Live Report

Mr BIG - THE ANSWER - La Machine Du Moulin Rouge - 6/11/2017

 
Mr Big à la Machine du Moulin Rouge : Non ce n’est pas le tournage de « Sex And the City le retour de la revanche » ! C’est un vrai beau moment d’histoire du Rock qui pose ses valises dans une salle à la fois grande et petite. Epaulés par les Anglais de the Answer et les Ricains inespérés de Faster Pussycat, le quatuor Californien, constitué des plus fines gâchettes de la côte Ouest épaulés par un deuxième batteur pour des raisons que je vous évoquerai plus loin, a littéralement blindé la salle Parisienne ce 6 novembre 2017, alors que çà joue rock partout dans la capitale et que dans certaines salles il y a aussi de la légende…

La soirée aura vraiment été riche en émotions pour plein de raisons, peut être déjà parce que depuis ses débuts Mr. Big aura touché son public, vite fort et bien et que c’est surtout à çà qu’ils doivent la fidélité de ceux qui avaient, nombreux, répondu présent.

Petit point historique pour le fan de néo Metal que j’aime quand même et qui gratte ses derniers boutons au fond en se demandant ce qu’il fout là. Fin des années 80 Billy Sheehan, ex bassiste de Steve Vai et clairement son alter ego à quatre cordes, monte un vrai groupe avec un autre petit génie de la musique, Paul Gilbert, à la guitare donc. Comme il leur faut un groupe à la hauteur de leur savoir faire ils montent Mr. Big avec Pat Torpey, batteur à la fois technique et extrêmement musical, capable d’une vraie belle simplicité quand il le faut et de placement rapides et assez incroyables, pour la voix c’est Eric Martin qui s’y colle, le genre de monsieur qui s’avale un contre ut comme toi et moi on fait notre jogging (enfin surtout toi, parce que le dernier qui m’a vu courir, il tenait une bière et je le pourchassais). tout a commencé par un album en 1992 qui a réussi le petit exploit de plaire à tout le monde, aussi bien à la ménagère lambda qu’au fan de Glam Rock, même les ados qui bouffaient du Nirvana en croyant découvrir la guitare fredonnaient « to be with you pour draguer les filles (détail historique : çà marchait super bien).

Presque trente ans plus tard et une carrière en dents de scie, ils sont toujours là et rien que çà, çà fait plaisir. Mr Big est encore là parce que bien que super techniques ils font des chansons, bonnes, que t’as envie de chanter en chœur (même si chanter en chœur avec Eric Martin c’est un peu comme danser un slow avec Scarlett Johansson : c’est pas parce que t’as super envie que c’est vraiment possible). Les mecs se sont bien frittés entre eux par moment, Richie Kotzen a remplacé Paul Gilbert, ils se sont finalement retrouvés et oui, c’est juste des mecs sympa sur scène qui jouent vraiment bien, avec humour (les perceuses avec médiator collé sur la mèche pour jouer la main droite sur le morceau d’ouverture de concert : « Daddy, Brother, Lover, Little Boy » sont complètement inutiles vu que les mecs jouent plus vite avec leur doigts, mais çà fait rire tout le monde et eux en premier).

A quoi sait on que Mr Big est un groupe sympa ? Sur scène il y a deux batteurs, il pourrait n’y en avoir qu’un. Pat Torpey est officiellement atteint par la maladie de Parkinson depuis plusieurs années et ne peut plus tout jouer désormais. Certains groupes auraient changé de batteur, certains batteurs auraient arrêté. Pat est là, joue ce qu’il peut, chante. Le reste du set est assuré par Matt Starr. Mais Pat Torpey est là : « le moteur derrière Mister Big » comme le dit lui même Eric Martin pendant le concert. Une vraie force de vie qui partage avec eux chaque minute du groupe, parce que sans lui ce ne serait plus pareil. Bon sang vous en connaissez des groupes qui gèrent leur carrière internationale comme çà ? Y a beaucoup de gens qui devraient apprendre de cette leçon là… Mr Big est aussi un bon groupe parce qu’ils n’ont plus rien à prouver depuis longtemps, il y a des choses qui se ressentent et là niveau sentiment c’est assez époustouflant.

Autres moments rares le fait de voir Faster Pussycat en concert, ces mecs ont émergé à la même période que les Guns mais avec une carrière beaucoup moins reluisante, la dernière fois que j’avais écouté un de leur morceaux je devais passer mon permis (« a long time ago in a galaxy far far away » comme dirait un pote Wookie). Ba hormis le coup de vieux que çà m’a filé, çà joue putain, ! Donc tu te dis en les voyant : c’est cool on est pas cramés en fait. Même ceux qui ont eu à galérer sont dignes, pas que les mecs qui dorment dans des trois étoiles en tournée. Au milieu, the Answer a fait le job, ces mecs sont des horloges (un peu bloquée à la fin des 70’s l’horloge mais elle tourne très bien). Bref pour une fois les deux premières parties étaient bonnes à écouter et çà fait longtemps que çà m’était pas arrivé (peut être tout simplement parce que le groupe de tête d’affiche savait très bien qu’il n’avait pas à chercher un groupe qui ne le mettrai pas en danger en étant « plus fort », vu que ba ils sont pas nombreux à pouvoir regarder Gilbert et Shehann d’en haut).

Quand à la setlist et au concert en lui même ? 21 chansons traversant aussi bien le dernier album que les classiques ayant émaillé la carrière du groupe, une complicité sans faille avec les gens et cerise sur le gâteau, le public chantant pour Paul Gilbert, happy birthday monsieur Gilbert, c’était aussi un chouette moment pour çà.
 
Critique : Thomas Enault
Date : 6/11/2017
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