Chronique

ZEELION - STEEL ATTACK / Lion Music 2006

Six ans ! Putain six ans ! Il aura fallu attendre - combien déjà ? – ah oui, six ans pour voir apparaître le deuxième ( ! ) album des Suédois de Zeelion. Leur premier et éponyme opus date en effet de 2000. Malheureusement, ce délai entre les deux albums ne met pas à l’ordre du jour une certaine originalité que l’on se doit, naturellement, d’attendre. Tout ça pour ça me direz-vous ? Quasiment. Cependant, il n’en demeure pas moins que cet album n’est pas non plus mauvais. Explications…

Musicalement, le groupe officie d’un registre mélodique, à la fois metal et rock. Le tout fait parfois penser à leur compatriote Yngwie Malmsteen, Symphony X ou Iron Fire. Le groupe est composé de cinq membres, à savoir Lenny de Rose au chant, Sudden à la guitare, Fredo à la batterie, M. Olzon (rien à voir avec la petite maison dans la prairie :P) au synthé et Jonathan Oke à la basse.
Le premier morceau de cet album est intitulé « I Burn ». Speed mélodique et entraînant, c’est un bon titre d’ouverture. Le refrain est repris en choeurs et le rythme est assez accéléré grâce aux synthés et à la gratte virevoltants, les soli passent très bien. Le chant de Lenny est medium, ni trop haut ni trop bas et convient très bon au style du groupe. Lenny que l’on pourrait qualifier, comme “autrefois”, de chanteur de true metal. On enchaîne avec « I Remember ». Encore un morceau bien vif et joyeux. Le refrain est super efficace et le “I remember” repris trois fois par Lenny mais à chaque fois sur une note plus élevée que la précédente sonne parfaitement. Bonne chanson de live en perspective. La (les) gratte(s) est encore une fois, et tout au long de cet opus d’ailleurs, bien mise en avant et est vraiment un bon point de ce “Steel Attack”. « Steel Attack », justement, est le titre suivant. Un démarrage à la batterie très Helloweenien et un rythme soutenu du début à la fin. Dommage que le refrain reprenne la même structure que la chanson précédente, à savoir la même phrase reprise plusieurs fois mais à des tonalités différentes. Heureusement, un magnifique solo de gratte (je vous avais avertis !) éclaire ce morceau.
Une intro lente, voire presque sombre, des vocalises orientales, voici le début de « Shadows ». Un mid-tempo toujours très mélodique, sympa, les riffs de Sudden sont plus lourds ce qui confère une impression d’oppression mélodique. L’éclaircie viendra une nouvelle fois du solo de guitare plus aérien et qui contraste complètement avec l’ambiance générale du morceau. Ca change et ça fait du bien. « King Of All Kings », par contre, est un morceau un peu trop “facile”. Le chant de Lenny est très bon, surtout sur les passages calmes, mais l’ensemble n’est guère original et le refrain pourrait même “gonfler” certains, car pour ma part, je n’ai pas trop accroché à la voix nasillarde de Lenny. Le track suivant se nomme « Kingdom Of Dreams » et l’on entend enfin de nouveau le synthé de M. Olzon. L’intro est d’ailleurs très sympathique, tout comme le refrain ulra mélodique. Bien évidemment, Sudden prend sa part de mise en lumière avec un solo très Rhapsodien alterné avec un solo de claviers également bien senti.
« Stars Of Avalon » commence par un riff très énergique et lourd, un peu à la Kamelot. La basse de Jonathan Oke et Lenny prennent le relai, suivi de Sudden, belle mise en place. Et quand tous sont réunis, ça dépote grave. Dommage que le groupe n’est pas voulu accentuer le côté lourd de ce morceau, privilégiant les parties vocales quasi-accapela de Lenny. Le solo très enlevé de Sudden (même nationalité que M. Malmsteen je le répète) contraste bien avec la lourde rythmique. Mais cette chanson semble vraiment avoir le cul entre deux chaises. Et c’est là qu’on se dit que le groupe a du potentiel, mais tellement sous-exploité. Dommage... M. Olzon est de nouveau de retour au premier plan pour ce « Black Hearted Woman ». On reprend les mêmes éléments que pour le début d’album, à savoir un rythme soutenu, rapide, parfois heavy, une mélodie toujours présente, particulièrement sur le refrain repris en choeurs, un solo de gratte inspiré et léger, un chant bien maîrisé. Seul bémol, le synthé qui disparait petit à petit du morceau. A moins que le groupe ait fait exprès d’éviter ou plutôt de limiter les duels claviers/guitares, pour ne pas tomber dans du plagiat de Stratovarius ou Sonata Arctica. Bizarre... Avant dernier morceau de cette galette « Into The Twilight » est un track de happy-speed, d’ailleurs la mélodie semble déjà connue dès la première écoute. Bref, l’efficacité est de mise et cela fait mouche, que ce soit pour le refrain voire même sur les parties solistes. On termine ce sympathique “Steel Attack” par « Wind Of Time », qui se veut être la ballade de l’album. D’ordinaire, je ne suis pas fan de ce type de chanson en fin d’album, hors exception bien sûr (« Dust To Dust » d’Heavenly). Que dire de celle-ci ? Mouais pourquoi pas... Sans plus quoi, comme je m’en doutais.

Conclusion : Comme dit en intro cet album n’est pas mauvais, j’en veux pour preuve la bonne prestation de Lenny au chant, les superbes soli de Sudden et également les brèves mais jolies incursions de M. Olzon. Cependant, cet opus ne brille guère par son originalité et dans ce créneau déjà bien embouteillé (speed-mélo), l’originalité est le petit plus qui fait la différence. En espérant me tromper car la qualité est là.
 
Critique :
Note : 7/10
Site du groupe : Site officiel du groupe
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