Chronique

GARY MOORE - POWER OF THE BLUES / Santuary Records 2004

En Irlande, il n’y a pas que de la Guinness, du bon whisky ou U2, il y a aussi Gary Moore. Ce guitariste qui fut au départ celui de Thin Lizzy, Colosseum II et Skid Row et qui n’a jamais caché son goût pour le Blues.
Gary Moore a donc forgé son doigté dans un style proche du Blues anglais et du Rock des années 1970.
C’est ainsi que « Power Of The Blues » s’apparente plus à un album proche du Rock Blues, voire du Power Blues en dénaturant parfois les couleurs du Blues originel.Gary Moore, prêche ainsi de façon très énergique sa musique, en arrosant chaque piste de l’album de bends, de riffs acérés et de pédale Wah-Wah, avec force et dextérité.Il va puiser ainsi l’inspiration de son écriture, dans l’énergie, la rage et la colère, au plus profond de ses racines, en agrémentant le tout de son style et de son expérience.Dés la première piste, Gary Moore, nous bombarde avec « Power Of The Blues », une compo Rock puissante, qui passe d’un rythme à un autre. Tantôt, un groove énervé et saturé, au tempo enivré, tantôt un rythme bien stéréotypé du Blues’n roll poussé à ses extrêmes, prend le pas. Finalement, pour conclure le morceau sur des riffs chargés de bends, histoire de rappeler, qu’au final Gary Moore du haut de ses 52 ans, a encore de l’énergie a revendre.
Avec « There’s A Hole », on s’attend à un de ces Slow-Blues dont Gary à le secret, mais loin de là, car c’est sa voix enragée qui marque la différence.On arpente enfin les méandres du Blues’n roll, lorsque « Tell Me Woman » vient nous taquiner l’appareil auditif. On reconnaît sans aucuns problèmes le pas cadencé de cette musique envoûtante, accentué de pédale Miaou-Miaou (Oups ! Pardon ! C’est pédale Wah-Wah que je voulais dire.), qui donne avec les palm-mute une ambiance chargée en Rock puissant et dur.Mais soudain, qu’entends je ?« I Can’t Quit You Baby » de Willie Dixon !! Et ce genre de cover plus c’est long, plus c’est bon !Long, mais à peine 6 minutes après, il faut déjà laisser place à un Slow-Blues qui ressemble par moment à une Ballade édulcorée, mais dont il faut rester attentif : car « That’s Why I Play The Blues » , nous narre Gary Moore. Mais on revient vite se ressourcer du côté du Chicago Blues, avec « Evil » qui avait été écrit par Willie Dixon pour Howlin’ Wolf, mais au passage c’est Muddy Waters qui l’aura formalisé. « Evil », prends soudain un accent Hard-Rock, dans les mains de Gary Moore, lorsque celui plaque de lourds accords appuyés par la Wah-Wah.
Après « Getaway Blues », on repasse par la case cover et cette fois ci, c’est « Memory Pain » de Percy Mayfield qui est repris. Pour coller à l’image du crooner de Rhythm’n Blues à la voix suave, Gary Moore, prends soudain des intonations plus douces et berçantes.Mais les riffs et les solos épicés sont toujours présents.Avec « Can’t Find My Baby », Gary Moore se rapproche étrangement du style du Chicago Blues. Le son chaleureux du clavier de Jim Watson, vient équilibrer l’agressivité de la guitare. La rythmique est efficace, et on commence enfin à taper du pied. « Can’t Find My Baby » reste certainement la composition de cet opus, pour laquelle j’ai le plus d’intérêt.
« Torn Inside », un Slow-Blues très lent et lancinant vient conclure « Power Of The Blues » ; un album résolument très Rock.
 
Critique :
Note : 6/10
Site du groupe : Site officiel de Gary Moore
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