Chronique

SIRENIA - THE SEVENTH LIFE PATH / Napalm Records 2015

L’habit ne fait pas le moine… Ou encore «Ne jugez pas un livre à sa couverture » ou alors un vin à son étiquette, c’est un peu ce que l’on peut penser in fine du dernier album de SIRENIA « The Seventh Life Path ».
Je m’explique. La pochette est superbe, très bel artwork, très encourageant. Mais que renferme vraiment l’album ? Suspens ! Enfin avec un line-up stable, on est en droit d’attendre un paquet bien ficelle de la part du combo.

Après une courte intro « Seti », on entre dans le vif du sujet. Il est bon de noter tout de même qu’à l’exception d’une chanson, la plupart des morceaux de l’album font au moins six minutes.
Musicalement on peut déjà dire qu’il y a une certaine richesse, les orchestrations se mêlent aux chœurs et aux riffs de façon assez fluide, le travail est très correct sans être original pour autant. C’est classique disons. Il suffit d’écouter « Serpents » ou « Sons of the North » pour se faire une idée. Un morceau sort du lot pour ma part, il s’agit d’ « Elixir », qui a un bon riff une bonne pêche, voilà un morceau qui accroche, putain c’est pas compliqué mais ça pète, même s’il s’essouffle un peu sur la fin.
De même pour le assez pêchu « Silver Eye », même s’il est un peu en dessous de « Elixir »
Mais voilà, à part ce morceau là, je trouve une certaine redondance sur l’album (certains y verront une unité, je vous l’accorde). Mais certains morceaux, loin d’être inintéressant se trouve ternis par deux (trois) choses.
Certains breaks sont trop longs et casse le rythme. Dommage, on a une bonne énergie avec le chant grunt de Morten et le break laisse retomber un poil trop la mayonnaise. Exemple sur « Sons of the North » ou encore mieux sur « Contemptuous Quietus ».
Mais certains à l’inverse sont bien réussis comme cet interlude folk sur « Earendel » ou le beau passage classique sur « Concealed Disdain ». ça ne sublime pas le morceau qui est très conventionnel mais ça a au moins le mérite de garder une bonne continuité et donc une bonne écoute.

Bon si je devais faire le point là (après le premier truc qui ternit l’album), je dirai que les compos sont assez riches avec quelques maladresses, mais les idées sont là.
Mais voilà, les deux derniers points négatifs, et pas des moindre, sont la voix de Ailyn et la production.
Qu’en est-il de la production ? Tout d’abord, les guitares sont parfois légèrement trop brouillon, ce qui tranche beaucoup trop la pureté des violons ou autres instruments classiques. Et surtout les dits instruments. Je pense qu’il on était fait à l’aide d’un logiciel avec des sons préenregistrés, et donc le rendu est froid… C’est pas envoutant ou engageant, ça sonne figé. Moi qui aime le violon je peux vous dire que là ça sonne pas joli.
Et du coup j’enchaine avec le dernier point : la voix de la miss. Oui elle maitrise, je vais pas mentir. Mais voilà c’est aussi froid. Glacial. Je ne ressens rien. Elle reste une bonne chanteuse lambda, techniquement correcte mais sans émotion, sans âme. Et honnêtement ça plombe l’album en grande partie. A tel point que l’écoute a été par moment très fastidieuse.

Donc en conclusion ? Non attention ce n’est pas catastrophique, mais l’album pêche sur certains points cruciaux susmentionnés, hors on attend un peu mieux d’un groupe pour son sixième album. Donc techniquement l’album est très correct, mais affaibli par quelques faux pas.

 
Critique : SBM
Note : 6/10
Site du groupe : Site Officiel
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