Live Report

RAISMES FEST 2013 - Raismes - 22/9/2013

 
C’est après 190 bornes bien arrosées par une météo des moins avenantes, que nous arrivons pour l’Edition 15 du RaismesFest. L’affiche est aussi variée qu’alléchante. Oh miracle, et surement après l’intervention clémente d’un dieu du métal local, le ciel se dégage et l’eau cesse de se déverser pour le démarrage des festivités. Autre bonne augure, notre arrivée sur un Whiskey in the Jar remarquablement reprit par le groupe de cover Emerald Plays Thin Lizzy, qui assure le set devant une foule très clairsemée. Le temps d’une demi-heure on ferme les yeux pour se faire vibrer la corde nostalgie à coup de rifs intemporels assenés par couple mythique Lynott/Moore (Quel régal d’entendre en live un Boys are back in town).

Première patate de la journée (si je ne compte pas la William tranchée et frites trônant dans mon cornet), avec les Noise Emission Control qui est au Rock ce que la Monster est à la boisson énergisante. Leur Stoner punkisant brut de décoffrage vous fait l’effet d’un uppercut violent ; Bourrés d’énergie, ils mettent à mal la scène découverte et assure le show malgré une audience éparse et encore assez peu réactive. Voilà un groupe qu’il faudrait suivre, car les 4 lascars envoient vraiment du lourd et très honnêtement ça décrasse (à l’Edition 2012 les Tyson Boogie m’avaient fait la même impression, encore un groupe que je vous recommande chaudement).

Changement de programme et chamboulement du running order avec l’annulation de Myrath (coincés aux USA pour raison administrative !!) remplacé au pied levé par les Orléanais de Wild Dawn. Mention spéciale pour un groupe que j’ai découvert en première partie des Girlschool à Paris il y a quelques mois et qui avait retourné la Boule Noire, ce qu’ils feront également aujourd’hui. Quelle énergie ! Et premier groupe à faire remuer un peu une foule qui tarde à s’épaissir, malgré la descente parmi elle du guitariste en plein solo halluciné et digne de Slash. Une leçon de pure hard rock bien couillu délivré par un groupe homogène et complice qui aurait gagné à prendre la réelle place de Myrath pour doubler son set !

Difficile transition après ce set que de passer aux Loques à Terre, qui assurent la relève sur la scène découverte. Les Lillois balancent un rock de cover, avec une Coco qui envoie sévèrement au chant. Pas facile de se placer sur une affiche pareille. Bravo pour le set.

Changement de registre avec Eldorado. Les ibères évoluent dans un hard rock vintage très inspiré des 70’s et au combien savoureux. Fort de leur troisième opus « antigravity sound system », qui a fait l’unanimité des critiques espagnoles, ils nous offrent un show carré et maitrisé qu’ils agrémenteront de deux reprises savoureuses : Somebody to love et Elter Skelter. Résolument Old School sur le style des compos, il n’en demeure pas moins que leur son est bien actuel lui. Une des très bonnes surprises de cette Edition.

Faux départ pour les parisiens d’Asylum Pyre en place sur une scène découverte privée de jus…. Contre mauvaise fortune bon set, avec la ravissante et talentueuse Chaos Heidi en frontwoman. Le groupe assurera une prestation au top bien qu’écourtée. Evoluant dans un style Heavy à tendance progressif, leur univers est riche à l’image de leurs compos. A mon sens le groupe n’a pas eu l’attention du public qu’il méritait, tout comme il n’avait pas eu la mienne lors de leur ouverture pour Doro à Paris en janvier dernier (mais à bien y regarder et avec du recul j’avoue avoir eu la dent dure…). Asylum Pyre est assurément un groupe qualitatif à suivre de très près. Après une année 2012 chargée, couplant un remaniement du Line Up et la sortie de leur deuxième et excellent opus Fifty Years Later, le groupe entre en studio pour finaliser le troisième album qui devrait pointer ses sillons courant 2014.

Enfin l’ambiance commence à prendre une bonne tronche. Le public est réactif et dense devant la Mainstage qui accueille pour la première fois en France les italiens d’Elvenking. Six gus maquillés qui investissent la scène dont un armé d’un violon… perso je ne savais pas trop à quoi m’attendre, quand les premières notes ont mises les pendules à l’heure! Balançant un folk métal des plus abouti, les Elvenking vont assurer un des passages les plus marquants de ce Raismes Fest.

Retour sur un style plus classique et convenu avec Gang et leur heavy old school. Maitrisant parfaitement la scène, leur set est carré et fait réagir la foule. Perso je n’ai pas été franchement convaincu, mais le résultat est là. Ça dépote. Les champenois ont fait le boulot.

Maintenant on commence à calibrer sérieux avec les furieux de Bukowski qui, une fois de plus, vont retourner les planches. Les parisiens confirment largement l’impression qu’ils m’avaient fait au Motocultor quelques semaines plus tôt : ils font partie des incontournables de la scène métal hexagonale. Attention à la ligne car ils font dans le gras. Ici pas de fioriture ou de bonnes manières, car ils viennent pour en découdre et vous en avez pour votre pognon. L’ex trio, devenu récemment quatuor, des frangins Dottel assure un set aux cordeaux qui placera cette prestation dans mes favoris du Fest. Bravo les gars !

On monte en puissante sur la scène découverte avec les belges de Komah et leur power métal groovy ultra agressif. Belle prestation efficace, les Komah enfoncent le clou à coup de métal hargneux et puissant. Très bon set !
Autre moment fort, que j’attendais avec impatience, avec le set des Evile qui comblera toute les attentes du thrasher old school que je suis. Une heure de pur métal incisif et assassin, digne des plus grands, s’est abattu sur le château de la princesse Trucmuche. Mettant à mal la moindre nuque présente dans la fosse, les British ne font pas dans la dentelle et ne laissent aucun répit à un public conquis. Les quatre furieux placeront ce show dans le trio de tête de ma best list du Raismes fest.

Un peu de pommade sur la brulure avec le rock teinté de blues de Ricky Dozen. Le trio dieppois qui a une solide réputation scénique rempli son contrat malgré une place difficile à tenir au sein d’un running order chamboulé. Le set est carré et puissant. Bravo
Attention, malgré les quelques cannettes de 8.6 infâmes que je me suis envoyées (faute de mieux…), mon jugement n’est encore nullement altéré quand les Audrey Horne prennent possession de la Mainstage qu’ils vont marquer durablement d’une empreinte indélébile ! Voici tout simplement le numéro un de mon trio gagnant du Raismes Fest 2013. Une prestation classieuse, des zicos au taquet, un public retourné, tous les superlatifs sont bons à être utilisés pour encenser cette performance. Les norvégiens qui avaient déjà fait une très grosse impression au Hellfest 2013 viennent confirmer le succès international qui les accompagne depuis la sortie de leur 4eme album « Youngblood ». 1h15 de pur métal classieux et rudement efficace qui place la barre très haut (qui ne sera pas dépassée ce soir à mon sens), faisant de ce groupe un acteur majeur de la scène internationale. Chapeau bas.

Sur la scène découverte les savoyard de JC Jess nous gratifient d’un hard rock frais et classique, puisant sa force dans l’âme du rock à l’état pur. Ne révolutionnant pas vraiment le genre, il n’en reste pas moins qu’ils assurent un set propre et efficace durant la demi-heure impartie.
La nuit tombe sur Raismes, il fait bon et l’ambiance est au top au sein des festivaliers. L’unanimité est faite quant à la qualité de l’affiche et de l’organisation. Il reste encore 3 gros morceaux pour clore l’édition, à commencer par les britanniques de Pandragon, menés par un Nick Barret rigolard et en grande forme. 1h30 de show très visuel et technique qui fera mouche sur un public d’esthètes. Pour ma part cela sent trop le Pink Floyd (parfois calqué note à note…) pour m’interpeller plus que ça. En fait je me suis un peu ennuyé durant ce set, mais j’avoue qu’ils évoluent dans un style qui ne me parle pas vraiment. Par contre au vu de la réaction du public, le show était à la hauteur des espérances. Léché et mené par une bande de quinquagénaires sautillants, le contrat est rempli largement.

Autre registre et pas des moindres (j’aime quand c’est bien barré…), les Sticky Boys ferment magnifiquement la scène découverte, bien que cela n’en soit pas une pour moi (de découverte !) après m’être éclaté lors de leur performance au Motocultor dernier. Comment vous décrire un set des SB, si ce n’est qu’ils sont bien déjantés et Rock’n’Roll. Leur Hard Rock sans fioriture et bien graveleux (dans la musique comme dans les gestes…) touche juste, devant un parterre de métaleux en osmose. En fait les SB sont là pour dynamiter la scène découverte et éviter la peine d’un démontage en pleine nuit par le staff du Raimses Fest. 40 minutes de folie furieuse dans un esprit pur rock. Grosse prestation « as usual ».
Pour clore cette Edition 2013 de qualité, quoi de mieux qu’une légende en activité dont la simple évocation du nom fait rêver. Il est 23H10, Dave Meniketti et ses acolytes d’ Y&T prennent possession de la Mainstage pour mettre un point final et magistral au Raismes Fest 2013 et 15eme du nom.
Hard Time, Coming Home, Rescue Me, et j’en passe et des meilleurs, sont une idée des morceaux à nouveaux interprétés ce soir. Maintenant habitué de ce festival (ils avaient déjà trônés en haut de l’affiche avec saxon pour l’Edition 2008), ils ont joués comme à la maison, assurant un show énorme pour finir en apothéose ce grand cru 2013.

Bien belle Edition que celle de 2013, avec encore une affiche au top et une orga vraiment sympa et efficace. Ce fest reste un de mes préféré tant on s’y sent bien. Une ambiance familiale et décontractée, un public jovial et attentif, tous les ingrédients sont réunis pour une recette succulente. Un grand merci à Roger de Replica et Philippe du Raismes Fest pour avoir rendu ce report possible. Vivement l’Edition 2014. Une spéciale dédicace à Chaos Heidi et Vincent KREYDER d’Asylum Pyre pour le brin de causette tardif à l’hotel.

Setlist Elvenking:
Intro
Trows Kind
I Am the Monster
Runereader
The Loser
To Oak Woods Bestowed
Pagan Purity
The Divided Heart
Through Wolf's Eyes
Neverending Nights
A Song for the People
 
Critique : Stephan
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