Chronique

BURNING WITCHES - THE WITCH OF THE NORTH / Nuclear Blast 2021

Quatrième album studio pour Burning Witches depuis 2017, avec The Witch of the North, sorti fin mai, mais également quatrième changement de line up, puisque pour cet opus c’est Larissa Ernst qui succède à Sonia « Anubis » Nusselder à la guitare, en compagnie de Romana Kalkuhl. Le quintette de heavy metal semble prêt à souffler le chaud et le froid et à nous faire voyager dans le grand nord, entre l’artwork de la pochette représentant une divinité de la nature devant des montagnes enneigées, et plusieurs titres parmi les 14 morceaux évoquant l’hiver, le Nord, les Valkyries, du givre éternel, le tout saupoudré de créatures fantastiques telles que sorcière, dame des bois et dragons. Tout un programme hivernal qui tombe finalement à pic au vu de la météo peu engageante ; avec un tout petit effort d’imagination, on s’y croirait.

Winter’s Wrath débute tout en douceur avec un air de ballade folk progressivement enrichi de chœurs, puis une petite intro mentionnant Freya entonnée par Laura Guldemond. On rentre dans le vif du sujet avec le morceau titre The Witch of the North, hymne de bataille entraînant et efficace, sans toutefois se faire remarquer par son originalité. Structure assez classique avec chœurs, refrain repris encore et encore qui fonctionne correctement, bon solo de guitare, et bruitages d’épées un peu cheap en sortie de morceau. Tainted Ritual offre une interprétation plus habitée et un rythme soutenu, comme une invocation, sur laquelle la guitare et la basse, très remarquables, sonnent carrément eighties. We stand as one monte doucement en puissance pour devenir un autre hymne de baston digne d’un générique de série télévisée millésimée à la « Xena la guerrière », avec ce qu’il faut d’intonations vénères et de refrains choraux. Le morceau est un peu redondant sur la fin et aurait selon moi mérité d’être un peu plus court. Suit Flight of the Valkyries, qui s’annonce planant et langoureux, mais la power ballad pleine de dégoulinures de guitares et de « wouhou » change vite de registre pour se muer en cavalcade enflammée, revirement déceptif intéressant ! La batterie, la guitare et la basse se font très narratives, je verrais bien ce titre figurer dans un jeu vidéo – pourquoi pas dans « Assassin’s Creed Valhalla » ?

Le sixième morceau, The Circle of Five, était sorti sur un EP du même nom fin 2020. Pour le coup les voix font vraiment sorcières et correspondent bien à une ambiance de sabbat heavy, et le refrain saccadé aux chœurs aigus est surprenant. Plusieurs changements d’ambiance au cours de ce morceau en font l’un des plus intéressants de l’album à mon sens, très riche et incarné. Les premières notes de Lady of the Woods rappellent beaucoup Black Magic sur le précédent album Dance with the Devil, d’ailleurs le chant lent et un peu maniéré n’est pas trop ma came, et ce malgré le mélange avec des sonorités un peu pagan et des chœurs lyriques, hormis quand il regagne de l’intensité pendant les refrains. Mais les trémolos des couplets me laissent totalement de marbre, voire m’irritent. Mais Thrall propose un chant beaucoup plus rocailleux et brut, contrastant avec un refrain plus mélodique. La batterie, la guitare et la basse œuvrent de concert pour maintenir un rythme effréné et un sentiment d’urgence, à la limite de la dissonance parfois, et le chant se mue même en échos éthérés. Petit interlude d’ambiance avec Omen, qui embraye sur Nine Wolrds, qui n’est pas sans évoquer Dance with the Devil… mais seulement pendant les premières secondes du titre, avant de devenir martial, rapide et aigu à la Accept, puis de moduler avec des passages plus axés ballade rock façon Doro, avant de mêler à ces influences des ambiances plus fantastiques et des bruitages monstrueux. Un sacré mélange.

On conserve la même énergie sur For Eternity, pêchu et bien exécuté mais qui sonne un peu déjà entendu, en plus d’être le titre le plus long de l’album. Dragon’s Dream sort davantage des sentiers battus avec son solo de guitare tirant vers le power, et les lead vocals et les chœurs variant

d’intensité et de ton d’une seconde à l’autre. La guitare et la basse ont presque un petit côté 8-bit sur la fin, et des bruitages narratifs se superposent au chant pour un effet assez original. Outro paisible avec Eternal Frost, avant de finir sur un bonus track, Hall of the Mountain King, tantôt dynamique et rythmé, tantôt plus ambiant, et parsemé de cris et de ricanements, outre quelques solos cosmiques.

Ce quatrième album de Burning Witches est solide, énergique, interprété par des musiciennes talentueuses, mais j’ai trouvé qu’il lui manquait un petit quelque chose par rapport à Dance with the Devil, peut-être une identité propre moins marquée, ou moins de titres très différents les uns des autres ou sortant vraiment du lot- tout en restant cependant très agréable à écouter.
 
Critique : Elise Diederich
Note : 7.5/10
Site du groupe : Page Facebook
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