Live Report

EARTHLESS - MARS RED SKY - La Maroquinerie - 7/5/2019

 
Mardi 7 mai dernier les amateurs de rock psychédélique ont répondu en masse à l’appel du fuzz d’une belle affiche Below the Sun à la Maroquinerie : Earthless, et sa première partie Mars Red Sky. Dès le début de la soirée la salle était bien remplie – inenvisageable pour les fans de partir en week-end prolongé grâce aux ponts de mai si cela implique de louper les géants du stoner de passage à Paris !

Pour avoir déjà vu Mars Red Sky en 2015 au Motocultor, je savais que j’allais passer un bon moment, et effectivement je n’ai pas été déçue : j’étais curieuse voir les Bordelais en salle plutôt qu’en open air, et le son était carrément à la hauteur, hormis lors des premières minutes où la voix du chanteur, Julien, était difficilement perceptible sur un tout nouveau morceau, « Reacts ». Le public a commencé à s’agiter en reconnaissant ensuite « Apex 3 », morceau super lourd et efficace qui a bel et bien commencé à installer l’ambiance. C’est une alchimie particulière qui émane du groupe de stoner rock psyché, avec un son reconnaissable et bien à lui : batterie de Mathieu et basse de Jimmy super pesantes, en contraste très bien équilibré avec la pureté de la voix de Julien qui apporte une légèreté éthérée à l’ensemble. Entre les morceaux, issus en bonne partie du premier album et des deux derniers (un seul titre issu du deuxième album en revanche), c’est le bassiste et vocaliste Jimmy, véritable frontman du groupe, qui prend en charge les interactions avec le public : il annonce une surprise à venir, qui s’avère être une réduction sur la prochaine date à Paris du groupe, puis la nouvelle galette du trio, et ponctue le show de petites blagues ou réponses sibyllines – à un spectateur qui lui hurle « Elle est belle ta musique !!! », il rétorque « Mais la vie aussi elle est belle tu sais ». Parce que c’est ça Mars Red Sky, une musicalité imparable, un univers qui embarque totalement les spectateurs, avec en plus une petite touche de naïveté qui vient du cœur. Après 8 titres, le groupe galactique s’éclipse pour laisser la place à l’autre groupe au nom issu du cosmos de la soirée.

Setlist : Reacts (nouveau titre) / Apex 3 / Hovering Satellites / Way to Rome / Mindreader / Crazy Hearth (nouveau titre) / Collector (nouveau titre) / Marble Sky / Strong Reflection

Rappel : Light Beyond

Les Californiens de Earthless investissent rapidement la scène, et l’atmosphère se fait très rapidement beaucoup plus agitée ! Si le set de Mars Red Sky a eu un effet un peu hypnotisant sur la foule massée dans la fosse, le rock psychédélique majoritairement instrumental du trio de San Diego électrise les troupes ! Les pogos ne se font pas attendre, et ils sont vite tellement brutaux que je suis obligée de trouver une place un peu plus loin après quelques morceaux, afin d’éviter que mon appareil photo ne finisse fracassé sur l’autel du rock’n’roll – et contre un retour. Isaiah à la guitare et au chant, Mike à la basse et Mario à la batterie enchaînent les titres sans perdre de temps en salamalecs, et offrent à la Maroquinerie un set issu pour moitié du dernier album « Black Heaven », ainsi que de deux chansons tirées de l’album « From the Ages » et de deux reprises (aucun titre de « Rhythms from a Cosmic Sky » à mon grand regret). Les solos de guitare survoltés et les passages mélodiques sont alternés avec une grande technicité, la batterie est sans répit, pendant qu’il pleut de la bière et de la sueur dans la salle… Malheureusement j’ai eu un peu de mal à vivre pleinement le concert tant la frénésie est parfois un peu trop poussée pour moi : j’aurais aimé profiter de certains passages instrumentaux les yeux fermés, envoûtée par le son, mais dans la furie générale des pogoteurs et slammeurs impossible à moins de vouloir risquer de se faire assommer, du coup l’atmosphère de ring stoner menée par pas mal de spectateurs aux regards bien lointains m’a un peu sortie de la musique par moments. Mais pour une bonne partie du public ce soir-là, le défouloir semblait total, le nombre de visages extatiques ne laissait pas trop de doute quant au plaisir communiqué à la salle par Earthless. Il faut dire qu’avec des reprises emblématiques, le succès était assuré : « Communication Breakdown » de Led Zeppelin dans le set principal, puis le tube planétaire « Purple Haze » de Jimi Hendrix en guise de deuxième rappel afin d’achever les derniers survivants, après un premier rappel déjà bien pêchu constitué de « Volt Rush ». Le groupe laisse les spectateurs pantelants et sonnés après un tel déluge de virtuosité, d’arrangements et d’intensité. Encore une date mémorable organisée par Below the Sun !

Setlist : Uluru Rock / Black Heaven / Electric Flame / Gifted by the Wind / Violence of the Red Sea / Communication Breakdown (reprise de Led Zeppelin)

Rappel : Volt Rush / Purple Haze (reprise de Jimi Hendrix)
 
Critique : Elise Diederich
Date : 7/5/2019
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