Live Report

PAPA ROACH - WAXX - L'Olympia - Paris - 13/10/2017

 
Papa Roach faisait son premier Olympia ce vendredi 13 octobre 2017, démontrant que finalement certains jours peuvent porter bonheur. Cela fait pus de vingt ans que le groupe existe, et il continue de grimper doucement et sûrement, là où d’autres au succès plus fulgurant se sont brûlés les ailes.

Le premier album ayant très exactement 20 ans, ce petit Olympia ma foi fort bien rempli avait des petits airs de consécration. Après tout la salle de Bruno Coquatrix a accueilli toutes sortes de légendes, des Beatles à Gilbert Bécaud, donc oui, on peut dire que si monsieur Coquatrix avait encore été là il leur aurait surement fait des pâtes, comme à Brel ou Adamo, et leur aurait fait remarquer qu’ « Une cravate c’est quand même le minimum pour monter sur scène les garçons… »
Papa Roach joue enfin dans la cour des Grands ici, il ne s’agit pas de vente d’albums, ce n’est pas forcement encore leur record de vente et ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Il s’agit d’une salle qui dit aux groupes qui foulent sa scène « Bienvenue dans notre histoire » et çà les gus de Papa Roach l’avaient semble t’il bien compris.

Depuis le premier EP « Caca Bonita » (joli caca - NdT) à ce « Crooked Teeth » (dents pourries, - NdT) un sacré chemin a été parcouru, qui dit surtout la volonté et l’endurance du groupe (et aussi si on fait gaffe aux deux titres que le prochain album pourrait avoir le mot « cheveux » dedans… çà remonte).
Je n’étais pas un gros fan de Papa Roach avant de les voir sur scène, depuis j’ai dû les voir 4 ou 5 fois et le constat de cet Olympia est le même que les autres, générosité, professionnalisme et une énergie qui bien que surtout axée sur la performance du chanteur Jacoby Shaddix ne faillit jamais.
Bon soyons clair la tournée est homogène et si vous comparez les set lists ils ne cherchent pas à surprendre d’un soir sur l’autre mais bien plutôt a créer une machine live faite pour secouer le public, et oui, on se laisse emporter même dans les gradins.
Apres il y a ces petites choses qui font que le groupe va chercher son public. Cette reprise du « Song 2 » de Blur. Là, on sent bien que le groupe a cherché un morceau pour dire au public européen : « On s’intéresse vraiment à vous, il se passe des trucs chouettes en Europe et on est contents de pouvoir le partager avec vous ». Bien sur il y a eu des jolis pains par ci par là mais çà fait aussi partie du charme du groupe, ils y vont, tête en avant, çà joue bien mais çà joue surtout à l’énergie. Tout à la glisse comme on dirait en moto, çà dérape mais c’est contrôlé et donc forcement çà touche au but.

On aura aussi versé notre larmichette, à la fin de « Forever », le groupe esquisse un bout du « In the End » de Linkin Park, s’en suit un message de compassion de Jacoby, adressé a tous les dépressifs présents (après l’hommage il y en avait un peu plus forcement çà remonte vite ces trucs là) et à leur proches, en forme d’hommage à Chester Bennington. Le morceau suivant « American Dreams » en prendra d’autant plus d’ampleur à l’aune de cet hommage touchant et juste.
Et puis parce que les mecs avaient vraiment envie de nous dire « On est vraiment bien là » Jacoby a fait le rappel avec un maillot de foot de l’équipe de France (et croyez moi le Foot tel qu’on le pratique pour eux c’est pas un sport viril, donc il fallait vraiment être tout plein d’amour pour la France pour le porter celui là). Alors c’est mignon, mais j’imagine qu’il y a un type qui a été sommé spécialement d’aller sur les Champs, à la boutique de la marque à virgule, pour aller choper le dit maillot, et je voulais lui dire merci. C’était cool et tu t’es décarcassé pour quelque chose mec, même si sur le moment je suis sur que tu t’es demandé ce que c’était encore que ce caprice à la con. C’est un tout petits paquets d’attentions comme çà qui font que même si t’es pas fan de Papa Roach, t’es obligé de leur décrocher la palme du groupe qui fait des choses simples pour que tu te sentes important à leurs yeux. Même si c’est une posture on s’en fout, ma nana résumerait çà comme çà : recevoir un bouquet de fleur çà fait plaisir surtout quand le mec qui les offre a même pas fait de connerie.

Donc voilà, vendredi 13 Papa Roach a fait un concert classe et comme à chaque fois le groupe remplit plus grand, next time çà sent le Zénith.
 
Critique : Thomas Enault
Date : 13/10/2017
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