Chronique

DOL AMMAD - OCEAN DYNAMICS / Electronic Art Metal 2006

Que dire pour présenter cette formation venue tout droit de Grèce si ce n’est que rien qu’avec le livret promotionnel on a nos sens qui se mettent immédiatement en action et en attente de la musique : un Aquatic Space Opera. Cela peut sembler étrange comme ça mais quand on lit la suite, tout se dévoile : un chœur composé de 14 personnes (7 femmes et 7 hommes), un batteur qui n’est autre que Alex Holzwarth (Rhapsody of fire / Sieges Even), sans oublier un invité au chant du nom de DC Cooper (Silent Force), le tout dirigé par Thanasis Lightbridge qui gère les claviers et les compositions des morceaux. La production ? Faite entièrement aux « Theeta » Studio Thessaloniki, le tout suprevié par Thanasis & Argy Stream. Alléchant tout ça ! C’est parti pour ce second opus de Dol Ammad : entrons dans la quête.
 
L’opéra commence par « Thalassa Dominion I ». Une voix douce et délicate de femme vient se glisser dans nos oreilles, des carillons viennent se rajouter, puis une autre voix de femme narrant une histoire. Thanasis entre en action avec son synthé stylé Jean Michel Jarre. Un moment doux et paisible pour attaquer, mais surprise : à la fin une batterie vient se faire frapper (Alex Holzwarth) et c’est l’extase car le niveau musical et la subtilité sont haut placés.
« Thalassa Dominion II » arrive plus puissante avec un Alex bien présent, se défoulant sur sa double et ses caisses claires. Thanasis se défoule avec des sons électroniques ‘aquatiques’, le tout étant appuyé par les chœurs masculins. Ce qui, il faut le dire, donne une dimension impressionnante au morceau. Surtout que juste après les chœurs féminins viennent s’en mêler. Dim envoi des riffs bien heavy avec sa guitare, permettant au passage de donner un nouvel horizon à la musique.
« Thalassa Dominion III » est plus joyeuse et toujours aussi mélodique que les deux premières parties de cette Thalassa. Le synthé omniprésent nous plonge dans un univers reposant où la douceur nous berce à travers le temps et les notes de cette atmosphère si particulière et si riche musicalement. Et cette fin du morceau qui nous entraîne dans un lieu magique et ensorcelant via la musique : splendide !
Dernière partie du Thalassa… avec « Thalassa Dominion IV ». Chœurs féminins, batterie & basse & guitare, orientés vers un métal néo-classique et extrême (sombre) ajoutent un nouveau domaine musical à cet opéra ce qui pourra en ravir plus d’un car ça dépote pas mal. Et le moment où les chœurs se mettent à opérer sur cette musique extrême et énergique : ça pulse et ça donne une envie de se lâcher totalement. Que d’énergie donnée et partagée.
On continu cet opéra aquatique avec « Solarwinds » qui lui arrive de façon speed métal mélodique avec du clavier à gogo, appuyé par les chœurs. Franchement, il y a de quoi rester sur le cul car musicalement et techniquement ils sont tous très forts. Alex à la batterie est impressionnant de par sa vélocité et son dynamisme sur ce morceau complexe et grandiose. A la fin, un break avec un apaisement et des chants de dauphins pour un univers encore plus magique.
« Descent » va un peu innover. En effet, c’est le seul morceau où Alex ne joue pas de la batterie. En effet c’est Thanasis qui s’en occupe. L’intro se fait plus calme, plus atmosphérique ce qui change. Le morceau quand à lui est un peu plus posé, avec pas de contre temps au niveau de la batterie. Histoire de dire que Thanasis lui aussi sait jouer de la batterie. Une bonne initiative, mais le morceau quand à lui dénote un peu trop au final du reste. C’est pas mal, mais l’esprit général ne colle pas trop. On serait plus dans un néo-électronique dans ce cas là.
« Lava » reprend la voix normale de l’opéra avec des synthés fusant dans tous les sens, une batterie bien frappée, et des grattes hargneuses survoltées. Le tout dans une ambiance où les chœurs sont rois, nous procurant de grands frissons et de bonnes bouffées de chaleur avec toute cette énergie diffusée.
 
Vous l’attendiez, et bien voici le fameux morceau qui a DC Cooper pour invité. Il se nomme « Aquatic Majesty » ; rien que ça. DC attaque immédiatement avec sa superbe voix dans un registre opéra racé heavy métal. Ca envoi dur, surtout quand les chœurs viennent y mettre leur touche. Un couplet où DC revient dans un registre plus heavy métal histoire de satisfaire les fans du genre, et les autres aussi, car cela ne nous laisse pas indifférent ; bien au contraire. Le passage solo avec les sons futuristes est bien sympa aussi, appuyé par la suite par la puissante voix de DC.
Avant dernier morceau avec « Liquid Desert ». Le bruit des vagues vient ouvrir cette pièce musicale frappée par Alex et ses fûts, et submergé par les claviers de Thanasis puis la guitare de Dim et la basse de Nick Terry. Les chœurs viennent mettre leur grain de sel dans cet océan musical où l’on baigne sans difficultés depuis tout à l’heure.
Le morceau final de cette œuvre s’intitule « Heart of the sea ». Sons de cloche, tambours, puis une délicieuse mélodie annonçant la fin de l’épisode vient résonner dans nos oreilles, appuyée par le bruit des vagues et le cris des mouettes. Un morceau ambiant où somptuosité et légèreté se mélangent sans soucis ce qui nous permet de passer une nouvelle fois un agréable moment.
 Conclusion : Décrire une telle pièce musicale, voire même une œuvre, car il faut le dire le niveau de composition de cet opéra est très haut. La maturité de Thanasis et sa passion pour la musique se ressentent fortement. Les musiciens sont tous impeccables et nous procure du plaisir tout au long de cet album. Je dirais donc pour la fin : une œuvre complète et variée qui même si elle a la particularité d’être un opéra reste un grand moment musical où les plusieurs styles sont musicaux sont mis en valeur. Le métal y est bien représenté et les amateurs de Musique avec un grand M se devront de posséder ce cd, surtout qu’il n’est pas cher du tout aux vues de sa qualité. Profitez donc de ce digipack !
 
Critique : Lionel
Note : 9/10
Site du groupe : Site officiel de Dol Ammad
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