Live Report

TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA - L'OLYMPIA - PARIS - 14/01/2014

 
C’est avec une certaine excitation doublée d’une bonne dose d’appréhension que je me rends ce mardi 14 janvier à l’OLYMPIA pour une expérience unique en son genre. Le prestigieux TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA se pose, ce soir, au 38 boulevard des capucines, pour un show unique en France. Créé en 1996 par les prolifiques Paul O’Neill (AEROSMITH, SAVATAGE) et Jon OLIVA (SAVATAGE, Jon Oliva's Pain, Doctor Butcher), TSO (pour faire court) est une troupe d’une trentaine de musiciens (chant, orchestre de cordes, narrateurs, guitaristes, claviers, batteur,…) proposant un rock opéra unique en son genre. La troupe se suffit à elle-même : ici pas de première partie et l’on entre directement dans l’univers chatoyant des créateurs de SAVATAGE.


Après une ouverture peinant à trouver à la fois son rythme et son public, la machine TSO va monter en chauffe doucement tout au long des plus de 2 heures de show qu’ils vont nous délivrer ce soir.
La prestation va clairement se scinder en deux parties distinctes. Une première un peu molle qui posera le décor mais qui laissera sur le carreau une bonne partie du public, suivie d’une montée en puissance subjuguant les fans et les curieux ayant tenu jusque-là !
Qu’en est-il des fans de SAVATAGE (dont je fais partie depuis la première heure) ? Le constat est plutôt mitigé. On retrouve bien la griffe O’Neil et Oliva, avec quelques thèmes du groupe parsemant le show (Gutter Ballet, Handfull Of Rain, Believe, ou encore le thème de The Hall Of…), mais force est de constater que ces morceaux pâtissent cruellement d’un manque d’énergie lié à leur version orchestrale. Je me suis retrouvé coincé entre des parties molles de la fesse et de sublimes morceaux qui m’ont littéralement transcendé. Pas de juste milieu sinon un peu d’ennui !

Reste le show en lui-même, et là rien à redire. Le visuel est magnifique, léché et sans bavure. L’orchestration et les chorégraphies des différents intervenants sont millimétrées. Noyant la scène dans une cascade de fumée et un déluge de lumières, avec un background d’images projetées alternant décors et vidéos en rapport avec le thème du moment, le visuel est bluffant et à la hauteur des attentes du plus réticent.

Toute la scène est monopolisée, sous-dimensionnée pour recevoir le show en intégralité (version US), ce qui pénalise nettement l’impact de l’ensemble sur le public (effets pyrotechniques manquants, nacelles élévatrices en moins, etc...).
Coté Line up on est gâté : avec des pointures comme Chris Caffery et Al Pitrelli aux guitares, Jeff Plate aux futs, John Lee Middleton à la basse (en gros différentes strates des formations SAVATAGE), épaulés par de brillant(e)s choristes qui se succèderont au chant solo avec en Lead un charismatique Jeff Scott Soto. Le reste de l’équipe n’en est pas moins talentueux, vous provocant de sacrés frissons tant par le biais des choristes (9 au total) que par les cordes (6 violons et 2 violoncelles).
La prestation des zicos est parfaite. Alternant les passages classiques mais toujours griffés métal (parfois juste dans l’attitude comme lorsque Asha MEVLANA terminera un soli de violon exaltant en brisant son archer sur son genou) avec d’autres résolument plus électriques. Les compos de SAVATAGE ne sont pas oubliées, avec 6 titres présents sur la Setlist (si on pouvait en avoir un peu plus M. O’Neil histoire de booster un peu l’ambiance…).

Le public quant à lui est aussi divisé en deux parties. D’un côté les curieux ou autres invités qui dans l’ensemble n’auront probablement pas tenu jusqu’à la fin du set (voire même jusqu’au milieu de celui-ci) et de l’autre un public de fans et métaleux dans l’âme. Ces derniers, dont je fais partie, auront été plus à même d’apprécier le show à sa juste valeur et commenceront à se manifester tardivement donnant enfin à l’Olympia l’allure d’une salle de concert digne de ce nom. Sous les invectives d’un Chris Caffery qui aura tardé à se lâcher, les premiers rangs se lèvent entrainant par la même le reste d’une salle enfin hystérique !

Les interventions sur scène d’un narrateur ponctuant le set d’explications, à la manière d’un esprit de Noël (rôle tenu par Bryan Hicks) plombent un peu la continuité du spectacle (capter une narration en anglais n’est pas le fort des grenouilles…).

Il est 22h00 environ quand le show bascule enfin et réveille un public encore trop timoré. Someday retenti comme une claque pour toute l’assistance. La belle et talentueuse Kayla Reeves fait vibrer à l’unisson tous les métals hearts présents dans la salle. Sa voix à la fois suave et profonde force le respect et elle donnera le coup de grâce accompagnée de 2 choristes toutes aussi belles qu'elle, dans une chorégraphie bluffante ! Child Unseen, qui suit Someday, montrera l'incontestable talent de Kayla à un public sous le charme.

TSO prend alors toute sa dimension, digne de Broadway le rock opéra s’emballe, faisant passer les spectateurs par toutes sortes d’émotions !
Carmina Burana, surprenant et magnifique, noyé dans la brume, transporte une salle frissonnante à l’unisson. The Mountain aura raison des derniers remparts derrière lesquels les plus sceptiques s’étaient retranchés. L’intro du morceau qui n’est autre qu’une cover de Prelude to Madness de SAVATAGE fait son office en levant la salle entière comme un seul homme ! La folie est bien là et ne quittera plus les murs jusqu’à la fin du set. Folie communicative de Vitalij Kuprij claviériste un peu fou partant dans un solo d’anthologie enchainant sur un début de marseillaise convenu mais toujours plaisante à entendre (eh oui un peu de chauvinisme ne fait pas de mal).
Le final est grandiose. La totalité des acteurs de ce show mémorable sont sur scène pour entonner un Christmas Eve (Sarajevo 12/24) de SAVATAGE reprit en cœur par la salle entière.



Malgré une baisse significative du prix des places (descendues à 18€, deux semaines avant l’évènement, contre 57 à la base…) l’organisation a eu du mal à remplir le prestigieux théâtre, ce qui aura comme effet ces désagréables mouvements de spectateurs quittant la salle durant le spectacle (et ce dès le début). A la décharge des organisateurs, il est difficile de promouvoir un évènement pareil et de toucher un public plus large que celui des métaleux au fait de ce genre d’actualité. Malgré cela la deuxième partie du set sauvera l’ensemble. Dommage que la totalité du spectacle n’est pas été du même acabit. Probablement calibré pour un public US plus réceptif à ce mélange de genre. A mon sens, et en gros fan inconditionnel de SAVATAGE et de tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin, il aurait mieux fallu miser sur une Setlist plus pêchue et un placement debout. J’imagine que le côté conte de l’histoire, qui plus est déclamé dans la langue de Shakespeare, en a découragé plus d’un à la découverte. Perso, j’y ai trouvé mon compte, et cette soirée fut une vraie réussite pour le fan que je suis.

Un grand merci à Olivier Garnier et un big up a Ninon et son accueil, pour avoir rendu ce report possible.


Setlist

Time and Distance
Winter Palace
This Is the Time (1990) (Savatage cover)
Christmas Jam
Handful of Rain (Savatage cover)
A Last Illusion
Gutter Ballet (Savatage cover)
Misery
Mephistopheles' Return
Mozart/Figaro
Sparks
The Hourglass (Savatage cover)
Someday
Child Unseen
Believe
Wish Liszt (Toy Shop Madness)
After the Fall
Wizards in Winter
Dreams of Fireflies (On a Christmas Night)
Carmina Burana
Epiphany
The Mountain
Piano Solo / Marseillaise
Beethoven
Requiem (The Fifth)
Christmas Eve (Sarajevo 12/24) (Savatage cover)
 
Critique : Stephan
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