Chronique

BLUT AUS NORD - MEMORIA VETUSTA II : DIALOGUE WITH STARS / Candlelight Records 2009

Mesdames et messieurs, bien le bonjour. Miracle, notre tour du monde des gens qui envoient les watts s’arrêtent enfin chez nous. Le pays des grenouilles. Un retour aux sources pour notre combo français BLUT AUS NORD. Des anciens de la scène black. Descendants directs d’EMPEROR et tutti quanti. Issu de la tendance, fut-un temps, qui était de monter son projet tout seul. AKHENATON (pas le rappeur !!), OXYPLEGATZ et plein d’autres groupes s’adonnaient à ce style début et mi 1990. Vindsval est donc le pilier fondateur de ce groupe mythique du courant black français. Cet opus est par conséquent le 10ème de la lignée, MEMORIA VETUSTA II : DIALOGUE WITH STARS.

Rien qu’à la durée des morceaux, on voit qu’on est dans cette ancienne école de black avec des morceaux à rallonge où les idées s’enchaînent, toutes aussi morbides les unes que les autres. Ont-ils continué sur leur lancée avant-gardiste, atmosphérique ? A voir.
BLUT AUS NORD a toujours été réputé pour ses textes philosophiques, limite métaphysiques. Les titres (toujours commentés par une parenthèse les accompagnant) prouvent encore leur envie de créer des paroles fines, argumentées, tout à leur honneur.

En avant la musique. Une intro : ACCEPTANCE.
Et on y va. DISCIPLE’S LIBRATION. Le son. Plus old school que old school ben ca doit sonner à peu près ca. Vieux son de derrière les fagots, qu’on croirait enregistrer dans un WC. Mais, une fois le son acquis, on apprécie pleinement ce qui arrive. Du black à la fois roots, à la foi atmosphérique, à la foi sur les rails des mélodies blacks, à la foi en marge et une outro acoustique de toute beauté. On voit la patte d’anciens qui savent ce qu’ils font.
THE COSMIC ECHOES OF NON-MATTERS est un exemple d’ambiances atmosphériques profondes. L’agressivité n’en reste pas moins présente mais le côté « magique » prend le dessus, une réussite.
AH ! Un interlude acoustique. TRANSLUCENT BODY OF AIR. Une guitare son clair et une nappe de synthé qui vous transporte bien au-delà d’un simple album de black.
THE FORMLESS SPHERE nous réveille d’un coup mais reste dans l’esprit lancé par l’acoustique. Les phrasés de guitare sont très riches (malgré UNE SEULE guitare). Les nappes de synthé sont cristallines et nous régalement voire même nous charment. Un passage harmonique mineur vient enrichir et la, on réalise leur non-pudeur tant les passages sont utilisés en longueur. Et ca n’en renforce que plus le côté atmosphérique de leur musique.
THE MEDITANT nous transporte ensuite vers des contrées plus épiques avec des phrasés de guitare et des solos toujours aussi splendides. Avec une immense simplicité, mais des mélodies magnifiques et poignantes. Ce morceau est une grande réussite. Des ambiances magistrales, un passage acoustique sublime vient renforcer le morceau et l’outro également acoustique suit cette ligne de conduite. Sans compter les ambiances et les notes qui trainent pour rajouter au côté plaintif.
THE ALCOVE OF ANGELS reste un morceau bien plus roots sur sa globalité. Même si la mélodie pré-finish et, une fois de plus, l’outro acoustique rajoute au charme ambiant. Le morceau reste du black « à l’ancienne » sur deux bon tiers du morceau. Un brin en dessous du niveau de l’album ? à mes yeux.
ANTITHESIS OF THE FLESH revient avec une influence quasi heavy sur tout le ventre mou du morceau. Des mélodies enchanteresses et des ambiances subtiles. Un moment de plaisir.
ELEVATION sera-t-il à la hauteur du programme de son titre ? Le début le confirme. C’est magnifique. Des bents langoureux qui trainent, qui râlent. Une instrumentale de haute voltige (voila, pour l’élévation, c’est réglé). Et un fading out qui nous clôt cet album en beauté, en douceur.
En conclusion, un énorme travail sur les ambiances. Désolé si, durant la chronique, j’ai occulté la basse et la batterie mais l’ensemble est réellement bien interprété et, la guitare étant vraiment mise en avant, je n’ai pas senti le besoin d’en parler. Cet album est vraiment bien construit,. Le travail de composition est important. Les morceaux riches et très fluctuants. Le son heurte toujours un peu au début (c’est mon cas). Mais une fois adapté, on capte toute la richesse des phrasés, des variations de mélodies comme de rythmes. Un très bon album de black, voire excellent et, surtout, un retour sporadique aux racines black roots de leurs premières années pour nos frenchy. COCORICO !
 
Critique : Burno
Note : 7.5/10
Site du groupe : Site officiel du groupe
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