Interview

SEPTICFLESH (2018 - Version française) - Christos Antoniou (Guitares & Orchestrations)

Une journée d’hiver pas si froide, une grande ville est prête à trembler. Le géant SEPTICFLESH est de retour en ville avec sa nouvelle arme : « Codex Omega ». Je profite de cette opportunité pour parler avec le guitariste/chef d’orchestre Christos Antoniou pour voir ce qu’il se passe…

SBM : Salut Chris, ravi de te rencontrer. Merci de me consacrer un peu de temps. Alors comment se passe cette tournée ?


Christos : Super, on a eu quelque chose comme deux ou trois shows complets, un très bon public, et il y en a encore à venir avec Paris, Londres, donc tout se passe bien !

Pour le moment vous en êtes à quelque chose comme dix concerts d’affilé, t’es pas trop fatigué ?

Non… On s’est habitué et puis on est chanceux tu sais. On joue de la musique et j’aime la musique. On est très chanceux et on peut pas se plaindre.

Et puis demain c’est journée off, au pire vous pourrez vous poser un peu non ?

En fait demain c’est une journée de voyage ce qui est pire ! Mais si on arrive tôt à Madrid peut-être que oui on pourra faire quelque chose…

J’espère que vous pourrez oui! Quelque chose s’est passé il y a quelques jours : SEPTICFLESH a sorti sa nouvelle vidéo « Martyr ». Vous avez travaillé avec Jon Somvonis pour la troisième fois. Pourquoi cette collaboration est si importante ?

Et bien on le connait depuis qu’il est jeune, il était très talentueux et on a senti qu’il avait cette vision, il a réussi à comprendre notre philosophie à travers « Martyr », « Prometheus » et « Portrait of a Headless Man » et il travaille avec beaucoup de grands groupes comme Nile, il en fera encore et on est chanceux de l’avoir pour nos vidéos.

« Portrait of a Headless Man » est effectivement une excellent vidéo et j’ai vu le lien entre la vidéo et les paroles. Mais pas pour « Martyr ». Je ne vois pas le lien entre la chanson et le Bushido. Tu peux m’éclairer un peu ?

Oh ça aurait mieux de demander à Sotiris… Il y a une connexion entre la souffrance de l’art du combat japonais et empathie. Sotiris t’expliquerai mieux, c’est une connexion surréaliste en un sens, un art. Mais je peux comprendre que pour « Martyr » c’est un peu confus.

Tout comme « Prometheus ». C’est toujours un peu flou pour moi.

Celui là était un peu plus simple.

Et violent !

Ouais !

Et maintenant qu’un peu de temps a passé, d’après toi, quelles sont les vraies forces de « Codex Omega » ?

Et bien… De fait c’est notre meilleur album et c’est pas le cliché de l’opinion de l’artiste qui a créé sa dernière œuvre. C’est notre travail le plus mature, c’est plus détaillé, ça nous a pris de nombreux mois à composer et enregistrer.
Depuis « Communion » on a cette excitation, parce que quand tu sors un bon album tu dois le surpasser et pour moi « Codex Omega » est notre meilleur travail à ce jour, il a tout, des moment de nos débuts, de notre milieu de carrière, tout.

Pour moi, comme tu dis, c’est le meilleur, surtout grâce aux symphonies. Tu les as écrites, elles sont plus puissantes que jamais, mais sans qu’elles éclipsent le reste de la musique. Comment travailles-tu ces deux aspects de la musique de SEPTICFLESH ?

C’est un travail d’équipe, je leur donne d’abord mon modèle orchestral, et là on construit les parties metal, ou on fait l’inverse : ils me donnent leurs parties et j’arrange l’orchestre selon les besoin du morceau. C’est vraiment un travail d’équipe, je suis responsable de toute l’orchestration mais on a une très bonne alchimie, on arrive très bien à connecter ces deux univers et on continuera à faire ça à l’avenir.

Donc vous allez continuer à évoluer… Le groupe a toujours fait ça, comme un organisme vivant. Même au sein du groupe, chacun représente un organe de SEPTICFLESH. Tu es les oreilles, ton frère (Seth) est les yeux et Sotiris la langue. Est-ce que vous vous impliquez dans les tâches de chacun ?

Il y a une démocratie dans le groupe, les trois membres fondateurs sont ensemble depuis le début ce qui est très important. On se connaît bien… Les faiblesses, les forces, et puis on essaye toujours d’expérimenter, de développer, d’évoluer. Alors bien sûr il y a parfois des disputes, mais c’est toujours pour un résultat positif. Chacun a, en effet, son propre rôle dans le groupe, à l’intérieur ou à l’extérieur de la musique et on travaille en équipe ce qui colle parfaitement à la vision de SEPTICFLESH.

Ce travail d’équipe implique l’orchestre, qui est maintenant le cinquième membre du groupe. Apparemment vous ne vous en séparerez plus, donc quelle est la prochaine étape de l’évolution de SEPTICFLESH ? Un concept album ?

Tu sais la musique vient de là (NdT : il montre son cœur), c’est pas une question d’orchestre ou de thème mélodique. On a cette arme et on l’utilisera, on expérimentera, on essayera de trouver un moyen de ne pas se répéter, de sonner nouveau. Ok on a fait quatre albums avec l’orchestre mais quelque part ça ne veut rien dire. Si la musique est mauvaise, l’orchestre ne la couvrira pas. La musique vient de la tête, du cœur, pas des violons. Eux ils sont juste là pour exécuter la musique.
On a cette pression tout le temps, et c’est encore pire avec « Codex Omega » mais je suis sûr, confiant qu’on trouvera un moyen de sonner neuf.

Oh je vous fais confiance pour ça !

(Rires) Merci !

Je suis confiant ! Tu fais partie des quelques élus capables d’écrire pour un orchestre. As-tu des rêves ? Un but à atteindre avec ou sans SEPTICFLESH ?

J’ai étudié la musique classique et j’ai fait quelques travaux en dehors de la sphère métal, une musique classico-moderne mais à l’heure actuelle, SEPTICFLESH est ma priorité. Mais quand j’aurai le temps peut-être que je composerai pour un jeu vidéo, un film, un concerto. Mais j’essaye parfois de composer pour mes concerts ; il y a deux ans j’ai joué deux pièces dans un concerto, mais j’essaye toujours de trouver le temps, on verra bien.

Donc tu continueras avec Chaostar ?

Et bien on a fini la musique, on a mixé, et normalement ça sortira chez Season of Myst en Mars.

Je vais surveiller ça !
Bon on a parlé de la musique, mais il faut aussi parler des thèmes, des paroles. Vous parlez ici de deux problèmes majeurs de notre société : les médias et la religion.
Tout d’abord as-tu des croyances ?


Non je ne crois pas. Je ne crois en aucune religion. Mais on essaye au travers de nos paroles de faire que l’auditeur soit impliqué, d’un bonne façon, de ne pas prendre tou t ce qu’on lui donne, de le pas gober tout ce que disent les médias ou la religion.
Notre principal « protagoniste » à travers nos paroles est la recherche de a connaissance, c’est le plus important. Comme je disais on essaye de faire réfléchir l’auditeur, l’impliquer, de cherche les choses qui ne lui sont pas dites.

Vous appartenez donc aux groupes qui prennent l’opportunité de toucher beaucoup de gens pour passer un message.

Oui c’est un message caché qu’il doit filtrer, interpréter et décider quoi en faire.

Il y a aussi un thème récurrent chez SEPTICFLESH qui est de combattre ses propres peurs. Vous en parlez dans « Prometheus » ou « Gospels of Fear ». Est-ce une philosophie que tu appliques ?

Oui tu dois conquérir ta peur pour te comprendre, c’est très important parce que si tu ne te comprends pas, comment comprendre les autres ? Quelque part c’est le plus grand des combats pour moi, j’essaye tout le temps de le faire, c’est pas facile mais tu dois toujours essayer de la conquérir.

Tu parles sagement ! Tu écris un partie des paroles aussi ?

Non, non, tout est de Sotiris. Mais on parle du titre, des thèmes, ce genre de trucs. Si on sens qu’un thème ne colle pas on le dit.

Vous parlez également de thèmes occultes, Sotiris est-il très impliqué dans ce genre de choses ?

Oui il a écrit plusieurs livres sur l’occultisme, Lovecraft, toute cette mythologie. La pétaphysique aussi. Il s’exprime à travers les paroles, même si maintenant c’est plus sur la religion ou les médias comme tu disais. Mais c’est quelque chose qu’on aura toujours.

J’aurais pu lui demander mais il ne tourne malheureusement pas avec vous, pourquoi ?

Il travaille dans une banque, il a choisi ce style de vie, on le respecte. On est triste mais il est avec nous à sa façon. On l’entend tous les soir avec « Anubis », il est très important pour SEPTICFLESH.

Donc quels sont les plans pour 2018 ? Je suppose que vous allez continuer à tourner, et heureusement vous êtes de retour au Hellfest Open Air, notre fierté française ! Que penses-tu de ce festival ?

Pour moi c’est le meilleur festival du monde…

J’espère que tu dis pas ça parce que je suis français ! (Rires)

(Rires) Non, non, non… J’aime vraiment l’affiche, c’est meilleur que le Wacken, que Summer Breeze. Pour le moment, à mon avis, c’est le meilleur festival.

Et bien merci ! J’ai hâte de vous y voir !

On va tourner autant qu’on peut, on va aux US avec Dark Funeral, Antichrist, on va faire quelques festivals, et peut-être une tournée asiatique en fin d’année.

Donc pas d’autres tournées avec Fleshgod Apocalypse.

Non je ne pense pas, on a beaucoup tourné avec eux aux US, en Europe, en Amérique Latine, donc je pense que ce cycle est terminé.

Dans un autre cycle alors, un jour, est-ce que vous ferez une tournée ou un show spécial avec un orchestre sur scène ?

En fait c’est dans nos projets de jouer avec un orchestre en live mais c’est un projet difficile qui doit être préparé minutieusement. On verra, on fera peut-être ça au Mexique, en France, en Grèce…

C’est votre patrie ça serait cool.

Oui mais c’est pas si simple, on verra mais ça a plus de chance d’arriver maintenant qu’il y a quelques années.

Totalement, et j’espère que ça verra vite le jour !
J’ai terminé mon interview, je te laisse les derniers mots si tu veux passer un message à vos fans français !


La France est très importante pour nous, on a été connecté pendant de nombreuses années, donc je voudrais tous les remercier pour nous avoir soutenu toutes ces années. On ne vous décevra jamais !
 
Critique : SBM
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