Chronique

EPHRAT - NO ONE'S WORD / Inside Out Music 2008

C'est aujourd'hui, en ce lundi 25 août 2008 ensoleillé, que sort ce magnifique album d'EPHRAT, groupe qui m'était alors totalement inconnu et auquel j'ai eu la chance de pouvoir chroniquer sa première galette du nom de "No one's Word"

C'est au-delà des contrées israéliennes que sort ce bijou, mixé pour la peine par Steven Wilson (porcupine tree) très inspiré. La bande à Omer Ephrat (D'OH !!!) nous asséne un rock très progressif qui fera le bonheur des plus ouverts d'entre vous. Accompagné d'un chanteur du nom de Lior Seker, Gili Rosenberg à la basse, et d'un Tomer Z à la batterie, Omer Ephrat avec ses guitares, ses claviers et sa flûte traversière, va vous faire découvrir comment, d'un pays moins connu pour sa musique mais plus pour ses conflits, comment vous faire voyager grâce à son melting pot de musiques autant traditionnelles que post-modernes.

Sans être extrêmement compliquée et démonstrative, la musique d'OMER EPHRAT donne un grand bol d'air frais à ce style si souvent copié, pompé, imité mais rarement renouvelé. Pour ce cas précis, oubliez double grosse caisse triggées et solis shredisants afin de laisser place à plus d'émotions.

L'album commence avec le morceau "The Show" et débute de façon à désorienter n'importe quel fan de prog avec son intro électronique, rentre ensuite une guitare très aérienne et vient s'y ajouter un clavier Rhodes très seventies. Et c'est parti pour 10 minutes dés le premier morceau. Il fallait tout simplement oser, et ça fait plaisir. Au milieu de cette première piste vous aurez même droit à un grand passage flamenco avec instruments traditionnels et à partir de là vous pourrez vous dire happé par la beauté des arrangements et la mise en œuvre de cet amalgame musical.

Omer EPHRAT le dit lui-même, Yes, Rush, Pink Floyd, Deep Purple et King Crimson seront au rendez vous, sans pour autant copié pour plagié mais plutôt honoré.

Pour la deuxième piste, une invitée du nom de Petronella Nettermalm (Paatos) vient pousser la chansonnette sur une composition aussi aux allures "Floydienne" avec d'ailleurs un magnifique solo de violoncelle. Et c'est sur la troisième piste que le chanteur de "Pain of Salvation", Daniel Gildenlow, vient seconder le père Omer. L'on pourra dire que pour un premier essai dans la cour des grands, s'entourer de beau monde fait toujours plaisir et ramène en crédit.

L'album se termine par un titre de plus de 18 minutes, débutant par un riff très "Dream Theater", passant par un passage piano/chant excessivement "Supertramp" avec moult cuivres et basse rebondissante, par une grosse rythmique genre "Metallica" et finissant comme les meilleurs albums de "Rush". Bref, il sera très dur pour l'auditeur lambda de retrouver son latin et son dictionnaire… de toute façon comme je le dis souvent, la musique parlera mieux que mes mots pour vous dire qu'il est bon le temps du brassage ethnique musical. Halte aux étiquettes et aux préjugés de pacotilles. "Il faut suivre ceux qui cherchent et fuir ceux qui ont déjà trouvé" (Gustave Parking ????).

Gageons que ce groupe aux allures plus qu'expérimentales trouve vite le chemin du succès afin de promouvoir sa musique et de redorer l'image de son pays pas assez reconnue pour ces artistes et trop souvent synonyme de combats, d'oppositions et de haine.
 
Critique :
Note : 8/10
Site du groupe : Myspace de Ephrat
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