se replonge dans ses origines puisque cet album voit revenir le tout premier vocaliste du groupe, Johan Längqvist, plus de vingt ans après. En fait, les musiciens sur la galette ont tous déjà joué dans le groupe entre 1984 et 1987. Autant dire que, à bien y regarder, malgré les douze albums studio, Candlemass nous fait un coup de franchise Star Wars dans le désordre. Traduction, dans votre discothèque, classez cet album entre Epicus Doomicus Metalicus et Nightfall. Les musiciens et le son ont évolué bien sûr, mais les enjeux eux se tiennent. On sent que l’ombre du Sabbath noir n’est pas loin (tellement proche en fait que Toni Iommi vient poser sa guitare sur le troisième titre de la galette… Oui la « galette » de Candlemass je n’ai pas pu me retenir, pardon mais en plus j’écris ces lignes juste à la bonne date donc que voulez-vous, il faudra bien s’y faire). Moins haut perché que l’homme moine qui lui avait succédé, Johan Längqvist a gardé une voix qui fait penser à Dio dans les intentions mais reste somme toute singulière quand même. Donc si, comme moi, ce qui vous gênait dans Candlemass c’était la voix… problème réglé : exit les tremolos et autres poussées vers l’aigu tentant de briser du verre et certains organes vitaux. Bon, par contre si vous n’aimez pas les ambiances un peu magiques et mystiques avec de l’orgue, là c’est foutu, il y en a.

En fait, plus l’album se déroulait plus j’entendais le groupe que j’aurai aimé voir grandir pendant 20 ans et plus (ok beaucoup plus). Le fait d’avoir sa majesté Iommi en guest ajoute une pette touche non négligeable et je me prends à espérer que ses envies de retraite rejoignent celles de ce bon vieil Ozzy (plutôt mourir sur scène après avoir annoncé autant de fois sa retraite que Scorpions) mais je m’égare.

Donc, avec le recul on ne peut que respecter la ténacité de Leif Edling, seul membre permanent et compositeur historique de la formation de s’être accroché et d’avoir finalement enfin réussi à convaincre « le bon chanteur » de faire ce qui aurait réellement en toute logique été un deuxième album superbe. Il arrive tard, très tard dans leur carrière pourtant. De là à en conclure qu’un groupe de Doom qui sort ce qui correspondrait à son deuxième opus au bout de 12 albums et après tant d’années peut être considéré comme le plus lent et donc le plus crédible des groupes de Doom… Il n’y a qu’un pas. Dire que, hélas le risque d’être daté n’est pas loin… Ce serait peut-être le seul vrai reproche mais heureusement, malgré le mix qui met la voix un peu trop en avant pour être honnête (il leur a manqué on les pardonne) le groupe réussit à sortir un essai qui leur ressemble mais reste intemporel, ou plutôt tellement en dehors des modes qu’on s’en bat un peu la couenne de la mode et de la temporalité. Bien sûr, ce disque pourrait avoir trente ans, ou deux jours, dans un sens il a les deux et ça fera sûrement partie de son charme quand vous le découvrirez, que vous ayez ou pas cautionné ce qui s’est passé entre leur alpha et ce qui (on leur souhaite) ne sera pas un oméga (on devrait tous avoir droit à plusieurs Oméga, allez, au moins trois)…
 
Critique : Thomas Enault
Note : 7/10
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