Chronique

BITTENCOURT PROJECT - BRAINWORMS I / JVC Music 2008

Et bien les projets fleurissent chez les membres d’Angra, après les deux albums solos de l’ami Kiko Loureiro, les deux albums du projet Almah de l’ami Edu Falashi, voici venu enfin celui du fort talentueux et sympathique Rafael Bittencourt (je passe volontiers sur les albums d’Hangars de Aquiles Priester qui ne fait plus vraiment parti du groupe à l’heure actuelle).
A noter que pour cet album c’est lui même qui s’occupe du chant et qu’on y retrouve un certain Felipe Andreoli à la basse (ça ne vous rappelle rien ?).

J’avoue que j’ai toujours été intéressé par ce fabuleux musicien trop souvent dans l’ombre du génie Loureiro. Donc c’est avec un immense plaisir (et je ne plaisante pas) que je découvre ce projet qui débute sur « Dedicate My Soul ». Un titre aux consonances plus hard rock, où bien sûr les percussions Brésiliennes restent présentes. On reste dans ce qu’on peut entendre dans Angra, mais l’approche est différente. Niveau chant Rafael est tout à fait convainquant, voire éblouissant. Un premier titre très agréable qui lance de fort belle manière cet album. « Holding Back The Fire », qui malgré un début ambiant, poursuit sur une voie plus mélodique est empreint de consonances 70’s bien sympathiques. Alors d’accord vous y trouverez des éléments présents dans son groupe (c’est quand même le même musicien) mais rien que sa voix très jolie et bien utilisée, accouplée à cette musique plus hard prog fait toute la différence.
Si vous pensez que l’album restera sans surprise l’intro tango de « Torment Of Fate » vous fera changer d’avis. Pour la suite on semble plonger dans les albums de Genesis des 70’s avec ses sonorités puis la bonne guitare arrive. Un titre plus posé qui apporte toujours son lot de bonnes sensations. Au niveau de ses solos M. Bittencourt nous déballe de très bonnes idées lumineuses qui montre le travail accomplit. Intro toute douce pour un « The Dark Side Of Love » qui vous ferra fondre. La voix calme et posée est un régal, tout comme la suite, plus rythmée, qui nous offre un mid tempo ultra mélodique des plus réussit. Un des meilleurs titres de l’album.
Après ce semblant de ballade « Nightfly » prend le relais avec ses voix à cappella. La suite sent bon le hard progressif à la sauce Brazil ! Encore une fois, tout en restant dans le même esprit nous voyageons à travers différentes sensations, au passage des multiples arrangements fort soignés. « The Underworld » se veut plus actuel, plus heavy aussi. Malheureusement elle semble un poil moins intéressante, peut être trop ‘simple’ aux premiers abords, puis le très, très bon passage instrumental fait changer du tout au tout ce titre qui se transforme.
« Faded » débute à la guitare sèche, avec une voix douce. On pense aux ballades d’Angra (Lullaby for lucifer), tout en nous laissant bercer par un bien bon moment de musique. Une très jolie ballade plus envolée par la suite tout en restant douce. Même si Rafael n’est pas le meilleur chanteur du monde, il démontre un travail vraiment intéressant. Un grand bravo pour ça. Avec « Santa Teresa » on commence encore une fois en acoustique, cette fois ci bien plus rythmé. Elle nous envoie sur un folklore presque Irlandais, étonnant mais fort réussit. Encore un voyage différent, qui nous fait voir du pays et se termine en version métal comme on pouvait s’y attendre.
« O Pastor », avec ses chœurs médiévaux façon Era, nous file la chair de poule, puis nous ouvre sur un métal symphonique extraordinaire. Chanté en Portugais avec conviction et énergie, voici sûrement le plus haut moment de l’album !! Lourd, mystique, orchestral, progressif et enragé, Rafael vient tout simplement de me mettre sur le cul !! On poursuit avec des titres en Portugais, et « Comendo Melancia », qui à la dure tache de suivre une tuerie, se défend bien avec ses armes, celles du hard groovy. Un pur instrumental de prog, à l’ancienne où le jeu flamboyant de Rafael laisse transparaître toute sa subtilité et son talent. Du très bon encore et encore.
On termine ce projet avec « Primeiro Amor », qui comme son nom l’indique est un pur moment romantique. Une ballade acoustique instrumentale, d’une beauté céleste, créée dans les yeux d’une femme. 2 minutes 44 secondes de pure beauté, qui ne demande qu’une seule chose de l’écoute (c’est beau l’amour !).

Un petit bonus japonais, pour conclure totalement avec « Nacib Véio » qui est de loin même de très loin le moins bon titre de l’album qui mérite amplement sa place en tant que bonus et vient gâcher nos rêves crées juste avant. Un titre plutôt speed qui n’apporte rien.

Conclusion : voilà un projet fort convenable, qui démontre l’immense talent de Rafael (pour ceux qui pensent que tout tourne autour de Kiko Loureiro). Un voyage dans son univers, joué avec sincérité et conviction qui vous feront passer un très agréable moment. Une belle découverte que voici.
 
Critique : Guillaume
Note : 7.5/10
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