Chronique

MELY - PORTRAIT OF PORCELAIN DOLL / Nightmare record 2009

Poursuivons dans notre semaine découverte avec aujourd’hui Mely (le cousin de Melo, je sais elle est pourrie), un groupe Gothique qui nous vient d’Autriche et qui nous présente son déjà quatrième album.

Départ a cappella pour « Of doubts and fears », puis dans une ambiance calme romantico-gothique, qui nous fait découvrir l’univers du groupe, et qui heureusement s’énerve bien plus en suite. Du lourd et puissant assez malsain qui est fort plaisant. Un contraste entre puissance sauvage et poésie qui peut faire penser à Entwine. Un début bien accueillant qui plaira aux fans du style voire même aux simples amateurs car le groupe ne pousse pas trop sur les stigmates. « Grown for doom » est d’une mélancolie digne de son style. Une ballade poignante qui sent bon les cimetières. Plus sérieusement il n’y a aucune lueur d’espoir tant tout est si sombre et triste qu’il faut presque un avis médical pour éviter tout suicide !
« Bricks against porcelain dolls » se veut plus lugubre, utilisant des intonations bien lourdes.
Un autre moment d’une intense mélancolie qui en ce jour de pluie est quasi flippant. Une chose de sûre, ce n’est pas du sous gothique d’ado en manque de sensations fortes. Intro calme guitare sèche et voix, qui me rappelle Marilyn Manson (album Hollywood), pour ce « Don’t make the sleeping dog ». La voix de Andreas Mataln, ressemble presque à celle de feu Layne Staley (Alice in chains), et ce court moment reste d’une très forte intensité.
Si vous vous attendez à un peu de réconfort je vous le dis d’emblé il n’y en a pas un seul ! La ballade « Hell low » vous prend aux tripes, et vous déchire de l’intérieur. Malgré son passage plus rythmé, rien ne vient vous sauver de cette sensation de sombre absolu qui vous envahit au plus profond de vous : Ouf, dur, dur ! « It is cold without shoes » malgré son doux piano est presque un titre rythmé. Un ensemble énervé et planant (oui mais pas psychédélique !!) fort réussit, qui vous enfonce encore un peu plus vers la dépression. On peut dire que le groupe ne lésine pas sur les ambiances.
« Maybe yesterday » est peut être l’apothéose. Juste guitare / chant, vous vous sentez portés dans des lieux étranges où plus rien ne brille. Seul le noir, le vide et le désespoir vous accompagnent, et le pire c’est que vous aimez ça. Oui le summum du dark, vicéral et attachant, terriblement déstabilisant. Parti au-delà de l’espoir lui-même, dans une contrée bien paisible « Sweet six feet » devient presque un rayon de soleil. Un titre plus speed, qui nous redonne quelques marques enjouées sur les lèvres. Mais tout ça ne dure qu’un temps, bien trop court pour vous rappelez le goût de la vie.
On termine notre plongée en enfer par un « My addiction » qui représente bien l’état d’esprit dans lequel on est. Une dernière ballade acoustique post nucléaire, où une nouvelle fois l’apparenté à Manson est probante. Une dernière pièce tout aussi émouvante que les autres qui nous rappelle à quel point la mort est proche. Tout simplement irrésistible.

Conclusion : voilà une très belle découverte à ne pas mettre entre toutes les mains. Un album de désespoir total, mais si sublime, où quand l’art sombre et mélancolique tutoie la beauté et s’y confond. 40 minutes de tristesse addictive sans répit !!
 
Critique : Guillaume
Note : 8.5/10
Site du groupe : Site officiel de Mely
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