Chronique

GOZU - EQUILIBRIUM / Metal Blade Records 2018

GOZU revient pour son quatrième opus Equilibium, qui sortira le 13 avril prochain. Après un premier EP sorti en 2008, le combo de Boston a ensuite produit trois albums : Locust Season, sorti le 27 juin 2010, The Fury of a patient man, le 1er janvier 2013, puis Revival, le 10 juin 2016.

Avec des tendances tantôt « rock psychédélique », tantôt stoner, d’autres fois plus grunge, GOZU fait partie de ces groupes un peu spéciaux pour lesquels il est difficile d’attribuer un seul style. Si je devais vous citer un groupe dans le même genre plus ou moins, pour vous donner une petite idée de ce que c’est, je vous citerai de Queens of the Stone Age.

Avant de vous parler de l’album, je dois vous dire que les titres des chansons, qui peuvent nous paraître bien curieux, ont en fait tous une référence. Ces références étant toutes américaines, j’avoue que j’ai dû faire quelques petites recherches pour certaines d’entre elles. Je vous expliquerai chacune d’entre elles au fur et à mesure !

Intéressons-nous maintenant au contenu de cet album !

On peut dire que ça commence fort avec Ricky « The Dragon » Steamboat (catcheur américain). C’est gras, massif, du stoner pur et dur ! Tout semble se compléter, batterie, guitares, basse et chant ne font qu’un ! Je sens que ça va me plaire. D’ailleurs, vous voulez un petit aperçu ? Pour nous faire sagement patienter jusqu’au 13 avril, le groupe a déjà mis en ligne le clip de ce premier morceau. Le titre The People vs Mr. T (je pense qu’il est inutile de préciser qui est Mr. T.) est peut-être moins dynamique que le premier mais ne vous y trompez pas, il est tout aussi lourd. Ce petit côté « psychédélique » dont je vous parlais est perceptible dès ce deuxième morceau, agrémenté de riffs bien lourds, ce titre sera un régal pour les fans de QOTSA. Il en sera de même pour King Cobra (film biographique sorti en 2016 retraçant la vie de Brent Corrigan fondateur du label Cobra Video (label de films pornographiques gays)), basé sur les mêmes ingrédients, avec une petite touche supplémentaire : un terrible solo ! C’est totalement envoutant ! Manimal (qui est le titre d’une série tv des années 90), est quant à lui plus sombre. Les musiciens semblent s’acharner un peu plus sur leurs instruments, surtout le batteur. Et le chant à la fin du morceau est plutôt déconcertant, il donne un côté plus menaçant encore… Avec They probably know Karate (là je sèche, je n’ai pas trouvé la référence … Karate Kid peut-être ????), on retourne sur une ambiance un peu plus survoltée, énergique, mais avec des riffs et un solo d’une puissance saisissante ! Même dynamique pour Prison Elbows (bon la référence pour ce titre semble compliquée à trouver, s’agit-il d’une référence aux tatouages que les prisonniers se font sur les coudes (vous savez, la fameuse toile d’araignée, parce qu’en principe c’est ça la signification de ce tatouage, une toile d’araignée sur le coude, dans le cou ou autres, signifie que la personne qui le porte fait un séjour en prison, où s’agit-il de la fameuse prise de catch : la descente de coude qui semble-t-il se fait beaucoup entre prisonniers… je vous laisse interpréter cela comme vous le voulez). Au premier abord, ce morceau pourrait paraître plus « léger » musicalement, sauf que … au milieu de celui-ci… arrive un solo franchement énervé et … changement total d’atmosphère : ça devient pesant et se termine dans une sorte de brouhaha. C’est presque malsain ! J’avais peur que ce titre soit une déception mais en fait, il a plutôt été une belle surprise ! Mais qui est Stacy Keach ? Il s’agit d’un acteur américain de 76 ans que vous avez probablement déjà vu dans un film vue sa carrière (American History X, Machete, Jason Bourne, Sin City, etc), mais il est plus connu pour son rôle de l’inspecteur Mike Hammer dans la série TV du même nom des années 80. Après cette énième pause « culture », parlons maintenant du morceau de GOZU. On revient là sur ce côté psyché qui commençait à me manquer ! Ce groupe sait parfaitement allier ce côté et ses riffs terriblement lourds et puissants ! Puis, voici déjà le dernier titre de cet opus : Ballad of ODB (en rapport

avec Ol’Dirty Bastard peut-être, un des membres fondateurs du Wu-Tang Clan, décédé en 2004 d’une overdose). Alors oui, il s’agit bien d’une balade, de onze minutes… Je dois dire qu’elle dénote totalement du reste de l’album, elle est pleine de douceur, mais on y sent à la fois une immense mélancolie et de la douleur même. C’en est touchant et perturbant à la fois. Un magnifique morceau pour clôturer cet opus.

Conclusion : Et bien je dois dire que ce fut une sacrée surprise ! C’est puissant, lourd, gras ! Amateur (/trice) de stoner, ne loupe cet album sous aucun prétexte !!
 
Critique : Anais
Note : 9/10
Site du groupe : page Facebook du groupe
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