Chronique

SECRET SPHERE - HEART & ANGER / Nuclear Blast 2005

Après un dernier opus de qualité mais peut-être trop ambitieux et donc bancal, les Italiens de Secret Sphere nous reviennent avec un quatrième album qui mettra d’accord tout son auditoire.
Un album assez proche de l’excellentissime « A time never come » dans l’esprit, mais dont certains éléments rappellent également le précédent « Scent of human desire ». Après un petit changement de line-up (départ de Luca Cartasegna et arrivée de Daniel Flores (ex-Mind’s Eye) à la batterie), le groupe s’est muni de son propre orchestre, le bien-nommé « Secret Symphony Orchestra », de quelques guets comme Roberto Tiranti (Labyrinth) et d’autres moins connues (Vera Quarleri, Monica Elias et Marco Mesemi) qui assurent voix féminines et choeurs.

Une instru ouvre ce « Heart & anger » de magnifique manière. Une sorte de rencontre entre Rhapsody et Tarja Turunen (Nightwish) avec un symphonie orchestrale à la fois puissante et inquiétante, le tout accentué par une voix féminine planante. Une bien belle entrée en matière que ce « Endless » . L’enchaînement avec « Where the sea ends » en est d’autant plus tonitruant. Un morceau heavy speed de haute volée avec une rythmique lourde à souhait, contrastant avec le chant haut perché de Ramon. Le refrain est également une belle surprise, entraînant et mélodique, comme d’ailleurs beaucoup d’autres sur la galette.
Le morceau suivant « First snake » donne la part belle à Antonio Agate (claviers) lui permettant de dévoiler une partie de son talent, avec un synthé envoûtant qui rappelle par moments Labyrinth, groupe représenté de manière officielle par son chanteur (Roberto Tiranti) qui nous offre un bon duel de puissance avec Ramon. « Loud and raw » est, quant à lui, et comme son nom l’indique, beaucoup plus puissant et direct. Un titre péchu qui fera assurément un carton sur scène et qui est frappé du sceau Secret Sphere par sa force et l’entrée en matière du piano d’Antonio. Ce dernier débute également « Dance with the devil » par un synthé très Européen (le groupe suédois) dans l’âme. Ce track n’est ni plus ni moins qu’un hit (téléchargeable sur le site du groupe) et ravira tous les fans d’Edguy tant il rappellera le « King of fools » des Allemands. Justement en parlant d’Allemands, le début du morceau qui suit, « Set me free » , fait penser à un autre groupe teuton dont vos Seigneurs du Metal sont également fans, à savoir Axxis. Montées en régime du rythme crescendo, solo de guitares inspiré, piano, bref un bon titre made by Secret Sphere. « I won’t say a word » semble être un mix de « More than simple emotions » et « Desire », tous deux tirés de « Scent of human desire ». Un morceau tout en douceur, rythmé par les voix de Ramon et de Vera Quarleri, ainsi que le piano quasi-omniprésent et enjôleur d’Antonio Agate.
On enchaîne avec un des meilleurs titres de l’album. « Lights on » , puissant (guitares et batterie), épique (chœurs dantesques), mélodique (refrain), rythmé (speed puis break mid tempo), bref une jouissance pure et simple. S’en suit un « Leonardo Da Vinci » qui n’a pas à rougir de passer après une telle bombe. Entraînant et intéressant du début à la fin. Le chant de Ramon est ici excellent et rappelle beaucoup par moments celui de Michael Kiske (période « Keepers of the seven keys »). S’il est bien un exercice périlleux pour un groupe de metal, c’est bien celui de la ballade. Beaucoup s’y sont risqués avec plus ou moins de réussite (Sonata Arctica pour les plus, Edguy pour les plus ou moins, Stratovarius pour les moins). Secret Sphere n’en a cure et « You still remain » prouve bien que le groupe fait partie de la première catégorie.
Déjà « The mystery of love » (« A time never come ») et « More than simple emotions » (« Scent of human desire ») étaient des œuvres de toute beauté (soli de guitares mélodico-magnifiques, refrains entêtants), mais là cela va encore plus loin avec une mélodie sublime, des chœurs travaillés et envoûtants tels Def Leppard savait les faire lors de ses années glorieuses, duo Ramon - Vera Quarleri tout en sensualité, montée en émotions crescendo. Bref, frissons en perspective. Retour à de la force brute avec un « Bad blood » tout en énergie. Très heavy rock, mais cependant toujours mélodique grâce aux synthés de mister Agate, ce morceau montre aussi la maturité du groupe qui a réussi à faire un ouvrage calibré et uni. A l’inverse par exemple d’un « Virgin street 69 » qui dénotait totalement des autres morceaux de « Scent of human desire ». Le mid tempo « No reason why » montre à son tour le degré de maîtrise atteint par le groupe. Espèce d’hybride des deux précédents albums, il traduit les meilleurs passages de chacun : grosse rythmique, chants féminins, piano et synthés alternant au rythme des couplets et du refrain, solo de gratte inspiré et novateur, chœurs énergiques. Que du bon. Dernier titre de ce « Heart & anger », « Faster than the storm » le clôture en beauté. Comme vous pouvez vous en douter par rapport au titre, le groupe termine son quatrième album par une bombe speed. Introduite et achevée par des chœurs masculins imposants et surprenants, cette chanson force le respect et ravira (tout comme l’album) les fans d’Angra, Helloween, Nightwish ou Edguy.

Conclusion :Un retour en force des Italiens de Secret Sphere qui fera plaisir à tous les inconditionnels du groupe (comme moi :p) et de heavy speed en général. Mentions spéciales à la pochette de l’album encore très soignée, au chant de Ramon parfaitement maîtrisé, aux rythmiques de folie, à la maestria et à la vista (forza Italia) d’Antonio Agate, aux chœurs et aux refrains. En espérant maintenant une concrétisation scénique de tout ce talent.
 
Critique :
Note : 10/10
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