Chronique

BABYMETAL - METAL RESISTANCE / Ear Music 2016

« Qu'est ce qu'il nous veut lui ? »

Si je prends la plume aujourd'hui c'est pour plusieurs raisons. Bon déjà pour une chronique ok, mais aussi pour défendre une culture visiblement mal comprise, la culture nippone. Et je tiens donc position maintenant pour défendre ce phénomène hué, mal compris qu'est BABY METAL.
Avec leur premier album j'étais moi-même un peu septique. Je cherche souvent des groupes de métal japonais et ceux qui correspondent à nos codes occidentaux sont peu nombreux. Honnêtement essayez « Epsilon » de BLOOD STAIN CHILD, c'est une tuerie de speed death electro, et nous pouvons nous identifier au style. Mais sinon les japonais n'ont pas les même codes, ils sont profondément encré dans leur culture.
Et la culture musicale actuelle, du moins depuis cinq ans ce sont les idols, vous savez ces filles de quinze ans qui font de la pop avec des chorégraphie assez atypique ? Et bien ce phénomène crée un fossé entre la musique populaire et les styles marginaux dont le métal fait partie.
Mais les BABY METAL réussissent à créer un pont entre ces deux univers et ça c'est une bonne avancée. Alors oui un titre comme « Gimme Chocolate » est un peu trop kawai et barré pour nous autre occidentaux. Mais si on se sort la tête de notre orifice anal on peut voir que musicalement, des titre comme « Megitsune » mélange J-pop, métal harcore electro et sonorités folklorique donc respect. De même « Ijime, Dame, Zettai » envoie aussi du lourd.

« Metal Resistance » ou le « Pays d'Galles indépendant » japonais

Nous voici donc depuis peu avec ce « Metal Resistance ». Pour ceux qui suivaient, vous avec déjà eu un avant goût l'année dernière avec « Road of Resistance » où BABY METAL s'est joint aux deux virtuoses de DRAGONFORCE, Herman Li et Sam Totman. Honnêtement ce titre est une tuerie, soli majestueux, mélodies implacables, chœurs qui passent parfaitement en live vu que tout le monde le chante à l'unisson à chaque concert !
Là maintenant je vais à la découverte du nouveau single « Karate ». Déjà sur le clip, plus sombre, on sent un changement qui se sentira tout au long de l'album : le côté kawai s'estompe. On démarre avec quelques sonorités angoissantes avant d'avoir un riff purement awesome ! Lourd à souhait, dans le genre néo métal/death mélo. Le refrain se veut plus léger avec une ligne de chant très entraînante ! Preuve que le japonais bien chanté ça passe, SU-METAL vous le prouve.
On part dans un trip pur électro métal indus déjanté avec « Awadama Fever », toujours imposant mais avec un chant radicalement plus pop et aérien, à part sur les growl du break. Qui aurait imaginé un duel vocal entre un gars qui growl et une idol de 15 ans ? PERSONNE ! « YAVA ! » suivra le côté électro mais là musicalement on est quasiment sur du ska pop rock. What the Fuck ? Ben voilà pourquoi c'est bon ! Le groupe d’affranchie des styles, et fait honneur à l'univers rock métal tout entier !
« Amore » commencera sûrement comme un générique de manga, avant d'envoyer une putain de rythmique qui ferait pâlir Herman Li ! Et oui les zikos envoient du très lourd, TOUS ! Ce morceau se rapproche de « Road of Resistance » dans l'idée. Ouais du DRAGONFORCE japonais chanté par une fille. Et putain le duo basse/guitare solo !!! Et là avec « Meta Taro » on part sur du folk avec les chœurs guerriers et un chant entraînant ! On part en vrille avec de l'electro dubstep avec un poil de djent métal. Un excellent chant très haut faisant de « From Dusk Till Dawn » un morceau plus introspectif, intimiste, mais réussi.
Martial et death mélo, les rythmiques d'intro de « GJ ! » prouve que oui BABY METAL c'est burné. Le chant est rappé sur le couplet, chanté sur le refrain, et secondé par les growl d'un des zikos. Et ça lance le morceau le plus brutal que le groupe aie sortie : « Sis. Anger ». Ce morceau est brutal, avec des putain de blast, un riff à faire pâlir « Fleshgod Apocalypse ». Quelle violence ! Et le chant clair des jeunes demoiselles tranche et ça passe bien. Personne n'avait osé, eux l'ont fait ! On calme un peu les esprits avec une très belle ballade, « No Rain, No Rainbow ». Elle n'a rien à envier à quelconque ballade rock occidentale pondue par un quelconque groupe. Piano, violon, quelques riffs soutenus, la recette est très bien ajustée !
On reprend le rythme de croisière avec un morceau plus léger et qui pourtant a plus de chant growl… « Tales of Destinies » est assez speed power, entraînant, efficace. Solo efficace, clavier psychédélique, quelle technique ! On termine avec « The One », autre extrait de la pépite. Morceau plus calme, progressif avec de belles nappes de clavier, pour au final un morceau rock assez épique, très bien pour finir l'album.

« Je pige pas un broc de c'que vous bavez »
Dois-je vraiment mettre les points sur les « i » ? Non. BABY METAL prouve qu'ils sont bien un groupe de métal. Les puristes qui vous sortent du « C'est pas du métal » ou comme j'ai pu lire « Slayer aurait pas aimé ». C'est quoi ces arguments de merde ? De 1 ceux qui disent ça n'ont JAMAIS écouté le groupe. Ils ont fait comme tout bourrin lambda : on regarde le clip, vous bloquez sur trois fillettes qui dansent et vous vous barrez. Et 2, écoutez la rythmique de « Sis Anger » et osez me dire que ça a moins de bollocks que Slayer ! Normal qu'ils n'aiment pas. Quatre gars badass moins couillus qu'un groupe de trois filles ? Ça casse l'égo !

On a la chance d'avoir avec le métal une richesse infinie ! Mon cher ami Weska a flashé sur Hacktivist et il a raison ! On va au-delà des genres et des conventions, et c'est pareil pour Van Canto, on fait différent, on choque, on interpelle, on fait de l'art !
Si on n'est pas capable de s'ouvrir et de comprendre une autre culture, un autre point de vue alors on se condamne. On se plaint toujours que « Ouais le métal est pas reconnu bla bla bla », et quand je vois comment on réagit à ce qu'on ne comprend pas, je me dis qu'on est pas si différent de ces zombies aveuglés par « The Voice » et la musique pré formatée qu'on bouffe sur NRJ.
Moi je dis donc un gros merci à BABY METAL pour cet album qui apporte un vrai vent de fraîcheur dans notre petit monde occidental, un album plus unis, mature, moins kawai et radicalement plus brutal.
 
Critique : SBM
Note : 9/10
Site du groupe : Site Officiel
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