Interview

THE WALKING DEAD ORCHESTRA (2017) - Kevin (Guitare) et Cédric (Batterie)

Avec « Ressurect », The Walking Dead Orchestra s’impose comme l’un des tout meilleurs groupes death français. Six ans après leurs débuts, les grenoblois viennent de sortir une œuvre majeure de ce genre musical. Rencontre à Paris avec Kevin et Cedric (guitare et batterie)

« Resurrect » est votre deuxième album. Comment voyez-vous l’évolution du groupe depuis le premier ? »


« Le premier, on l’a composé avec plus de naïveté et sans doute moins de maturité que celui-là. On se découvrait à l’époque. On a commencé à écrire au retour d’une tournée européenne avec Broken Hope. On a fait 80% du travail à ce moment là. On a tout fait sur cet album, mix, mastering, arrangements, overdubs. C’est du home-made complet. »

« Vous vous qualifiez comme un groupe de death ? »

« Totalement. On a envie de revenir aux racines old-school du death mais avec une pointe de modernité. On adore Dying Fetus mais leurs premiers albums n’ont pas une grosse production. Si tu mets ces albums avec un son de 2017, ce serait une tuerie. On voulait être dans le revival de ce que l’on aimait jeunes mais avec un plus gros son. »

« Il y a aussi une influence hard-core dans votre musique. »

« On aime bien les trucs qui sentent la rue. C’est ce que nous voulions faire. Un truc bien brutal. »

« Où avez-vous enregistré l’album ? »

« On l’a fait dans notre studio. L’inconvénient de faire un disque dans ton studio est le risque de peaufiner encore et encore, comme un peintre sur sa toile. A un moment, il faut lâcher prise et dire c’est bon, c’est fini. »

« Dans le groupe, il y a le guitariste qui compose mais aussi le batteur ce qui est rare dans un groupe. »

« Lorsque j’ai commencé à jouer avec le guitariste en 2011, on travaillait ensemble. Je ne sais pas jouer de guitare mais j’ai des idées qui viennent comme ça et que je lui décris. »

« Le nom du groupe comme la pochette renvoie à l’univers du cinéma d’horreur. »

« Davantage à la science-fiction qu’à l’horreur pure. On aime les films post-apocalypse à la Mad Max. On a un personnage récurrent, l’architecte, comme l’avait Maiden avec Eddie. On a même l’idée d’en faire une bd, un jour. Le disque est un concept album autour de ce personnage. « Resurrect » est aussi en référence avec l’histoire du groupe, les doutes qu’il peut y avoir. Le disque a été accouché dans la douleur mais il est là et c’est une résurrection pour nous. »

« Vous chantez en français et en anglais. »

« Sur cet album, on chante effectivement dans les deux langues. Quelqu’un qui n’est pas habitué au chant guttural ne remarquera peut être pas qu’il y a des morceaux chantés en français. »

« Comment est la scène metal de Grenoble ? »

« Nous ne sommes pas tous de Grenoble. Certains membres du groupe sont de Grenoble mais d’autres de Romans. A Romans, il n’y a pas une grosse scène mais nous y jouerons le 15, à la Cordonnerie, une salle qui nous a toujours soutenu. A Grenoble, la scène est surtout metal-core et stoner. Dans le death, il n’y a pas grand monde. Il y a une nouvelle salle en ville, la Belle Electrique, où nous avons été en résidence et qui nous a beaucoup aidés. On a fait un plateau avec 4 Smacs de la région qui nous a permis de jouer à Grenoble, St Etienne, Lyon et Clermont-Ferrand. »

« Vous tournez beaucoup en Rhone Alpes d’ailleurs. »

« On a une fan-base qui nous suit là-bas. Des assos de la région s’intéressent à notre projet. Mais on est loin de ne tourner que dans la région. En 2012, nous avons joué en Amerique Latine dans de gros festivals metal. Cela a été un bon booster pour le groupe. On aimerait tourner en Bretagne, dans le Sud Ouest où nous avons peu joué jusqu’à présent. »

« Vous avez eu une expérience difficile sur votre tournée en Autriche et République Tchèque. »

« On a été contactés par un promoteur tchèque. On a vu là-bas que ce n’était pas bien solide avec notamment des problèmes d’hébergement. Il y a même eu des dates où nous n’avons pas pu jouer. Il y a des agences de booking qui sont des malfrats et n’en ont rien à foutre des groupes. Le côté galère de cette tournée a eu au final des aspects positifs car cela a renforcé les liens du groupe. Parfois, tu apprends dans l’adversité. »

« Vous avez tourné avant même la sortie de l’album. C’est peu courant. »

« C’était une opportunité de tourner à ce moment là. On ne savait pas quand l’album sortirait. On ne peut pas toujours se caler sur les plannings sorties du label. Cela nous a permis de roder les morceaux du nouvel album en live. Pour le futur, on espère jouer dans les festivals, au Hellfest, au Motorfest. Le Hellfest est une référence incontournable pour le développement d’un projet. »

« Comment avez-vous signé avec Unique Leader Records qui est un label américain ».

« Sur le premier album, on était chez Klonosphère qui n’est pas un label mais un collectif. Cela a été positif et nous a ouvert de nombreuses portes. On a envoyé les maquettes du nouvel album à Unique Leader Records qui a bien aimé et nous a signé. On est content d’être distribués aux Etats-Unis. Cela ouvre sur de nouveaux horizons. On a signé pour ce disque avec une option sur deux albums supplémentaires. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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