Chronique

AARON BUCHANAN - THE MAN WITH THE STARS ON HIS KNEES / Listenable Records 2019

Sonnant le glas d’Heaven’s Basement le premier disque solo d’Aaron Buchanan est à la fois un testament et un bond en avant. Riche de l’expérience d’une des très belles voix du rock anglais contemporain, boosté par l’envie d’explorer les genres dans le sens de la largeur et de l’ouverture, on en viendrait à se dire que ce disque est un peu plus qu’un premier album solo, plutôt une porte qui s’ouvre et tient compte à la fois du passé du présent et pense aussi à l’avenir. On pense à Alice in Chains pour la lourdeur hypnotique, Bon Jovi pour les harmonies des refrains imparables, Nickleback pour la production et le sens de l’arrangement calibré qui fait mouche, Muse pour le côté britannique et baroque sans complexe qui frise avec la comédie musicale et parfois un peu Soundgarden quand la rage se fait jour. C’est un constat autant qu’un album, un constat de liberté et l’expression d’un potentiel qui ne demande qu’à s’ouvrir encore. Alors, bien sûr depuis la fin officielle d’Heaven’s Basement en 2015 Aaron et sa soeur Laurie ont eu le temps de peaufiner, s’émanciper du passé et dialoguer pour en arriver à ce disque dans sa forme définitive.

Sorti en 2017 dans un respect général on nous le ressert ici agrémenté d’un peu de matériel en plus, ça permet de retourner et surtout de s’y intéresser de plus près, la galette n’ayant à ce jour pas eu le succès qu’elle méritait. L’effort est autant celui d’un artiste seul, que d’une fratrie et d’un groupe… Mais un groupe dont la tête est aussi la voix et le cerveau principal. Il y a certes plusieurs gâchettes efficaces, mais il n’y a qu’un nom sur la pochette. Vous me direz que c’est « Aaron Buchanan & the Cult Classics », oui bien sûr, et puis il y avait « Prince & the Revolution » à une époque aussi et on sait qui tenait les rênes de la barque (pour ceux qui ont aqua-poney…). En plus le type est beau gosse donc avec un disque pareil entre les pognes, gageons qu’une fois une petite tournée européenne en poche vous risquez d’en entendre beaucoup parler, ne serait-ce que par votre cousine de vingt piges.

Alors oui, en effet, il y a un risque que le public du monsieur soit principalement féminin. Mais comme disait Lars Ulrich après le Black Album : « On a su qu’on avait du succès le jour où on a vu des filles aux concerts. » Donc c’est le pire qu’on souhaite au monsieur et sa bande cultissime. Et puis qui sait, si c’est l’occasion pour un groupe qui utilise des guitares pour faire autre chose que des ballades de passer en boucle en télé ou en radio, on va enfin pouvoir rallumer ces boites à con… Un come back à suivre de très près, surtout si vous aimez les beaux gosses créatifs qui savent composer des refrains et des chansons qui bougent.
 
Critique : Thomas Enault
Note : 8/10
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