Interview

MASS HYSTERIA (2012) - Raphael (Batterie) et Yann (Guitare)

C'est au sein de notre cher Hellfest que Mass Hysteria se décide de faire une petite promo vacance. A quelques semaines de la sortie de l'album, Yann et Raphael brisent le silence. Enfin façon de parler vu que le son de la Main stage couvre beaucoup les voix.

SBM : Salut les gars comment allez vous ?


Raphael : Très très bien.

Un peu fatigué ?

Raphael : Ben ouais bonne soirée hier ! Hein ? Premier jour du Hellfest !

Bah ouais faut fêter ça !
Bon on est là pour parler un peu de votre nouvel album qui va sortir le 27 Aout. Comment vous vous sentez par rapport à cet évènement ?


Yann : Ben nous on pressé que ça soit fini, que l’enregistrement soit fini parce qu’on est encore dedans là, donc pressé que l’album sorte et surtout qu’on reparte en tournée. Mais on se sent plutôt bien.

Raphael : Ouais pour le moment les réactions sont bonnes.

D’ailleurs on n’a toujours pas de titre pour l’album ?

Yann et Raphaël : L’armée des ombres !

Joli titre ! Et cela fait référence à quoi ?

Yann : Ben je sais pas si t’as vu la pochette ?

Non pas vu…

Yann : Ben c’est des hommes sans visage, donc ça a un rapport avec ça et plein d’autres thèmes abordés dans les paroles.

Raphaël : En fait le truc sur l’armée des ombres c’est que tu peux le voir comme des mauvaises personnes qui voudraient mettre la main sur le monde, et on aurait une armée qui résiste, pour contrecarrer ça…

Comme tu me disais, vous êtes encore un peu dedans, donc vous avez commencé à enregistrer quand ? Et quand a commencé la composition ?

Yann : ça fait un mois et demi qu’on y est là… On a commencé le 14 mai. Toute la musique est finie et Mouss a bientôt finie le chant, et on va être en mix jusqu’au 2 juillet.

Raphael : La compo ça a été tout au long de l’année dernière, tranquillement, pendant qu’on tournait pas. On a pris un peu notre temps parce que ça fait quand même trois ans qu’on a rien sortie. Faille a pas mal plût, faut que le successeur soit digne, et je pense qu’il l’est, certainement plus métal, plus de machine et je pense que le son va vraiment être gros.

C’est vrai qu’on ressent une grosse polyvalence sur cet album… Des morceaux plus électro, certains morceaux plus appuyés… Vous vous êtes inspirés de quoi pour cet album ? Comment vous définiriez votre évolution depuis « Failles » ?

Yann : Nos influences elles vont de Slayer à Prodigy… On s’en est jamais caché, on a toujours eu les mêmes et pour cet album on s’inspire aussi de ce qu’on a fait nous, de notre recette quoi… On fait notre petite tambouille et voilà.

Raphael : Je pense que là il y a eu un gros boulot de fait sur les riffs, ils sont super appuyés. Même si je pense que cet album sera à écouter à la maison, y’a pas mal de truc dans les machines…

Ouais ça reste pas mal complexe…

Raphael : Ouais, le chant de Mouss passe vachement bien, et je pense que c’est un album qu’on peut écouter tranquillement aussi, mais qui est surtout fait pour le live.

Justement vous parliez du chant de Mouss, et c’est vrai que les textes sont réfléchis et très bien écris. Pourquoi écrivez-vous toujours en français ? Ça vous semble plus naturel ?

Yann : Ben on a toujours fait en français, puis il faut dire ce qui est, Mouss maitrise pas trop l’anglais…

Raphael : C’est vrai qu’il se sent mieux en français…

Alors moi y’a un morceau que j’ai vraiment bien aimé sur l’album, c’est « Comedia del inferno ». Et on a un titre italien… Pourquoi ce choix ?

Raphael : Il faudrait demander au principal intéressé…

Yann : Je crois que ça a un rapport avec le texte et aussi parce que ça sonne vachement bien en italien, et c’est un peu un choix artistique aussi…

Raphael : Je parle pour lui parce que je l’ai pas lu mais c’est un peu un clin d’œil à la Divine Comédie de Dante…

Je l’ai vu comme ça mais faire le lien entre le monde moderne déchu et l’enfer de Dante, à par le côté « enfer », c’est pas facile de faire le lien…

Raphael : Ben c’est ce morceau là surtout qui parle de l’armée des ombres… les mercenaires sans visage, prêt à se refaire une beauté… Faire la guerre mais pas de paix… L’enfer…
Et l’enfer c’est la guerre !

En tout vous avez mis trois ans pour faire l’album…

Raphael : On a mis un an et demi pour écrire l’album…

Yann : Parce qu’on s’est posé un peu nous aussi…

Raphael : D’avril 2007 à avril 2011, depuis la sortie de « Une Somme de Détails » en fait, on n’a pas arrêté de tourner parce que « Failles » est sortie à la fin de la tournée, donc on s’est un peu posé aussi, puis on a composé, mais on n’a pas pris plus de temps que d’habitude en fait. Y’a des périodes où clairement on a rien fait… Comme tous les humains…

Et comment se passe l’écriture dans le groupe ? Chacun compose sa partie ?

Raphael : Ben ça vient beaucoup de Monsieur hein… Et de ses riffs…

Yann : Ben moi je vais amener des riffs, et avec ça on se réuni en studio et on bosse ensemble. Après on bosse le truc et on amène le chant…

Raphael : Voilà ça part d’un bon riff de gratte et d’une bonne rythmique…

Voila, souvent ça part d’un riff de base, et on brode autour de ce fil. Soit on se réuni et on joue ensemble.

Raphael : Ouais c’est vrai qu’on n’est pas trop jam. Souvent on a un riff et un refrain et ça suffit… Si on jam on va plutôt déconner sur des reprises, et encore… Mal faites.

Et ça vous est jamais venu à l’idée de faire des covers sur les albums ?

Raphael : Ben on y pense…

Yann : On y pense mais c’est dur pour nous de faire des covers parce qu’on écoute tous des trucs différents, donc c’est dur de se mettre d’accord. Mais effectivement on est en train d’y réfléchir, on aimerait bien en enregistrer quelques unes.

Raphael : En plus je viens de voir que Trepalium vient de faire une reprise de « I’m broken » de Pantera.

Yann : Sur l’album c’est pas une reprise mais y’a un gros clin d’œil à Pantera.

Raphael : Et c’est ce que je disais hier à quelqu’un d’autre… Ce groupe me manque. Ça me manque d’entendre des riffs comme ça…

Yann : Chui sûr qu’ils vont revenir.

Raphael : C’est pas possible… Ils reviendront pas sans Dimebag, ça serait une honte.

Yann : Ouais… mais c’est Zakk Wilde normalement…

Raphael : Ouais ou Zack Wilde ouais… Mais je crois que Anselmo et Vinnie Paul sont pas trop pour…

Justement en parlant d’un retour de Pantera, que penses-tu de la scène trash mondiale à l’heure actuelle ?

Yann : C’est difficile de donner un ami, il y a tellement de choses. Attention je vais taper…

Yann ouvre une bouteille de bière en utilisant le bord de la table.

Raphael : Quelle maitrise technique… Je suis pas manuel moi, chui que batteur.

T’aurais du apporter une baguette…

Raphael : Voilà… Alors Yann la scène mondiale ?

Yann : Justement j’essaye de pas faire le vieux con, j’écoute plein de nouveaux trucs, et y’a plein de groupes sympa à écouter, et le niveau est supérieur à avant.

Raphael : Justement ce que je peux reprocher par rapport à des groupes comme Pantera justement, c’est que maintenant il y a un super haut niveau technique, ça sort des riffs de malade et tout, mais y’a plus le côté groove, des morceaux, des hymnes quoi.

Yann : Ouais quand t’écoute Pantera, à l’époque, c’est gros, mais c’est pas joué au clic, ça bouge, ça groove.
Et là quand on voit l’affiche…

Ouais y’a des vieux de la vieille.

Yann : Moi les têtes d’affiche m’intéressent moyen, je vais plus voir des groupes dans l’après-midi.

Raphael : J’ai pris le temps de voir Exodus tout à l’heure parce que c’est toujours la claque, j’ai vu Channel Zero et c’était pas mal.

Machine Head ?

Raphael : Machine Head oui je jetterai un œil parce que j’ai jamais vu en festival et ça peut être sympa.

Yann : C’est bon hein… Mais on les as vu tellement de fois…

Raphael : Et je suis as fan du dernier album… Je reste plûtot sur “Burn My Eyes ».

Mais on n’a pas MASS HYSTERIA cette année au fest. Vu que l’album sort bientôt, vous avez pensé faire une apparition ?

Yann : On verra s’ils nous acceptent pour l’année prochaine. On l’a déjà fait y’a deux ans, mais là on voulait vraiment que les morceaux soient rodés.

Raphael : Tu vois là on était invités aux Metallurgicales, ben on a refusé, ça tombe en plein pendant le studio. Donc t’arrives pas la gueule enfarinée sur une grosse date sans être au top quoi…

En parlant de dates, j’ai eu la chance d’être aux Arènes de Nîmes pour Metallica quand vous passiez. Comment vous vivez cette reconnaissance ?

Yann : Comment dire… Moi j’ai rencontré Hetfield au Sonisphère qui m’a félicité pour notre prestation, et moi c’est juste mon Dieu, et quand il m’a dit ça… J’ai pas pleuré mais… j’avais des frissons quoi. Et on sait qu’il a regardé deux morceaux quand on était aux Arènes de Nîmes et moi ça reste un des plus beaux moments de ma vie, puis sur leur scène à eux.

Raphael : En plus on a eu des conditions merveilleuses, on a eu un super bon accueil, la bouffe on a vraiment été traité comme un groupe qui tourne avec eux, super son, scène magnifique.
Juste avant de monter sur scène j’avais pas le trac, alors que d’habitude si. Et quand tu déboule sur scène tu vois Metallica écrit de tous les côté, sur les flight case, et tu percutes que t’arrives devant 12000 personnes qui sont fans de Metallica qui te reçoivent super bien. A début c’était pas évident, puis c’est monté, c’est monté et à la fin tout le monde applaudissait. Quand je jouais j’avais le logo de Metallica derrière, avec la batterie de Ulrich. Et la première fois que je les ai vu j’avais 13 ans, c’était pour « Ride the Lightening ».
Et à un moment je marchais dans un couloir des arènes et là y’a un mec qui parle, je me retourne et… C’était James. Là tu te dis « Merde alors… »
C’est normal quand t’es fan… Moi je suis fan de Gene Simmons, ben si je croise Gene, forcément je vais être comme un gamin. Et tous les mecs blasés qui te disent « Ouais c’est un groupe comme un autre », non !! Gene c’est pas un mec comme un autre…

Et donc pour les idoles, James pour toi ? (En regardant Yann) et Lars pour toi ? (En regardant Raphael)

Raphael : Lars Ulrich oui bien sur mais le Lars des début parce que maintenant bon des fois c’est pas toujours génial, quand même…
Mes idoles c’est Phil Rudd, Lars Ulrich, Tommy Lee, Nicko Mc Brain, Clive Burr à l’époque, Dave Lombardo, quand j’étais gamin, Vinnie Paul, je suis fan de Mario de Gojira…

Et toi Yann ?

Raphael : Slayer… (rires)

Yann : C’est vrai que je suis assez fan de Kerry King et Jeff Henneman. Y’en a plein mec, tu me pose la question là mais c’est Hetfield en premier.

Raphael : Même moi qui sui batteur, c’est Hetfield, dans ce qu’il dégage, dans l’attitude, dans tout.

Yann : Quand j’étais petit c’était le mec à qui tout le monde voulais ressembler…

Tu parlais de Gojira, qu’est ce que tu penses de ce que le groupe est en train d’apporter à la scène française, vu que c’est un groupe qui cartonne aux Etats-Unis ?

Yann : Je sais pas ce que ça fera, mais je trouve ça tellement génial que ça arrive à eux. On les connait un petit peu, c’est des mecs humbles…

Raphael : Vachement cool…

Yann : Et en plus ils le restent…

Raphael : Ouais ils pourraient se prendre le melon mais…
Ce que ça peut faire pour le métal français à l’international, je sais pas… Mais pour les musiciens français des groupes qui chantent en anglais, ça peut faire quelque chose. Après pour des groupes comme nous qui chantons en français je pense qu’il faut pas rêver, les anglais n’écouteront jamais un groupe qui chante en français. Le seul truc qu’ils peuvent te citer à la limite c’est Gainsbourg.

Yann : Piaf et Gainsbourg…

Ben reprenez du Piaf ?

Rires généraux

Raphael : Faut voir, pourquoi pas.

Pour parler un peu des textes, vous avez toujours été un groupe un peu « engagé » à clamer les injustices etc… Vous avez une voix que vous voulez porter, alors quels sont les sujets que vous avez abordés sur cet album ?

Yann : Oui on a toujours ce genre de sujet, mais c’est Mouss qui se charge de ça et il en parle toujours… Mais avec le temps, on préfère écrire sur les émotions humaines, ce que tu ressens au fond de toi. Moi franchement les textes ont atteint un niveau… Bon c’est pas pour lui passer de la pommade, mais c’est vraiment chant-mé…

Raphael : Les textes sont pas manichéens, y’a pas de « ça c’est bien », « ça c’est pas bien »


Yann : Par exemple une chanson comme « Raison Close », c’est une chanson intimiste, que tu peux prendre pour toi.

Raphael : Voilà, la seule critique c’est sur « Comedia Del Inferno », sur ces gens qui s’en foutent et te marchent sur la gueule et n’ont aucun respect pour les gens en fait, aucun respect pour la vie. Et pour eux on est pratiquement des merdes quoi…

Ouais… Et du coup après la sortie de l’album vous embrayez direct sur la tournée ?

Yann : Ouais on est déjà bouqué jusqu’à mi Février, et ça commence le 7 Septembre. Normalement on part à la Réunion, on commence par la Belgique, on aimerait arriver en forme à l’Olympia le 5 Avril et pour l’été on soit prêt pour tous les gros trucs

Raphael : Le Hellfest, tous les trucs !

C’est vrai qu’en temps que grand groupe français ça serait dommage de passer à côté de ce festival.

Raphael : La dernière fois qu’on est venu ça s’est hyper bien passé, Ben nous a vu au Sonisphère donc c’est cool. Puis de toute façon j’adore venir ici.

Et comme Gojira sera surement encore en tournée, y’a moyen de faire une grosse affiche française avec vous…

Yann : C’est pas pour critiquer, parce que j’adore son travail à Ben, mais ça serait sympa que les groupes français jouent un peu plus tard… T’as l’impression que les groupes français c’est avant 14h… Mais bon après je suis fan de ce festival alors…

Raphael : Bon ok y’a eu la pluie mais bon…

On fait avec !!
Du coup je crois qu’on arrive à la fin de cette interview, donc je vous laisse les derniers mots si vous voulez dire quelque chose aux fans français…


Yann : Ben nous on a envie de leur dire de soutenir le métal français, de venir aux concerts…

Raphael : Et nous on est très très pressés de revenir sur la route et de les retrouver ! Parce que ça commence a être longuet…

Et bien merci messieurs…

Yann et Raphael : Merci à toi !
 
Critique : SBM
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