Chronique

LIGHTSEEKERS - FLYING FREE / Marquee Inc 2008

Enfin, nous y voilà, le très attendu premier album des chercheurs de lumières.
Après quasi 3 années de travail acharnées, de démos, d’arrangements, de galère, de doutes et de joies, cette envolée libre est parée pour mettre une sacrée gifle à tout auditeur.

On débute sur une très jolie intro « The dawn » aux douces influences classiques. Piano, et orchestration viennent y se greffer, donnant un résultat du plus belle effet. Le groupe entre en jeu, toujours sur la mélodie retravaillée de la title track, puis nous envoie sur « Last Mission ». Un premier titre rythmé et gorgé de dynamisme. Le son est très bon, puissant et rend justice au travail réalisé. Dès les premières notes, Gustavo Monsanto (Ex Adagio / Revolution Renaissance) montre un investissement monstre et colle parfaitement au style du groupe. Le refrain frais et entraînant donne envie de chanter, le solo réalisé par Patrice Clapier est lui aussi intéressant, fluide et inspiré, sans surplus, du bon travail.
« Wind of change » débute sur une ambiance plutôt sombre, avant qu’un bien bon riff ne rentre en jeu. Dès le départ la voix se met en place, docile et légèrement éraillée, un vrai régal. Un petit passage calme, histoire de monter en intensité, puis le refrain, exquis lui aussi, rentre dans la tête pour ne plus te lâcher. Un super bon titre légèrement métal qui fait un bien fou.
Voici celle au plus gros potentiel pour devenir un single : « Fliyng free ». Tout en contradiction avec son rythme élevé et son chant posé. Encore une fois le refrain est un véritable travail d'orfèvre qui se retient sans grand mal mais fait beaucoup de dégâts. La lead guitare de Pat très inspirée, donne un plus indéniable à ce titre, tout comme les chœurs très présents mais pas omniprésents. Gus, encore une fois, est plus qu’à la hauteur, pratiquant un chant caméléon qui s’adapte à chaque partie bien distincte.
Place à une chanson plus ‘légère’ avec la FM « Lightseekers » qui comme on peut s’y attendre, fait effet immédiatement, bien aidée par une mélodie simple et un refrain percutant. Le tube monstre de l’album qui cartonnera en radio !! Le mid tempo chargé, « America days », après son intro guerrière, calme le jeu, pour nous laisser pénétrer dans l’histoire de cette chanson engagée. Le refrain rempli de chœurs donne le frisson (on pourrait penser à Manowar en moins couillu). A noter qu’au niveau rythmique, Stéphane Nicolas à la batterie réalise un super travail, cherchant à enrichir son jeu sans jamais tomber dans le trop complexe ou le trop basique. Frédéric Geai-Schmitt lui assure une guitare rythmique en béton armé, inébranlable.
Première ballade avec « Forgotten dreams », très jolie, débutant doucement sur un piano et un petit solo à la Lukather (Toto). Le duo David Shabtai au piano et Gus à la voix est prenant vous donnant des envies de se caler dans les bras de sa moitié et… je vous laisse faire la suite. Les arrangements symphoniques subtils apportent beaucoup au morceau. Que dire une nouvelle fois du refrain : un moment intense où les guitares entrent en jeu et le chant devient enivrant, pour encore mieux vous prendre aux tripes (ça y est je chiale !). Après le calme intense, « Lust knot » nous fait changer de décor (montrant le côté varié du groupe) avec une ambiance bien plus hard ‘sale’ à la Guns N Roses / Skid Row. Un titre de pur Hard Rock qui sent sous les bras, mais n’oublie pas de multiples arrangements discrets pour l’embellir. Riff de tueur, ambiance de bar (le petit piano façon Saloon du Far-West), chant habité tout y est pour qu’en live ça dépote sévère !! Encore une fois Gus réalise encore un travail magistral s’appropriant les paroles pour les vivre, plus que les chanter. Un petit break calme puis Fred balance la sauce dans une rythmique énergique et musclée, laissant Pat faire étal de sa force à la 6 cordes.
Après un tel moment voici du lourd, du très lourd : « Everday I die ». Une intro a capela, puis un riff heavy vous prend à la gorge, suivit d’un chant hargneux, intense qui ne laisse pas indifférent (quel travail encore magistral de Gus !). Le solo une nouvelles fois inspiré, est du grand art, simple et recherché, telle en est la description rapide. Pour la fin on change de ton : le chant se pose comme un supplice concédé après tant de rage. Pour moi le titre le plus intense de l’album !! « Metal & Flesh » déboule à 100 à l’heure avec en fond un David qui groove grave avec son piano. Quel rythme ! Par contre voilà le titre le plus percutant qui ne fait pas dans la dentelle assurément. Gus s’arrache les cordes vocales comme si sa vie en dépendait et donne de sacrées couilles à l’ensemble !! Un tire plus Métal que Hard, qui une chose est sûre va vous réveiller.
Après une telle tornade pourquoi ne pas faire un tour en mer avec « On the edge of the world ». Un titre aux relents épiques qui donne des envies de voyages. Une nouvelle fois le refrain est mélodique et donne envie d’être repris en chœurs lors des concerts. Petite ambiance Celtique à la Gary Moore et on repart dans un hard des plus entraînant. Moment intense avec la deuxième ballade « Weary angel » et son ambiance piano et guitare acoustique (quels lovers ces Lightseekers !!). Aussi douce que du coton, et enivrante comme le doux parfum d’une femme (ça c’est beau) ce titre final vous fait planer vers d’autres horizons paradisiaques où seule la subtilité des notes et du chant vous dirige et vous donne qu’une envie, redécoller pour mieux atterrir.
Petit bonus avec une reprise et pas des moindres, la sublime « Hallelujah » de Léonard Cohen. Pat, tout d’abord, ouvre les hostilités, avec son chant sublime, collant merveilleusement à l’ambiance triste, mais positive de ce sacré titre. David ensuite nous livre son timbre édulcoré, plein de sensibilité et touchant. Pour terminer, Gus bien sûr, prend le dernier relais et ne faiblit pas devant l’exercice, prouvant que c’est bien un immense chanteur, bien plus que seulement de hard. Un final en trio d’une intensité à dresser tous les poils et qui vous laisse dans une espèce de douce mélancolie.

Conclusion : pour un premier album Lightseekers montre un très fort potentiel, 13 compos sacrément bien foutues, variées, travaillées et entraînantes qui ne lassent pas l’auditeur (après de fort nombreuses écoutes, le sourire est toujours là).
Même si le groupe ne révolutionnera pas le monde du Hard il lui donne un souffle nouveau qui ne peut faire que du bien. Prêt à aller à la rencontre d'une nouvelle étoile ?!!
 
Critique : Guillaume
Note : 9/10
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