Chronique

RHAPSODY (Luca Turilli\'s) - PROMETHEUS / Nuclear Blast 2015

Il existe des groupes oùle nom d’un musicien qui à leur évocation donnent immédiatement une idée musicale puissante. Si l’on évoque le nom de Luca Turilli ou encore Rhapsody, les premiers mots qui viendront à la bouche des metalheads seront « Dragons, épées, Emerald Sword ou encore metal symphonique ». Sortir de ces idéaux qui ont fait la réputation et renommé du groupe et bien sur du maestro n’est pas chose aisée, surtout quand ce dernier ce lance dans une aventure cinématique avec son nouveau ‘super groupe’ et un premier album « Ascending To Infinity » lançant un nouveau genre musical : le cinematic metal, qui avait conquis les médias, mais aussi servit de transition entre toutes les différentes formations du guitariste, à savoir Rhapsody / Luca Turilli et Dreamquest. Un mélange de tous ces styles qui donnait une bonne mise en bouche niveau attentes musicales.
Avec ce « Prometheus » et ses dix mois de production, ses 3 ans d’attentes avec le dernier album sortit, autant dire que le temps a été long et que les attentes sont assez élevées.
Niveau production, on garde la même équipe et on recommence, mais cette fois-ci on rajoute des invités (Ralf Scheepers, Dan Lucas & David Readman) pour les chœurs histoire de donner encore plus de puissance au tout.

Qui dit cinematic metal, dit intro. Dans le cas présent, cette dernière se nomme « Nova Genesis (Ad Splendorem Angeli Triumphantis) ». Lentement mais surement, elle se lance avec délicatesse, arborant notre système auditif à tâtons avant de retentir et de partir dans un univers musical mystique narré et envolé, un peu comme si nous nous apprêtions à traverser une porte des étoiles et que quelque chose de fantastique aller arriver. Cette première apparition se nomme « Il Cigno Nero » et autant vous le dire, fait partit du trio de tête de cet album niveau intensité. Piano lancé, mélodie entreprenante, l’explosion musicale se fait et nous embarque dans un voyage improbable et saisissant. Chanté en italien et mené par un Alle Conti en grande forme, ces quatre minutes sont tout simplement un moment d’évasion entre le metal, la musique classique et l’opéra, mais aussi la magie de l’imagination grâce aux sensations procurées qui il faut le dire, donnent une chaire de poule de par leur légèreté mais aussi leur côté attrayant et envolé. On notera aussi le travail au niveau du synthé, tout comme au niveau de la batterie. Un titre qui fait désormais partit des grands classiques du groupe, un peu comme « Clash of the Titans ». S’en suit le premier single de cet album, à savoir « Rosenkreuz (The Rose and the cross) » qui cette fois-ci mélange clairement les influences du Rhapsody des premiers temps de parts son ambiance, mais qui a la puissance et la dynamique des morceaux plus modernes propre à Dreamquest. Une sauce qui prend bien, boostée par des chœurs épiques, un refrain catchy et direct qui lance définitivement cet album en nous faisant comprendre que l’album a été fait et vu en grand. Avec « Anahata » c’est le cinematic metal pur et dur qui se lance. Intro chevaleresque et épique, comme une musique de film fantastique annonçant le combat final, le tout bien entendu appuyé par des chœurs et un Alle majestueux et inspiré que se soit sur les parties aériennes où sur les parties plus appuyées ; nous donnant des frissons de par sa technique. On notera aussi le travail improbable de Dominique Leurquin à la guitare, qui est revenu à un niveau incroyable suite à un accident à sa main en 2012.

Quand il s’agit de faire une power ballade majestueuse, il suffit de demander à Luca Turilli. Prenez ce « Il Tempo Degli Dei », qui en plus de son aspect joyeux, opératique et envolé, nous transporte dans un univers imaginaire, léger, où la notion de temps disparaît le temps de l’immersion dans cette bombe de metal opera, dans lequel chacun des musiciens nous la régale avec un solo ou plus à son actif histoire de laisser personne sur sa faim. Difficile de retomber dans la réalité après ce moment d’évasion intense. Ce retour se fait avec un morceau qui tient à cœur à Luca, d’autant plus avec les récentes nouvelles tombées, à savoir le décès de Sir Christopher Lee. Tout droit inspiré de la Nouvelle Zélande et du monde extraordinaire du Seigneur Des Anneaux, ce « One Ring To Rule Them All » fait inévitablement partit du trio de tête. Lancé avec un murmure façon elfique, il s’annonce telle une chevauchée fantastique et épique, clamant haut et fort son appartenance à cet univers filmographique et nous plonge immédiatement, et pour notre plus grand plaisir, dans cet univers à la Tolkien, dynamité par des chœurs grandioses, un couplet mystique et saisissant comme si les Nazguls allaient attaquer, ce juste avant de rentrer dans un pont épique et mélodique qui fait poursuivre ce morceau avec splendeur. Difficile de décrire précisément cette sensation, mais si vous êtes fans de la trilogie du Seigneur Des Anneaux et de sa bande son, vous serez tout simplement conquis.
Changement total de registre maintenant avec « Notturno ». Cette fois-ci nous souhaitons la bienvenue à Emilie Ragni (qui sera sur la prochaine tournée du groupe, ndlr), qui se lance dans un chant soprano pour un titre de musique classique de haute volée (inspiré par le Nocturnal N.1, Op.72 de F.CHOPIN) en duo avec le grand Alle Conti qui là encore nous surprend de par sa gamme vocale large et maîtrisée. Berçant, émouvant et prenant.

C’est partit pour le surprenant titre éponyme « Prometheus » et ses paroles assez simplifiées. Autant Luca nous a habitué à des paroles très travaillées mais cette fois-ci, cela sera du très simple sur le refrain. Surprenant en écoute seule, comme lors de sa présentation en temps que single, mais qui dans le contexte de l’album prend toute sa dimension et donc sa place, et enfonce le clou une fois de plus histoire de continuer à nous scotcher. Entre les orchestrations, les arrangements, les musiciens qui offrent une performance de haute volée et une production à la hauteur de la musique, autant dire qu’il n’y a pas de déception.
Nouvelle pièce de quasiment sept minutes, « King Solomon And The 72 Names Of God » revient plus dans cet univers ténébreux des derniers albums de Rhapsody Of Fire, mais cette fois-ci avec les moyens nécessaires et le temps pris pour nous offrir un titre mémorable alternant ambiance arabique et posée, et passages plus puissants où les chœurs n’y sont pas pour rien. On notera aussi la mise en avant des trois chanteurs invités, ce qui donne une profondeur supplémentaire au morceau et à son effet. Au tour du dernier morceau intégrant le trio de tête portant le nom de « Ygddrasil ». Débutant par un solo guitare dont Luca a le secret, un break et c’est une gifle que l’on se prend avec l’arrivée d’Alle au chant, appuyant cette musique grandiose (il ne faut pas se cacher) et entreprenante qui arrivée sur le refrain nous clouera le bec une fois de plus mais de manière conséquente. Un titre complet, rempli de subtilités (comme tout l’album, ndlr) et que l’on écoute encore et encore pour notre plus grand plaisir.
Pour terminer cet album, quoi de mieux qu’une pièce de 18minutes au doux nom de « Of Michael The Archangel And Lucifer’s Fall Part II : Codex Nemesis », qui se voit être divisé en cinq chapitres, qui vous vous en doutez apporte différentes ambiances et atmosphères selon l’avancée dans la chanson. Un final en apothéose, qui rappelle le final mémorable de l’album « Power of the Dragonflame ».

Conclusion : Luca Turilli arrive encore et toujours à nous surprendre, et nous offre là un album de cinematic metal de grande classe, dans lequel rien n’est à jeter ni même à améliorer. Autant l’album « Symphony Of Enchanted Lands » avait révolutionnait le metal symphonique, autant ce « Prometheus » vient de marquer l’histoire du metal avec un album qui est et sera parmi les plus grands au niveau innovation et intensité. Incontestablement une pièce majeure et obligatoire dans une discothèque metal ou cinématographique.
 
Critique : Lionel
Note : 10/10
Site du groupe : Site officiel de Rhapsody
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