Chronique

AVANTASIA - MOONGLOW / Nuclear Blast 2019

Depuis quelques temps, soit un ou deux ans, Tobias Sammet, maître à penser d'AVANTASIA tease sur les réseaux sociaux l'avancement de l'écriture et enregistrement de son nouveau bébé: "Moonglow". Décrit comme plus féerique, plus grand, plus personnel, je me dis que ça doit envoyer!
Enfin, en février je mets enfin la main sur le tant attendu album et cela sans avoir écouté le moindre extrait.

Ainsi après les 75 minutes je... bah je vais pas vous jouer de la flûte, je suis déçu. Effectivement il y a de la nouveauté, mais ce qui pêche à l'écoute c'est que les lignes de chants ne m'ont pas du tout transportés sur l'album. Bon c'est AVANTASIA donc je ne baisse pas les bras et obéis à Tobias: j'écoute la version instrumentale avant de me replonger dans cette fable.

Force est d'avouer que musicalement parlant on a du très bon boulot, ça je dois le reconnaître. La production, l'ensemble des instruments, il y a une évolution vers quelque chose de plus complexe et de plus éthéré.
Après plusieurs écoutes le titre d'ouverture "Ghost In The Moon", longue power ballade de dix minutes où Tobias officie seul, est tout compte fait bon. Les rythmes changeants, les montées en puissance comme seul Tobias sait le faire, non le morceau est très bon. Certaines lignes de chants sont bien mais il me manque un petit quelque chose... Pareil sur "Book Of Shallows". Hansi Kürsch est surprenant dans sa douceur, Ronnie Atkins bon sans plus et Jorn Lande effacé. Quand au vrai guest Mille Petrozza, dommage. Musicalement comme je disais c'est carré et riche, rien à dire. Le riff véloce et appuyé de fin de chanson où Mille chante est bon mais ce dernier est trop faible. Je l'ai connu bien plus énervé! Dommage... Après quelques écoutes le morceaux s'écoute bien mais pas non plus transcendant.
"Moonglow" sera le premier morceau où je note une ligne de chant mélodieuse, qui reste en tête, et le travail de Candice Night est très bon. Avec un certain retour à la simplicité, Tobias arrive à canaliser ses idées de façon plus efficace.
Arrive maintenant le pavé, le long "The Raven Child". Avec la harpe qui enchante une bonne partie du morceau, un Hansi Kürsch excellent, le morceau part très bien avec une explosion symphonique après ce calme. Le morceau suit sa course avec des guitares distordues en forme qui ouvrent la voie à Jorn Lande qui se déchaîne à la fin. Ok. Schéma déjà vu sur "The Scarecrow" et ce dernier est de très loin meilleur. Pourtant Tobias maîtrise les morceaux longs! "Let the Storm Descent Upon You » ou « Mystery Of Time » étaient (et sont toujours) dantesque. Et bien là je n’ai pas retrouvé le frissons des trois morceaux cités.

Après un tel enchaînement de morceaux longs on en a quelques courts. « Starlight » est bien, correct. En fait très classique, c’est un morceau qui serait bien passé sur la trilogie Scarecrow. On a du bon rock métal, bien fait mais qu’on connaît déjà. Ronnie Atkins est en forme sur celui là, il fait plaisir à entendre. Mais pas autant que Geoff Tate sur « Invicible ». Très court (trois minutes) mais tellement envoûtant. La vocalise qu’il pousse est juste magique sur ce piano.
Il le sera aussi sur « Alchemy » même si in fine le morceau est pour moi terni par un refrain trop léger et téléphoné. Dommage on avait un retour au gros riff lourd…
Encore un morceau qui de part son casting XXL et la qualité de sa musique devrait me faire grimper aux rideaux : « The Piper At The Gates Of Dawn ». J’insiste à nouveau : ce n’est pas mauvais. C’est correct. Mais quand on sait ce que maître Sammet peut pondre on reste un peu sur sa faim malgré le gros boulot effectué.

Heureusement « Lavender» redresse légèrement le niveau. Hyper entraînant, chantant, avec Bob Catley toujours aussi impérial. Quelle voix, quelle douceur et poigne dans son interprétation. Lui j’adore, je ne peux pas m’empêcher de la chanter et de me régaler ! « Requiem For A Dream » conclue ce chapitre d’Avantasia avec Michael Kiske égal à lui même. Le morceau pulse bien (comme les morceaux d’Avantasia où Kiske chante). Aucun changement avant l’arrivée : bon morceaux, excellent en quelques points, mais classique. Niveau originalité il y aura le bonus « Maniac » repris avec Eric Martin. Je les imagine version Flashdance c’est drôle… Très bonne reprise !

Bon allez voilà mon avis : Musicalement Tobias a incorporé de nouvelles idées plus celtiques, a plus travaillé sur l’ambiance. Il y a des échos à chaque album d’AVANTASIA comme autant de souvenirs de ce qu’il fût. Il y a du travail et du bon travail. Mais là où le bât blesse c’est que trop peu de fois on se fait vraiment accrocher par les lignes de chants. Les trois morceaux qui marchent sur cet aspect ce sont les trois plus court et donc plus simples.
Et enfin les guests sont moins bien gérés. Eric Martin, Bob Catley et Kiske n’apparaissent quasiment pas.

Tobias a vu grand, peut être un poil trop. L’album est ainsi en dessous de mes attentes. Mais il reste malgré tout de très bonne manufacture et j’aime à le voir comme un album charnière vers un prochain grand album.
 
Critique : SBM
Note : 7.5/10
Site du groupe : Site Officiel
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