Chronique

INFINITYUM - THE WAR / Heart Of Metal Prod 2022

Les Nantais d’Infinityum reviennent avec le successeur de leur deuxième album, trois ans après sa sortie. C’est fou le nombre de groupes qui avaient sorti un album en 2019 et ont attendu 2022 pour la suite… Comme beaucoup d’autres talents, le groupe aura bien fait d’attendre : maintenant au moins on peut tourner pour défendre un disque. L’autre bonne nouvelle c’est qu’entre cet effort et le précédent, ils ont littéralement pris plusieurs étages. Ne nous trompons pas, le groupe pratiquait un Pagan Metal tout à fait digne d’une bonne partie de Warhammer 40k ou de Zelda sous déluges de feu, mais justement, on savait précisément où on était et, osons-le, ça méritait d’attendre que la formule ait muri. Ici, c’est désormais le cas, le son est plus épais, plus riche, plus dense, le mix met en valeur la diversité du groupe dans un style qui permet une narrativité et une richesse de propos et, comme tout bon gamer qui se respecte, j’avoue aimer le genre, mais surtout pour ce qu’il peut réserver d’inattendu.

Alors pour ceux qui ont eu accès aux deux précédents opus du groupe, ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas perdus, même s’il y a clairement une place plus grande faite aux guitares dans le mix, l’harmonie et le sens de l’épique ne sont pas en reste, les claviers apportent juste ce qu’il faut d’ambiance pour sentir le souffle et l’ambiance d’un champ de bataille avant l’assaut. Oui bon par contre, c’est vrai que comme beaucoup de groupes qui font dans l’épique et l’inspiration guerrière, on peut présumer qu’ils ont envie de faire un procès à Sire Vladimir pour excès de publicité en 3D. Mais vu qu’il y a toujours une guerre quelque part, l’intemporalité du thème nous rappelle que oui, c’est un problème tellement humain qu’on ressent forcément quelque chose d’intense une fois que ça rentre dans une forme artistique, quelle qu’elle soit. Pour le Metal c’est presque « facile », mais justement d’autant plus dur, car oui, il ne suffit pas de marteler et faire exploser des trucs. Et la musique d’Infinityum est pour le coup extrêmement bien réfléchie. C’est cérébral tout en restant intense, et ils ne tombent pas dans la facilité qu’on peut entendre hélas un peu trop souvent dans le Power Metal (pour ne pas citer de nom en S ou M, les intéressés reconnaitront les slips à clous qui les insupportent le plus). En fait, Infinityum ne fait pas « que » dans le Pagan Metal épique et c’est vraiment leur force. Le langage artistique est riche et tout est au rendez-vous pour servir un propos qui, certes n’est pas nouveau, mais auquel ils apportent une vraie fraicheur combative. Musiciens et stratèges, les Nantais proposent ici un album que certains collègues appelleraient « de la maturité » et que je me permettrais plutôt de définir comme d’une arme redoutable pour prendre la route et convaincre en live.

Si vous aimez les armures, les levers de soleil brumeux sur une lande désolée, les assauts épiques, ou tout simplement le Metal extrême qui a des tripes et un cerveau à égalité, jetez une oreille, vous aurez juste envie d’y laisser les deux.
 
Critique : Thomas Enault
Note : 8/10
Site du groupe : Page Facebook du groupe
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