Interview

DEWOLFF (2018) - Luka Van De Poel

« Thrust » est déjà le septième album des néerlendais de DeWolff. Après des débuts sous le signe du psychédélisme, le groupe a depuis mis plusieurs cordes à son arc et développe aujourd’hui un style marqué par le heavy rock et le blues comme le montre leur excellent nouvel album. Rencontre à Paris avec Luka Van de Poel, batteur du groupe.

« Le groupe existe depuis 2007. Avez-vous fêté vos dix ans d'une façon ou d'une autre l'an dernier ? »


« Oui, nous avons organisé un festival chez nous, dans notre ville de Utrecht. Il y avait 2500 personnes et dix groupes que nous apprécions particulièrement et que nous avions invité. Il y avait aussi de la bonne bière et de la bonne bouffe. On avait fait venir des groupes d'Angleterre, de Suède. »

« Vous avez débuté la musique très jeunes. »

« J'ai débuté à l'âge de huit ans. A dix ans, j'ai eu mon premier kit de batterie. On jouait des reprises de Hendrix avec mon frère. A douze, treize ans, on a commencé à avoir nos premières répets. On a trouvé le nom du groupe : DeWolff. On a sorti un EP puis tout a commencé à prendre vraiment forme. »

« Vous venez d'une famille branchée musique ? »

« Mon père écoutait beaucoup de musique. On a grandi dans un environnement musical. Il était chanteur dans un cover band mais il n'écoutait pas le genre de trucs que nous écoutions, plutôt des trucs 80’s. »

« Votre disque a été enregistré comme certains de vos précédents albums aux Etats-Unis ? »

« Non, on l'a enregistré dans notre home-studio à Utrecht. On a un studio où tout est analogique .On avait déjà enregistré notre album précédent «Roux-Ga-Roux » là. On y enregistre aussi d'autres groupes. »

« A vos débuts, vous étiez très influencé par le rock psychédélique. Aujourd'hui, vous semblez l'être davantage par le rock classique. »

« Oui, c'est la façon dont nous avons évolué. Au début, nous étions très branchés Doors-Pink Floyd puis nous avons commencé à écouter des groupes comme The Band mais nous aimons toujours la musique psychédélique. »

« Dans le nouvel album, on sent une grosse influence blues. »

« Nous sommes fans de blues. Nous adorons John Mayall, Eric Clapton à ses débuts.On joue du blues mais à notre façon, sans copier. »

« Vous avez changé de label pour signer chez Mascot. Pourquoi ? »

« On a signé sur Mascot parce que cela nous ouvre plus de portes. L'album précédent était sur notre propre label. Nous avons envie de ne pas être seulement connu en Hollande et en Allemagne mais aussi en France, aux Etats-Unis et un peu partout dans le monde. »

« Votre son est plus heavy que précédemment. »

« Oui, tu as raison. On a enregistré l'album avec cette idée en tête. Je pense que c'est le matériel le plus puissant que nous ayons enregistré même s'il y aussi des ballades sur le disque. »

« Comme « Freeway Flight » que je trouve un peu comme le climax de l’album. »

« C’est cool que tu dises cela car ce morceau nous tient particulièrement à cœur.Il a été complexe à faire avec ses différents breaks à l’intérieur du titre. La chanson commence lentement avant de finir de manière puissante. Nous voulions faire notre « Hotel California » à nous. »

« Vous faites des morceaux courts sur ce disque. C'est nouveau. »

« C'est vrai. Avant nous aimions les morceaux de 6, 7 minutes mais nous avons appris à écrire des morceaux avec un format radio. Nous avons progressé au niveau songwriting. On aime bien aujourd'hui les chansons courtes et efficaces. »

« De quoi parlent vos morceaux ?»

« De ce qui se passe autour de nous. Au début, nous écrivions sur des choses imaginaires. Aujourd'hui, nous aimons parler du réel. Par exemple, sur l'album, il y a un morceau qui parle de Trump. Nous l'avons écrit le jour de son élection. Le morceau est une sorte de political-statement. »

« Ce disque est pour vous le meilleur que vous ayez fait à ce jour ? »

« Oui, je trouve que c'est notre meilleur album. Comme je te disais tout à l'heure, nous sommes de plus en plus à l'aise au niveau songwriting et je pense que cela s'entend. »

« Qu'est-ce qui vous plait autant dans les années 70 ? »

« Tout. J'ai même une voiture 70's. Cela semblait être une époque fascinante. J'écoute beaucoup de trucs de ses années-là mais aussi des groupes contemporains comme les Black Keys ou Nick Cave. »

« Votre nouvel album est le plus varié de tout ce que vous avez produit jusqu'à présent. Il y a des côtés blues, d'autres psyché et même des aspects soul. »

« C'est cool que tu dises cela parce que nous l'avons voulu ainsi. On a passé beaucoup de temps pour trouver l'unité du disque, afin de réussir à passer d'un univers à un autre tout en restant cohérent. »

« Vous enregistrez assez vite. »

« Oui, nous sommes assez productifs. Dès que nous avons fini une tournée, nous commençons à enregistrer. »

« La cover du disque fait très 70's elle aussi. »

« Elle a été réalisée par un artiste qui collectionne des images des années 60 et 70. On voulait une cover puissante. Je la trouve réussie. Elle représente bien ce qu'il y a dans le disque. »

« Vous jouez beaucoup aux Pays-Bas. C'est parce que c'est votre pays ? »

« Nous y sommes plus connus qu'ailleurs parce que c'est chez nous mais nous allons jouer en Allemagne, en France, en Espagne. Nous jouerons en France, près de Bordeaux, dans un festival le 20 juillet. Nous jouerons aussi à Paris à la Maroquinerie en Octobre. Nous espérons partir pour une tournée aux Etats-Unis l'an prochain. »

« Comment vois-tu la carrière du groupe ? »

« Depuis trois ans, nous avons une team ultra efficace. Le groupe grandit au niveau international. Nous sommes sur une bonne lancée. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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