Live Report

HELLFEST 2017 - Main Stage - 3/7/2017

 
Ahhh le Hellfest. Ce petit moment de paradis où l’on arpente joyeusement les champs au son de notre musique préférée… Et pour cette 12ème édition votre serviteur était bien entendu de la partie !
C’est donc une fois de plus à guichet fermé que se joue cette année le fameux festival de métal extrême dont la renommée n’est plus à faire. Et autant vous dire que cette année il y a du lourd ! (comme tous les ans quoi)

DAY 1

C’est sous un magnifique soleil et une bonne chaleur que s’ouvrent les festivités. De mémoire il me semble que c’est la première fois que je passe la journée sur la Main Stage ! Autant vous dire que ça a été sport ! Il y en avait pour tous les goûts ! C’est donc avec une agréable surprise que je découvre Inglorious dès l’ouverture. Le hard décanté par le groupe est une très bonne mise en bouche. L’ambiance sera reprise en écho par Queensryche plus tard dans la journée. De quoi faire honneur aux racines du hard rock mélodique !
Entre midi et deux ça a été un peu « What The Fuck »… Passer de Texture, un groupe de prog, assez burné, mené par un Daniël de Jongh très photogénique et qui ressemble étrangement à Chabal (si si) à Animals as Leaders, franchement y’a qu’au Hellfest qu’on voit ça ! Pour ceux qui étaient encore sceptique, Tosin Abasi montre, avec AAL, qu’il est un maître de la six cordes… Bon ok il en a huit mais c’est pas moi qui l’ai créé cette expression ok !!? L’ambiance a cependant baissé d’un cran, dû sûrement à la très haute technicité et l’aspect instrumental.
Les suédois d’Evergrey prendront la relève de Texture, en délivrant une setlist très punchy, et autant vous dire qu’un morceaux comme « Passing Through » a mis tout le monde d’accord ! Tom était ravi, et nous aussi !
Bon là c’était bon, carré, très envoûtant, mais on a eu aussi des fous dans la journée. Déjà Devin Townsend Project, génie fou, a été très attendu et il a donné au public ce qu’il voulait. De la folie, de la technicité, du lourd ! J’ai honnêtement beaucoup de mal sur album, mais la prestation et charisme du bonhomme forcent au respect. Mais j’ai été personnellement bien plus impressionné par Avatar. Ma révélation de ces derniers temps déboule en terre clissonaise. Et autant vous dire que le public était chaud bouillant ! Public rassemblé en masse, scandant chaque mot et note de chaque chanson, de « Hail The Apocalypse » à « Smells like a Freakshow » le groupe nous sort un bon best of ! Johannes est toujours aussi fou c’est un pur régal. L’accueil est chaleureux, de quoi être sûr que les suédois reviendront !

En fin de journée c’est les grosses pointures qui déboulent. C’est donc avec une certaine impatience que je découvre et redécouvre deux poids lourds du power métal : Powerwolf et son show ecclésiastique avec les gars peinturluré à l’énergie débordante. Un très belle découverte, et Attila en frontman est excellent, il fera chanter le public (et au passage le félicitera pour son talent, bien joué Hellfest) et donnera de la voix comme il faut. Tous les tubes y passent, de « Coleus Sanctus » à « Sanctified with Dynamite » !
Et pour rester dans le même sujet, Sabaton assoit sa suprématie en terme de show. Tank, effets pyrotechniques, tout a été mis en place pour tout faire péter ! « To Hell & Back », « Night Witches », tous ces tubes résonnent encore sur la terre clissonaise. A noter l’apparition de Laurent Fabisz de Kryzees sur « Swedish Pagans », et il s’en sort bien le bougre ! Même si je préfère Joakim quand même…:)
Entre ces deux groupes on aura tout de même un changement de genre, mais par contre niveau puissance on reste au niveau… (Trop de niveaux là non??) Bref, voilà que déboule Behemoth. Ils avaient déjà mis tout le monde sur le cul avec leur passage en 2015, et ils comptent bien prouver qu’ils sont les maîtres du black métal. D’ailleurs l’interpretation de Nergal sera différente. Plus personnelle, moins brutale, vraiment dans une ambiance plus sombre. Des morceaux comme « The Satanist », « Ora Pro Nobis Lucifer » ou le grand « Blow Your Trumpets Gabriel » vont mettre tout le monde d’accord. Behemoth est le seul groupe de black/death à se produire sur la Main Stage et à ramener autant de monde. Un groupe qui n’a plus rien à prouver quoi.

Place aux têtes d’affiche du jour. Tout d’abord la dernière de Deep Purple, que je n’ai que peu suivi pour cause de remplissage d’estomac. Le groupe, cependant a mis les petits plats dans les grands pour honorer les fans. Ce qui est bien avec le rock c’est qu’en fait on vieilli pas. Le groupe nous prouve qu’on peut toujours être grand avec un peu d’âge. Et, classique je sais, mais l’interprétation de « Smoke on The Water » aura déclenché une clameur intense du public.
L’autre grosse tête… (d’affiche hein ) sera Rob Zombie. Mais attention, nous serons les seuls en Europe à profiter du « Full US show » ! Alors oui tout est carré, ça en met plein les mirettes, John 5 excellent, Rob Zombie est ultra charismatique mais musicalement je m’y retrouve pas du tout… Mais comme on est là pour voir un show ça n’a que peu d’importance dans le fond.

Je terminerai ma journée Main Stage avec In Flames. Un show un peu plus posé, à l’image de leur musique. Lights intimes, morceaux tantôt posés, tantôt pêchus, mais bon show quand même. Même si c’est clairement pas le meilleur du jour. Je m’attendais à mieux… Heureusement il y a Alestorm qui arrive mais ça… c’est un autre chapitre…

DAY 2

Après une bonne nuit de sommeil « Hellfest style » soit en gros quatre ou cinq heures, je m’enfile deux cafés, prépare l’espace presse et hop prêt pour la journée ! Elle commencera avec Dead Daisies qui nous sort un set carré et propre. Le groupe distille son rock avec un grand savoir faire, et je veux pas dire mais Doug Aldrich est quand même un putain de gratteux. Seul devant le public il a même pas peur le gars !!
Un moment pour préparer l’apéro. Et surtout une de mes surprises/claques de cette édition. En effet, revenus d’entre les morts ce sont nos gais lurons d’Ultra Vomit qui vont nous occuper pour l’apéro. Premier constat : la foule. J’ai jamais, je dis bien JAMAIS vu une foule aussi compacte et grande à midi sur la Main Stage. Et deuxième constat : Ultra Vomit prouve qu’on peut rire et headbanger en même temps ! Les morceaux de « Panzer Surprise » comme « Takoyaki » et « Kammthaar » passent très bien, et surtout voir la chenille sur « La Chenille » (logique me direz vous) ou voir le wall of chiasse qui sépare le pipi du caca on comprend qu’on est là pour rire. Mais 40 minutes c’est trop court !
En consolation j’assiste brièvement à la prestation de Phil Campbell & The Bastard Sons, qui malgré un petit pincement au cœur, envoie du bon rock & roll comme seul Phil peut envoyer ! Sympathique moment avant de devoir quitter le site pour l’espace presse, m’empêchant d’assister à Ugly Kid Joe. Mais heureusement je ne louperai pas les Steel Panther et leur show « Montrez moi vos nichons », du pur rock dans la tradition 80s où les filles finissent topless. Regardez leur prestation de « 17 Girls in a Row » pour voir si je mens ! Toujours un moment sympa avec ces lascars ! Occasion pour moi aussi de voir pour la première fois les Pretty Maids en live. Et ben ce que je peux dire c’est « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ». Un Ronnie Atkins en leader charismatique, une musique heavy à souhait et un public chaud patate, il en faut pas plus pour passer un excellent moment. Preuve aussi que leur dernier effort « Kingmaker » passe très bien le cap du live.

Je louperai également la prestation de Trust pour cause d’interview à espace presse (c’est plus classe que mon remplissage d’estomac d’hier). Les échos que j’ai glanées ci et là sont assez mitigées concernant la prestation de nos bons concitoyens…
J’arrive à temps pour Saxon, qui n’échappera pas à la tradition qui consiste à délivre un heavy métal racé et poignant. Biff doit crever de chaud dans sa veste noire mais il accomplit son devoir de frontman avec plaisir et classe et c’est ce qu’on veut ! Et les classiques comme « Queen of The Night » passent toujours aussi bien !
Et c’est donc avec la pêche que j’assiste à la prestation musclée de Airbourne. Rooohh làlà que c’était bon… C’est tout ce que je rêverais de revoir avec AC/DC. Sous la cagne d’enfer qu’il règne aujourd’hui (34°C quand même) Joel O'Keeffe cours, saute, grimpe sur la Main Stage, il perd en moyenne une pinte de sueur par chanson mais ça l’arrête pas. Un vrai bon moment !!!

Ça sera sur une note plus douce que je terminerai cette superbe journée chargée. Les finlandais d’Apocalyptica déboule pour fêter leur album de reprise de Metallica au violoncelle et jouera un set intégralement composé de reprises du combo américain. Pour mon baptême je trouve ça cool et original mais le public Hellfestois (oui on peut se considérer comme une nation qui existe trois jours par an) semble plus mitigé. Le public chante (trop) peu du coup la prestation manque d’impact. Dommage.
Mais on se retrouve avec la dernière prestation d’Aerosmith sur notre territoire. Et même si je trouve la prestation un peu en deçà de celle de 2014, le groupe prouve qu’il est un grand du rock. Prestation propre, dantesque, maîtrisée, avec des titres qui percutent toujours autant. J’ai adoré la fin pour « I don’t Want to Miss a thing », « Come Together », « Dude (looks like a lady) » ou l’interprétation magistrale de « Dream On » où Steve Tyler, solo avec un piano subjugue le public.
Ça se termine par une explosion de confettis et d’applaudissement, une bien belle façon de dire au revoir.
Mais comme on est au Hellfest, faut essayer de finir sur de la testostérone. Et c’est Kreator qui est en charge de cette tâche. Le groupe a visiblement pris du grade et nous fait un show à la hauteur des attentes, avec effets pyrotechniques, décors, tout ce qu’il faut. Le public ne sera pas en reste tant le groupe s’est donné à fond ! Maintenant je peux me coucher vu que j’ai plus de cervicales.

DAY 3

Le soleil se lève sur le dernier jour de ce festival… dernier de cette année hein !! Ayez pas peur !
La météo annonce 36°C, autant vous dire que j’ai bouffé de la crème solaire ! Étant très affairé à l’espace presse pour cette dernière journée, je serai peu exposé au soleil (façon de dire que j’ai pas vu beaucoup de groupes).
En chemin pour Skindred je tombe sur Motionless in White, assez original avec son metalcore teinté de Métal indus, pas forcément ce que je préfère, mais le public être assez présent, et puis comme je disais , comme dans le cochon, au Hellfest tout est bon ! (Je la brevette celle là!)
Mais mon gros coup de cœur de cette journée, comme à chaque Hellfest, sera là où je l’attendais pas. En effet Skindred, à l’heure de mon repas arrive sur scène pour envoyer un métal des plus éclectique et des plus racé. Plus de barrières musicales, on s’en fout ! On est là pour le fun, et la recette marche au poil ! Benji est un meneur de scène charismatique (en plus d’être sympa) et est créateur d’un des truc les plus cool que j’ai vu : Le « New Airport Helicopter ». Je vous laisse voir ça sur internet pour découvrir ! Ça me permettra de dire que « faire tourner les serviettes c’est pour les fiottes ! Un vrai bon moment !
Après encore moult va et vient, j’atterris devant le groupe américain qui monte… Sauf chez nous en fait. Alterbridge a une renommée qui n’est plus à faire, mais vous le savez comme moi, en France et en musique on ne fait rien comme les autres. Donnez une guitare électrique à Marc Lavoine et ça changera peut-être les choses. Mais force est d’avouer que malgré tout, le combo sera très bien accueilli par le public et nous livrera une prestation puissance, signe d’un vrai savoir faire ! Et j’aime autant vous dire que le dernier album passe bien en live !

Lors de mon énième passage à l’espace presse, j’en profite pour m’en jeter un derrière la cravate (que je ne porte pas ici), mais ne le dites pas à Lionel ! En même temps je regarde le live de A Day to Remember alors ça compte comme du boulot ! Et je dois dire que cette prestation live sera assez sympathique. Je dis pas que j’en mangerais des heures mais là ça passe crème, surtout avec une cervoise fraîche !

Je n’aurai malheureusement la possibilité de revenir vers la Main Stage que pour la tête d’affiche controversée, Linkin Park. Moi même fan des débuts, comme tout ado de l’époque, me rends compte que j’appréhende énormément. Que vais-je voir ? Un groupe froid et marketing à souhait ? Un bon show ? Du mou ? Le meilleur moyen de savoir c’est d’y aller non ?
Et ben le bilan… c’est… (suspense…)… c’est long là non.. ??? C’est bon ! Très bon même. Bien qu’ayant loupé les quelques premiers titres, j’assiste à un bon concert. Setlist bien équilibrée entre « Numb », « Breaking The Habit », « What I’ve Done » et autres gros tubes du groupe. Deux faits marquants pour moi : Chester qui chante « Crawling » en piano voix, lui étant avec les fans dans le pit photo. Très belles images, intenses. Et « In The End », chantée par le public sur le refrain, et honnêtement j’ai rarement entendu un public chanter autant. Magnifique. Vraiment.
Le groupe lui même est assez en retrait, seul Mike et Chester (et surtout ce dernier) seront vraiment avec le public et joueront avec lui.
Une bonne surprise pour moi donc, car elle balaye de gros doutes sur le combo.
Et on termine la soirée et ce festival (NOOOOOOONNN!!!!) avec un bon gros mur de son, bien testostéroné avec des habitués du festival : Slayer.
Comme expliqué ci-dessus : Mur de son. Lumières dans les tons rouges et jaunes, sur ce fond d’incendie sanguinaire, le groupe achève ceux à qui il restait encore un peu de jus…

La dure réalité commence à me rattraper, il faut que ce rêve s’achève pour 360 jours environs. Mais comme les éditions précédentes, c’est le cœur léger, avec des amis, des rencontres, que je garde un beau souvenir de cette 12ème édition.
Il reste les replays et les photos pour se consoler. Mais n’ayez crainte, l’année prochaine… « On r’met ça !!?? »


 
Critique : SBM
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