Chronique

DIE FUNKHAUSGRUPPE - MONO-POLY / SPV 2011

Il serait bien simpliste de croire qu’être chroniqueur est une chose facile. Savoir aller au-delà des premières impressions, de nos propres goûts et faire bien évidemment des recherches sur l’artiste pour dispenser une critique plus ou moins objective. Quelquefois, on peut tomber sur de pures trouvailles… d’autres fois, non mais qu’importe. Le but premier étant de faire vivre la scène metal, à la publication, l’objectif est atteint. Je suis sure que vous croyez encore que cet exercice de style où le rédacteur joue avec les mots reste facile. Il m’est arrivé de le croire également. Force est de constater qu’il existe des groupes pour lesquels délivrer un jugement s’avère périlleux, très périlleux même.

Ce fut le cas pour DIE FUNKHAUSGRUPPE représentait par un collectif dans lequel douze membres sont issus de quatre groupes allemands (WELLE:ERDBALL, SONNENBRANDT, DIE PERLEN et HERTZINFARKT), peut être en aurez-vous déjà entendu parler. Leur premier album se prénomme Mono-Poly, leur musique est délirante et dégage beaucoup de bonne humeur, c’est très communicatif.

Je vous avouerais que d’un point de vue personnel, le choix de la langue germanique est un point négatif. Alors bien sur, il ne s’agit pas de crier au sacrilège dès qu’un groupe choisit sa langue natale, bien au contraire. Seulement j’ai un mal fou à m’habituer à l’intensité de l’accent.

Disponible depuis le mois de juin via le label SPV, Mono-Poly débute par le très énergique Stadtflucht, un titre rock’n’roll qui a un air de famille avec les tubes de Plastic Bertrand. Les rythmiques n’ont de cesse de se répéter au point d’en devenir exaspérantes et quand vient le morceau suivant, on souffle. Die Physiker prend la relève conservant le même dynamisme et appuie sensiblement le penchant électro. Si l’envie vous pousse à aller plus loin avec DIE FUNKHAUSGRUPPE, l’album contient la vidéo de ce morceau.

La voix à l’intonation métallique sur Eine Maschine will ich sein me rappelle le travail qu’avait fait SUP (groupe français) sur un album que j'avais eus la chance d'écouter. DIE FUNKHAUSGRUPPE distille avec talent des notes de synthétiseurs à tendance pop. Les connaisseurs auront reconnu sans mal l’influence évidente de WELLE:ERDBALL sur Space Odyssee qui transparait également sur d’autres pistes. La batterie fait son office et donne le tempo tandis que la guitare est quasiment effacée. Le titre éponyme n’offre rien de plus. Der Computer Nr. 3 serait une très bonne chanson, si elle ne serait pas trop ‘gnangnan’ sur son refrain.

En revanche, j’ai une nette préférence pour les derniers morceaux de l’album. Liebeskrieg, Tanzpalast offrent beaucoup plus de nuances tant au niveau vocal qu’au niveau instrumental, ils prennent des risques. C’est appréciable, peut être un brin tardif.

Et le dernier morceau est sublime. J’ai lu une critique allemande où Fernweh est décrite ainsi « c'est la chanson où toutes les personnes sont sur scène avant que le rideau tombe ».

CONCLUSION //Démarche très audacieuse de proposer un album d’électro pop, une chronique à paraître sur un webzine de metal. Espérons leur, le succès auquel ils méritent. A ce qu’on dit, l’union, fait la force…

 
Critique : Alisia
Note : 6/10
Site du groupe : Site Officiel
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