Chronique

VISE VERSA - LIVING A LIE / Send the wood - Season of mist 2015

Voici un projet plutôt atypique. A l'origine de cette recette, il y a la voix du canadien Jon Howard (Threat Signal, Arkaea) ainsi qu'un frenchy à la gratte en la personne d'Eddy Chaumulot (ex-T.A.N.K). Ajoutons ensuite un autre duo de français avec Audrey Henry (Memories of a dead man) à la basse, et Franky Costanza derrière les fûts (Dagoba, Blazing war machine).

Avec tout ces barrés de l'extrême, c'est du métal alternatif qui se retrouve dans l'assiette. Et vous savez, quoi, j'AdORe çA !

Les ingrédients de base
Jon Howard et du néo

A la dégustation, on reconnaîtra les éléments clés du neo-métal et du post-grunge qui ont cartonné entre 1995-2005. Et le point d'ancrage de cette impression repose essentiellement sur la voix de Jon Howard, qui dans ce contexte force plus que jamais la comparaison avec Chester Berrington de Linkin Park. Je vous laisse vous en persuader en découvrant son interprétation solo du titre "Crawling" sur YouTube... ou alors en posant vos oreilles sur le sublime refrain de Voices.

Pour le reste, il faudra compter sur une reproduction exacte des codes : entrée en matière pendant 30sec, couplet chant clair, refrain chant éraillée (ou inversion), pont, refrain, conclusion. Teenager, bateau, déjà vu. Mais alors, pourquoi lâcher un 8/10 ?

Une nouvelle vision du métal mélodique
Comme je le disais plus haut, la sensation de neo-déjà-vu n'est qu'une impression. Il y a en réalité beaucoup de modernité dans cette musique. Tout d'abord, on entend un gros travail de sampling. C'est très inorganique, certes, mais la réussite réside la juste hauteur et la juste dose d'emploi. J'ai absolument kiffé l'intro très dubstep de Thorn in my side et les très discrets sont de clochettes qui ponctuent le refrain.

La guitare du coup ne s'embête pas d'effets à gogo et se focalise sur quelque chose de mélodique et percutant; comme des versions lentes ou simplifiée du Death mélodique (qui a dit In Flames ?! ah?moi?), ce qui pourrait aussi se comparer aux meilleures lignes guitares de Papa Roach. Le premier single Living a lie illustre bien cela et se trouve être un candidat idéal pour le single métal de l'année. Il tire peut-être son charme du refrain teenager sans rime "I never wanted to say goodbye, but this pain goes on and on so deep, I am paralyzed" qui passe bien sa race.

Une production spectaculaire
Voici un point que j'évoque rarement et qu'ici mérite d'être souligné. Et c'est très simple, la production est parfaite. Tous les instruments sont bien représentés, les voix sont multipliés pour créer des atmosphères singulières, pareils côté guitare. La basse claque, les lignes de batterie envoient du lourd. Un travail d'orfèvre d'un rare minutie.

Ensemble un peu linéaire
S'il fallait un "OUI,MAIS", c'est bien sur le caractère linéaire qui se sent dès la première écoute. Ce n'est pas que c'est monotone, c'est tout simplement qu'en ce qui me concerne j'encaisse difficilement une musique qui pendant 45 minutes, ne sort du mid-tempo que pour ralentir ou marquer des pauses. Est-ce uniquement une question de goût personnel ?

Conclusion
Living a lie est un très bon coup d'essai et s'imposera pour moi comme un des meilleurs album de l'année. Il réussit le challenge de dépoussiérer cette musique qui n'intéresse plus pour en faire une excellente oeuvre métal. Le groupe entre en phase de composition pour leur prochain album que j'attend avec impatience, avec un peu plus de tonus si possible !

Track listing
1)Voices
2)Thorn in my side
3)Killing me
4)Living a lie
5)All I've got
6)Command and conquer
7)Misery
8)Running with scissors
9)Stranger
10) Take it back
11)Why
12)Outro - Ether




 
Critique : Weska
Note : 8/10
Site du groupe : page facebook du groupe
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