Chronique

SONATA ARCTICA - PARIAH'S CHILD / Nuclear Blast 2014

C'est en écoutant les premières notes de ce nouvel opus des Finlandais que je me rends compte que je suis complètement passé à côté de leur précédent album, à savoir Stones Grow Her Name. Et, effectivement, un lointain souvenir des clips « I have a right » et « Shitload of money » me revient subrepticement en mémoire.
Il faut dire que votre serviteur est fan inconditionnel de leur premier album Ecliptica, et que depuis, on ne peut pas dire que la qualité fut crescendo.
C'est donc avec une oreille à la fois nostalgique et exigeante que je découvre ce Pariah's Child, placé sous le signe d'un certain "retour aux sources", dixit Tony Kakko.

Effectivement, à en juger par la couverture de cet album, plusieurs éléments prêtent à la déduction facile d’un come-back aux premières (meilleures) heures du combo : retour de l’ancien logo (NdSS : abandonné depuis Unia), la forêt, la neige et les apparitions d’un loup et d’un corbeau (« Wolf and raven part. II » ?).
Mais que nenni ! Comme expliqué dans son interview (disponible sur votre webzine préféré), ce retour aux sources est un bien grand mot, un bien grande promesse. Il n’en demeure pas moins que Tony aura éveillé la curiosité d’un bon nombre de ses fans. Alors qu’en est-il vraiment ? La réponse ci-dessous.


On démarre donc ce Pariah’s Child par un grognement de loup. Décidément, le groupe veut nous titiller dès les premières secondes ! Bon, il faut dire que le titre s’y prête, en effet, « The wolves die young » ne peut duper son monde. Comme pour présenter Pasi au public (et pour faire taire les ironiques qui se sont rendus compte que Sonata Arctica possédait un bassiste quand Marko a quitté le groupe), ce dernier claque sa basse au bout de 20 secondes. Nous avons là un morceau à la fois mélodique et speed, au refrain facilement mémorisable et entraînant. Bref, nous sommes en terrain connu et ce n’est pas si déplaisant que cela. On enchaîne avec « Running lights » qui ne devait pas figurer sur cet album. En effet, ce titre, prévu comme bonus japonais, a finalement eu les faveurs unanimes des musiciens et se retrouve ainsi en deuxième position ; comme pour enfoncer le clou et confirmer que le groupe sait toujours proposer des titres speeds et accrocheurs. Nous ne sommes pas encore aux niveaux d’un « Wolf and raven » ou d’un « Don’t say a word », mais le titre est plutôt agréable à l’écoute. Suit un autre morceau qui n’aurait pas dû se trouver sur ce Pariah’s Child, à savoir « Take one breath ». C’est certainement une des raisons pour lesquelles ce titre dénote un peu du reste (ou en tout cas des deux premiers morceaux), car il était prévu pour paraître sur un éventuel album solo de Tony Kakko. Les rythmes sont très variés et on passe de parties très douces au piano à un chant hargneux de Tony. L’ombre d’Unia plane sur cet extrait.

Deuxième single de l’album (NdSS : après « The wolves die young »), et à l’instar du premier, « Cloud factory » possède une mélodie très entraînante, voire même dansante ou « enfantine » ; alors que son thème n’est pas des plus joyeux (NdSS : des enfants restent coincés dans une usine complètement isolés du monde). On reste dans une ambiance plus dark, cette fois-ci au niveau de la musique, avec « Blood ». Très bonne surprise pour votre serviteur, ce titre est un mid-tempo comme sait si bien les écrire M. Kakko. En effet, bien plus que sur les titres speed, c’est vraiment sur les morceaux un peu plus lents et sur lesquels les histoires sont bien plus mises en avant que tout le talent de composition de Tony se ressent. Tels « Replica » ou « The end of this chapter », la tension est crescendo et la rythmique est tantôt enlevée tantôt mélancolique. Très bon titre.
Semblant s’enchaîner directement, « What did you do in the war, Dad ? » prend le relais de très belle manière. Toujours dans l’esprit d’un « Replica », ce morceau est à la fois doux, énergique et émouvant. Encore une fois le chanteur met dans le mille. Qu’on se le dise, Tony est vraiment un put*** de compositeur ! Alors qu’on paraissait être en terrain connu, voilà que déboule « Half a marathon man » ! Une intro très lancinante et, de nouveau, la basse de Pasi se fait entendre suivie du chant énervé de Tony, ouvrant ainsi un morceau très typé rock n’ roll. Energique à souhait, et à défaut de vous faire headbanguer, ce dernier vous fera assurément taper du pied ! Un titre assez inhabituel pour le combo, mais assez fun au demeurant.
Mais mon petit doigt me dit que ce ne sera pas la seule bizarrerie de cet album…

Tiens donc, mais est-ce que ce « X marks the spot » ne serait-il pas justement ce deuxième OVNI par hasard ? Et dès les premières secondes, nous nous en rendons compte. Tony partage le titre avec un narrateur (Jaakko Koskinen, cf. interview). Bien barré, il sera soit détesté soit adoré par le public, mais dans tous les cas, il ne laissera personne indifférent. Il s’agit en fait là, de leur « Lavatory love machine » (NdSS : titre humoristique figurant sur l’album Hellfire Club d’Edguy). Nous revenons aux basiques avec la ballade « Love ». Ni transcendante ni nulle, ce titre parait justement peut-être trop classique dans cet opus, qui plus est coincé entre deux morceaux complètement barrés et un imposant titre de presque dix minutes. C’est donc à « Larger than life » que vient la lourde tâche de clôturer ce Pariah’s Child. Le groupe n’a peur de rien et nous propose son deuxième morceau le plus long de toute sa discographie (NdSS : le premier étant « The power of one » de Silence avec plus de onze minutes). Plusieurs rythmiques, plusieurs ambiances et un côté très théâtral qui n’a rien à envier à un Tuomas Holopainen (Nightwish). Preuve une nouvelle fois que Tony Kakko est un des meilleurs compositeurs de sa génération. Couillu mais réussi.


Conclusion : Plus qu’un retour aux sources, nous avons plutôt là la continuité de l’album Reckoning Night. En effet, les incursions prog, sympho et rock des trois précédents opus (NdSS : Unia, The Days Of Grays et Stones Grow Her Name) ont été bien digérées et déversées avec parcimonie dans cet album, qui semble, forcément, plus homogène que lesdits cds. Pas parfait, mais encore moins inintéressant, Pariah’s Child mérite que l’on s’y attarde. Que l’on soit fan inconditionnel ou fan nostalgique du groupe.
 
Critique : Secret Sfred
Note : 8/10
Site du groupe : Site officiel du groupe
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