Chronique

AVATAR - FEATHERS & FLESH / Another Century 2016

Depuis « Black Waltz », AVATAR a gagné en notoriété en s'éloignant de son death métal suédois d'origine. Les horizons musicaux s'élargissent, l'image du groupe se dessine, l'identité se renforce. Avec « Hail The Apocalypse », le groupe monte la barre d'un cran avec un métal riche et psychédélique. Ainsi ils débarquent en ce mois de mai dans une toute nouvelle dimension.

"Rompre l'os et sucer la substantifique moelle" RABELAIS

« Feathers & Flesh » est plus qu'un concept album. En effet le leader, notre cher clown malsain, Johannes Eckerström a écrit cette fable, contant l'histoire d'une chouette qui part en guerre contre son ennemi, un aigle. L'histoire tourne autour de rencontres avec d'autres protagonistes, chacun étant représenté par un animal, hommage à Jean de La Fontaine.
Chaque chanson est un chapitre ayant une morale propre mais elle s’inscrit également dans la continuité de la précédente. Avant de parler plus en détail de la musique (je vous laisserai lire l'histoire pour ne pas trop spoiler), je félicite Johannes et le groupe pour l'incroyable boulot fait sur cette œuvre.

Il était une fois…

L'album est tellement varié qu'il est difficile au début de s'y repérer. Cela dit, il y a tout de même une logique perceptible au début de l'album, là où l'on présente les protagonistes et met en place l'histoire. Cette dernière commence par la fin, ainsi « Regrets » illustre les regrets de la chouette à la fin de son voyage. Le morceau est mélancolique, court, très bien chanté par notre clown. Il monte en puissance et finalement explosera pour lancer le morceau suivant. Il sert d'intro en fait.
« House of Eternal Hunt » se lance donc sur un riff très mélodieux, rappelant Helloween. Mais en plus puissant. Honnêtement je vois ça comme une fusion de Helloween et Ensiferum pour la brutalité et le punch. Chanté en clair éraillé, on est vraiment loin du death habituel que le groupe servait.
Le deuxième clip, sorti il y a quelques jours, « The Eagle Has Landed » marque l'arrivée de l'ennemi. Ici on ressent l'esprit AVATAR, mélodie un peu folle, riff très appuyé. Le chant suit le même type mais là plus mid-tempo et rock. Mais putain Johannes passe du très clair à l'éraillé burné sans oublier le growl surpuissant. Je suis vraiment conquis par sa prestation. Le morceau s'écoute tranquillement et devient meilleur écoute après écoute. On continue un dernier morceau dans ce rock métal de haute volée avec « New Land ». Toujours plus clair que growl le morceau est poignant. Mélancolique sur le couplet et pourtant plein de rage. Elle est très perceptible à travers le chant. Là on commence à toucher à un morceau plus complexe.


« Non mais sire c'est n'importe quoi là... » Perceval de Galles

Et c'est là que la créativité maximale du groupe va débarquer. A partir de là il n'y a plus de codes ou d'étiquette. Et c'est bien !!!
Pour « Tooth, Beak & Claws » débute avec un chant fou, malsain et théâtral mais tellement bien interprété que ça en est jouissif. Le morceau est assez agressif, tout en growl avec un pti clin d’œil au theme song de Pulp Fiction. En plus le solo, technique, envoie du lourd et ce morceau va de paire avec le premier extrait « For The Swarm ». J'ai trouvé ça cool mais totalement barré à la première écoute et…. Bah c'est toujours le cas. Le morceau est court, fou, et super entraînant. Du AVATAR tout craché.
Les esprit se calmeront un peu avec une belle ballade « Fiddler's Farewell » avec toujours cette interprétation fantastique de Johannes. Ça fait du bien d'entendre quelques jolis arpèges. Surtout avant le gros morceau qu'est « One More Hill » qui sonne comme une hymne martiale. Alternant power et pur death suédois, le groupe réussi là un tour de force car mixer tout ça et en faire quelque chose d'excellent et cohérent bah chapeau ! On change encore avec un stoner blues très bien exécuté et qui monte encore une fois que le groupe n'a pas de limite. « Black Waters » et lourd, sombre, pesant.
Un poil plus guilleret malgré quelques passages brutaux, « Night Never Ending » est plus simple mais toujours excellent, elle a quelque chose d'épique. Pour « Pray The Sun Away » on met vraiment la basse et du lourd. Le morceau est très death, appuyé excessivement puissant même avec le couplet rock clair mélancolique. Pour le moment c'est le morceau le plus brutal.
« When The Snow Lies Red » est musicalement plus proche de ce que faisait sur l'album précédent. Plus simple, un bon riff, un excellent break, un chant qui met la claque. J'adore putain !! Les sonorité quasi western sur le refrain sont énormes !! Allez un peu de jazz métal pour la quasi fin. « Raven Wine » est le parfait mélange de death métal sur les couplet mais avec un break et une intro jazz. Magique. Et on termine avec pour moi une des plus belle réussite de l'album mur l'ambiance et la musicalité. « Sky Burial » reprend le thème de « Regret ». Le morceau est assez long, monte progressivement en intensité avec violons, cloches etc. Fermez les yeux pendant celle là et laissez sa mélancolie vous envahir. Faite silence et profitez.

Masterpiece !??

Ouaw !!!! Que dire après ça ? Honnêtement je sais pas trop. Le groupe est entré dans le panthéon des œuvres intemporelles qui frôlent la perfection. Que dis-je ? C'EST parfait. Une fable, un visuel, une morale, des titres variés, riches prenant et puis Johannes bluffe. Quel chanteur, quelle énergie quelle interprétation. Respect. Respect à lui, au groupe pour ce qu'ils font et que trop peu de groupes font : bouger, se renouveler, voir au-delà.
 
Critique : SBM
Note : 10/10
Site du groupe : Site Officiel
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