Chronique

ANTHROPIA - NON-EUCLIDEAN SPACES / Auto

L'écrivain H.P Lovecraft a laissé une empreinte indélébile dans la SF et la Fantasy, en particulier avec le mythe de Cthuhlu, divinité primordiale au visage de pieuvre qui veut assoir sa domination sur le monde. L'insignifiance de l'être humain devant les forces cosmiques a inspiré bien des chansons dans le métal, mais ce groupe niçois a décidé d'établir un concept pour sa troisième production. Un cadre idéal pour balancer un métal progressif inspiré et haut en couleurs.
Un son irréprochable
Avant tout, et bien que ce soit un sujet en apparence secondaire, la qualité de la production est exceptionnelle pour cet autoproduction. C'est même un choc tant le résultat se rapproche à celui des leader du genre. Loin du du quitch ou de l'enfantin, le décor fantastique posé par l'appui du synthé est parfaitement bien rendu et favorise l'immersion.
Des guitar heroes français !
Côté musical, la construction se rapproche d'une logique Dream Theater. Il y a beaucoup de finesse et d'élégance dans les titres grâce à un développement en douceur des différentes phases qui composent les six à neufs minutes de chaque pièce. Le charme de la guitare sèche opère souvent et se mélange parfois même aux riffs plus durs, comme une transition avec l'autre face du groupe.

Car derrière le côté gentillet des premières minutes se cachent des parties plus explosives ponctués de riffs de virtuose bien sentis dans les veines de Symphony X. La marque de fabrique d'Anthropia, elle, arrive à la fin de chaque titre comme le coup du spectacle : les solis et tous les riffs qui les entourent sont tout simplement des passages magiques. Pour toutes ces raisons, le coup de coeur est assuré sur des titres comme The melancholy of R.C et Crawling chaos. Bon, ce sont aussi parmi les plus agressifs... ok !
Chant féminin et masculin atypique
Le chant se compose quant à lui d'une ligne féminine ponctué de l'intervention de chants masculin ou de narration. La première difficulté pour l'auditeur est d'arriver à passer au dessus de l'accent franglais qu'il est plus facile de reconnaître que pour les groupes étrangers, et qui est carrément flagrant sur la voix masculine. C'est encore plus compliqué sur un morceau comme The part of them in me qui joue sur les alternances et la dissonance. Un vrai défi technique que vous finirez par apprécier à la troisième ou quatrième écoute.
La qualité des compositions et de la production rattrape de toute façon les écarts perçus dans le chant qui reste très agréable jusqu'au dernier titre Credits. En fait, mon regret est la présence d'Edu Falaschi, l'ancien chanteur d'Angra, sur l'excellent The snake Den. J'ai une dent contre nombre de groupe de Power Metal, ça doit certainement être personnel...

Conclusion : Cette courte chronique a pourtant été à écrire car je suis resté longtemps mitigé. Dans son ensemble, cela ressemble à la première fois que vous découvrez la bière... ça pique, mais c'est bon ! Et finalement, écoute après écoute Anthropia se révèle intrigant et plein de génie. Dernier exemple avec Fuoco, ce mélange de virtuosité de guitare sèche et électrique, qui fait partie des raisons pour lesquelles j'ai consommé sans modération !

Tracklisting
01 - Strange Aeons (00:55)
02 - The Melancholy Of R.C. (07:32)
03 - Silver Twilight Lodge (07:29)
04 - The Part Of Them In Me (09:45)
05 - Unknown Kadath (02:55)
06 - Seeds Of Decay (05:52)
07 - When The Stars Come Right (07:35)
08 - Crawling Chaos (06:22)
09 - The Snake Den (06:35)
10 - Lost In Time And Space (06:02)
11 - Fuoco (04:00)


 
Critique : Weska
Note : 8/10
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