Chronique

JUDAS PRIEST - ANGEL OF RETRIBUTION / EPIC SONY 2005

He’s back!! 15 ans après voici le grand retour de Judas Priest avec Rob Halford. Un très long moment qui ne s’est pas passé sans activités : 2 albums (Jugulator & Demolition) + 2 live pour Priest, et 2 albums avec Fight, 1 avec Two et 2 avec Halford + 1 live pour l’ami Rob. Donc que va-t-il bien pouvoir se passer avec cette réunion. A noter que j’ai réellement adoré Priest avec Tim ‘rippers’ Owen ainsi que Fight et Halford.
Ma 1ere peur que je vous avoue est : qu’est ce qu’il vont bien pouvoir s’apporter l’un l’autre. Et la 2eme est : est ce qu’ils ne vont pas régresser ?
Maintenant que vous savez tout je vais vous dévoiler cette offrande attendue depuis trop longtemps. C’est « Judas rising » qui ouvre les hostilités : un mid tempo puissant qui pète bien, mais là c’est le hic. Ma seconde peur est confirmée : Judas a à mon avis régressé aux vues du ‘Demolition’. On dirait que l’on replonge 20 ans en arrière (un peu comme si rien ne s’était passé : dommage). Rob fait plaisir même si la douloureuse impression que l’âge commence à se faire sentir me vient à l’esprit. Un début mitiger à suivre. « Deal with devil » me rassure. Un très bon titre heavy bien rythmé ; du très grand Priest. Rob retrouve ses aigus même s’ils ne sont pas majoritaires (fait que l’on retrouve tout le long de l’album) et la paire Downing/ Tipton fonctionne à merveille. Un très bon point.
Intro distordue à la basse exécutée par Ian Hill pour le single « revolution ». Un mid tempo étrange très hard. Un titre qui me rappelle aussi bien le Priest des 70’ que du Queen voir Led Zeppelin tant les vocaux de Rob se rapprochent d’un Robert Plant. Etrange mais pas forcement désagréable.
« Worth fighting for » débute sur une guitare très AC/DC puis, arrive la voix posée comme jamais. Une voix sans forcer et très jolie pour un titre plutôt mid tempo calme. Une bizarrerie de plus qui se laisse contempler. Perso moi j’aime bien.
Attention : si depuis le début Judas Priest a montré des signes de (fatigue ?) ‘faiblesse’ là ça va être autre chose : riff qui tue, ambiance 100% heavy pour « demonizer ». Du pur Priest très bien aidé par un Rob Halford sauvage comme on l’aime. Un must qui arrache tout, digne successeur des meilleurs titres de ‘Painkiller’. La batterie de Scott Travis nous assomme à grand coup de double grosse caisse, le solo est dantesque un future Hymne !
« Wheels of fire » commence par un pur riff heavy, et Rob nous étonne à chanter avec une voix peu commune. Un bien bon titre qui me rappelle une nouvelle fois les titres des ‘Stained class’ ou ‘Killing machine’. A croire que c’est plus la nostalgie qui les a réuni que l’envie d’aller de l’avant. La ballade « angel » confirme mon sentiment : elle me rappelle la déjà très jolie ‘before the dawn’ (Killing machine). Un très joli morceau qui est chanté d’une voix de maître, car on ne la pas dit souvent mais Rob Halford sait très bien chanter les ballades. Un très bon choix malgré ce que certains diront. Au moins cela change un peu : merci.
Aller le heavy reprend ses droits avec « hellrider ». Une intro qui monte en puissance puis de nouveau le riff qui tue. Un titre proche du ‘metal meltdown ‘ ( painkiller ) Rob est énorme : enfin l’on retrouve cette voix unique, tranchante comme au plus beau jour. Il distille ses vocalismes avec une maîtrise parfaite. Là il n’est plus question d’age. Au niveau musique encore, du pur Priest dévastateur. Un autre must à se mettre dans les oreilles, un véritable plaisir accentué par un combat de guitares comme à la grande époque ; sûrement le meilleur titre de l’album.
Nouvelle bizarrerie avec « eulogie » une sorte de ballade sans réelle structure. Jouer à la guitare sèche avec la participation d’un piano et d’une nappe de synthé réalisée par Don Airey (Deep Purple). Ce titre étrange est bien sympa, calme et ambiant avec un Rob émouvant comme dans ‘angel’. Un titre que l’on peut se demander ce qui fout là mais il nous prépare en quelque sorte à la master piece de ce Angel of Retribution : « Lochness » 13’29 de pur bonheur. Une intro calme mais étrange, puis les guitares seules nous plongent dans un monde sombre et lugubre entre Priest et Black Sabbath, d’ailleurs le riff aurait bien plus à Tony Iommi.
Lourd et très heavy elle laisse entrevoir un Rob à la voix rampante, qui se transforme en monté dans les aigues puis aérienne dans un des plus beaux refrains du monde (rien que ça).Ce Lochness a mis 30 ans à être accouché mais il n’est pas pré d’être oublié de si tôt. La partie solo est réellement magique, le break calme envoûtant puis on repart avec ce riff puis ce refrain éblouissant. Jamais je n’aurais pensé le groupe capable d’un tel titre. Le titre de la carrière du prêtre.

Conclusion : malgré tout je reste sur ma faim, peut être en entendais je trop de ce nouvel album, en tout cas il ravira les fans (et c’est déjà très bien) consolera les amateurs de heavy métal mais risque de décevoir les plus pointilleux.
Bon c’est vrai qu’a 50 ans passé les choses sont plus dures (d’autres plus moles) mais il faut reconnaître un certain mérite pour ces dieux du heavy métal. Aller après tout il y a pire !!
 
Critique : Guillaume
Note : 8/10
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