Interview

DREAMCATCHER (2017) - Chris Garell (Chant) et Geoffroy Laccarière (Guitare)

Après cinq ans de silence, Dreamcatcher nous revient enfin. « Blood on the snow », le nouvel album du groupe francilien vient de sortir et il est peu de dire qu’il est excellent. L’influence Maiden est bien sûr toujours présente mais le son lourd de l’album rappelle également le meilleur de Sabbath. Rencontre avec Chris Garell et Geoffroy Laccarière.

« Dreamcatcher, le nom du groupe fait référence à la tradition amérindienne. »

Chris Garell : « Tout à fait. J’ai toujours été fasciné par l’histoire des indiens d’Amérique du Nord. Le dreamcatcher est un objet artisanal qui filtre dans la nuit les bons et les mauvais rêves. Il évacue les mauvais et tu te réveilles au matin avec des pensées positives car il a éliminé ce qui était mauvais. J’en ai d’ailleurs un. Je n’avais pas encore osé vraiment parler des indiens même si cela me tient à cœur depuis très longtemps mais sur cet album j’ai enfin franchi le pas et nombre de morceaux parlent du massacre des indiens d’Amérique du Nord.

« Cela fait référence au bouquin de Stephen King du même nom aussi ? »

Chris Garell : « Non même si lui s’est inspiré pour son roman du dreamcatcher indien. Cela ne vient surtout pas du film tiré du bouquin que je n’ai pas réussi à regarder en entier tant il est mauvais. »

L’album n’est-il pas un concept album sur le thème du massacre des indiens ?

Dreamcatcher : « Pas tout à fait. En fait, il y a deux grands concepts dans cet album. L’un sur le massacre des indiens d’Amérique du Nord effectivement mais aussi un autre qui porte sur les films d’horreur américain des 50’s. »

Le titre de l’album « Blood on the Snow » est je suppose en référence au massacre des indiens d’Amérique du Nord

Chris Garell : « Tout à fait et plus précisément sur celui de Wounded Knee en 1890 dans le Dakota du Sud. Un massacre gratuit car à ce moment là, les guerres indiennes sont terminées. Le gouvernement américain demande aux Indiens de rejoindre leurs réserves. A Wounded Knee, le septième régiment de cavalerie vient pour procéder au désarmement des indiens avant de les amener dans une réserve. Les sioux ont juste leurs arcs et flèches pour pêcher, chasser, subvenir à leurs besoins. L’Armée américaine considère qu’ils n’ont pas procédé à leur désarmement et les massacre froidement. »

« Il a fallu attendre cinq ans pour que « Emerging from the shadows » trouve un successeur. Pourquoi une telle attente ? »

Dreamcatcher : Nous faisons tout en indépendant. Cela rend tout le travail plus lourd, plus lent. Nous distribuons nous-mêmes nos disques. C’est un boulot harassant. En plus de cela, nous sommes perfectionnistes. Tout cela mis bout à bout fait que les choses prennent énormément de temps. »

« Il y a toujours dans cet album cette influence Maiden mais je trouve aussi une vraie influence Sabbath ? »

Dreamcatcher : « Maiden, c’est clair. C’est un groupe référence pour nous tous dans le groupe. Sabbath, le titre «No Heaven/No hell » fait clairement référence à eux mais pour le reste de l’album cela n’a pas été une référence, du moins consciente. C’est intéressant que tu dises cela car personne ne nous l’avait fait remarquer et maintenant que j’y pense, c’est possible car nombre de titres ont un son lourd qui peut effectivement faire penser à Sabbath. »

« Il y a toujours eu chez Dreamcatcher la volonté du chant clair, d’un chant mélodique. »

Chris Garrell : « Absolument et je pense que cela nous a fermé des portes dans le milieu metal. Aujourd’hui le chant clair est accepté mais il y a une dizaine d’années il n’y en avait presque pas dans le milieu.

« Le groupe semble très influencé par les groupes de la vague new wave of british heavy metal. »

Chris Garell : « Oui, on a grandi avec ça. Je me souviens du flash total que j’ai eu au lycée en découvrant Judas Priest. »

Chris, tu as été journaliste. Est-ce que cela t’a influencé dans ta façon d’écrire des morceaux ?

Chris Garell : « Non parce que l’écriture journalistique et l’écriture des textes d’un album sont très différentes. »

« L’album est dédié à la mémoire de Guillaume B Decherf, journaliste des Inrocks qui écrivait sur le metal, mort dans l’attaque terroriste du Bataclan. C’était un ami à toi.

Chris Garell : « Un très, très bon ami. On se connaissait depuis trente ans, avions bossé ensemble dans des magazines. On a voyagé à travers le monde pour couvrir des tournées de Maiden dont nous étions tous deux de grands fans. A son enterrement, nous avons joué un morceau en sa mémoire. Guillaume était un excellent journaliste et un super mec. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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