Chronique

CRESCENT - CARVING THE FIRE OF AKHET / Listenable records 2021

Crescent a obtenu la renommée qu'il méritait grâce à The order of Amenti, sorti en 2018. En est témoin le calendrier bien rempli de ce groupe égyptien avant la crise sanitaire. Il faut dire que la formule de son fondateur Ismaeel Attalah est aussi efficace que simple à décrire : un blackened death metal oriental, avec des cérémonies d'embaumement et des pyramides. Il n'y a donc pas de raison de changer de cap.

Carving the fire of Akhet est plutôt un album d'ajustements. Le line-up change, le studio d'enregistrement aussi, le mixage, et même l'artwork. L'artwork, toujours un sujet important, traduit ici une certaine européanisation du groupe avec ce dessin très baroque. Sans dire que nous avons quitté le delta du Nil, une patte nordique émane du groupe qui favorise la sobriété et l'efficacité.

L'enregistrement a été effectué chez Victor « Santura » Bullock, guitariste et producteur de Dark Fortress et Triptykon, au Woodshed studio. Et pourtant, contrairement à ces références, le groupe a choisi des sonorités de guitares granuleuses, amples et grasses, pour appuyer un chant majoritairement growl. Crescent a mis l'accent sur la puissance pour un maximum d'impact en live, puisque n'importe quel prétexte est bon pour ralentir le rythme, envoyer les basses et placer un lead répétitif à la suédoise. Assez insistant sur ce mécanisme d'écriture, le groupe en fait sa signature dès l'ouverture The fire of Akhet qui joue les montagnes russes casse le rythme à répétition, jusqu'à oser couper le blast beat de l'intro avec un rituel pharaonique déroutant.

Ce titre démarre l'album sur neuf audacieuses minutes, et parvient, à l'image des autres, à ne laisser aucune sensation de répétition. Par opposition avec la chaleur lourde des riffs pachydermiques qui sillonnent l'album, Crescent joue sur la vitesse et les ponts apporter de la richesse aux compositions. Et étonnant, cela suffit. De la mélancolie sur Imprecations upon thy flame avec son leads de guitare déprimant, de la folie, sur Drowned in Theban blood avec son solo death délirant, ou encore de l'épique avec As Nu enshrines death en clôture d'album sur de la guitare claire et des cuivres, voilà qui orne de façon exhaustive ce brûlot.

Chemin faisant, il y a eu quelques sacrifices. Moins que les inspirations égyptienne qui sont présentes partout dans le riffing et dans les orchestrations, c'est la noirceur black qui s'est en partie évaporée, et avec cela une variété dans le chant. Quand on connaît the Order of Amenti, on se dit que le groupe pouvait aller plus loin.

Carving the fire of Akhet demeure un album extrêmement solide et prépare le groupe à ses retrouvailles avec le public. Ca va headbanger sévère !
 
Critique : Weska
Note : 8/10
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