Interview

MESSALINE (2015 - Version Française) - John Bailly (Batterie)

Et oui ils sont de retour ! A Paris et avec un nouvel album. Les sympathiques gars de MESSALINE viennent présenter ici leur dernier méfait : « Illusions Barbares ».
Une fois encore c’est John qui partagera ce moment avec les « Seigneurs du Métal ». Décontracté et plutôt de bonne humeur, ça partait comme ça :

SBM : Salut John ! Comment ça va après cette journée de promo ?!


John : Ça va, intense mais plein de belles rencontres, ça permet de faire le point, parfois de soulever des interrogations auxquelles on n’aurait pas pensé et c’est toujours intéressant d’avoir un regard extérieur.

Tout à fait, et je suppose que vous avez aussi fait quelques rencontre lors de votre récent passage à Luynes avec Blaze Bayley ?

Pour nous c’était sympa oui, et c’est jamais évident de jouer en début de soirée, en ouverture. C’est vraiment un très bon endroit, bonne salle, bons sonorisateur, et ça a permis de nous faire connaitre ou l’occasion pour ceux qui nous suivent de venir nous voir dans le sud de la France.

Et je suppose que c’était l’occasion pour vous de jouer quelques morceaux de votre dernier album « Illusions Barbares », dont les critiques sont plutôt positives. Comment avez-vous ressenti ça en live ?

C’est vrai que les premières chroniques ont été plutôt positives. Nous ce qu’on voit c’est que sur cet album qui est assez varié, que ça soit des morceaux plutôt typé heavy ou alors la ballade qui a fait l’occasion d’un premier single et d’un clip, « Mehlinn-Hâ ».
La plupart des morceaux sont assez bien taillés pour le live et il y a eu une bonne réception de la part du public, et notre set comprenait des chansons des quatre albums et l’accueil du public a vraiment été chaleureux.

Effectivement je suis d’accord le dernier album est assez varié mais tout de même très homogène. Dans notre précédente interview tu m’avais raconté l’enregistrement de l’album qui était long et décousu. Est-ce que cette fois vous avez essayé quelque chose de plus simple comme… disons prendre un seul studio ?

(Rires) Alors déjà oui on a changé de collaborateur en termes d’ingénieur du son. Tous les précédents opus avaient été enregistrés et mixés par Didier Boyat qui a la particularité de sillonner un peu le monde, il y a une partie qui a été mixé au Costa Rica etc…
Et là on a décidé de changer de personne, non pas qu’on était mécontent du travail de Didier mais simplement pour avoir une autre oreille et une autre pâte donc notre chois s’est porté vers Olivier Didillon qu’on a rencontré parce qu’il nous avait sonorisé sur différents concerts et festivals qui a travaillé avec des groupes de métal français comme notamment No Return, il a sonorisé des groupes au Hellfest, il a accompagné un groupe qui jouait au Wacken etc…
Et comme c’est quelqu’un qui est proche de chez nous et qu’il a son studio à la maison on a pu tout faire au même endroit entre Novembre et Janvier, tout d’un bloc.
On est très fier du résultat et Olivier n’a pas hésité à donner sa touche personnelle dans le mixage des morceaux.

On sent effectivement l’homogénéité, malgré des morceaux différents : le rock couillu de « Fouille de Sarcophage » n’a rien à voir avec le heavy puissant sur « Morituri te Salutant » ou la ballade « Mehlinn-Hâ ». Mais je suis surtout surpris par la production qui est vraiment dantesque par rapport à « Eviscérer les Dieux ».

On le ressent nous aussi, avec un travail notamment sur le son des batteries, avec un son plus chaud, plus naturel, plus efficace. Et aussi des morceaux plus différents, c’est bien que tu le soulignes car MESSALINE, depuis le quatrième album et l’arrivée du nouveau line-up dont je fais partie depuis 2011 assume complètement ce côté prog-rock. Le chanteur et le guitariste officiaient auparavant dans un groupe prog rock qui s’appelaient Absurd, avec lequel ils ont ouvert pour Ange déjà à l’époque, et quand ils ont formé MESSALINE ils se sont dit qu’ils allaient faire un truc hard, heavy et finalement maintenant on assume plus ce coté prog rock. C’est pour ça que pour la première fois on a pu composer une ballade et qu’on a décidé de la mettre en avant, en single, avant la sortie officielle et surtout avec un clip qu’on a réalisé au mois de Janvier.

Et maintenant que tu as bien pris tes marques dans le groupe puisque c’est ton second opus avec ce line-up, est-ce que tu te sens plus confiant ou investi dans MESSALINE ?

La différence que j’ai pu voir par rapport à « Eviscérer les Dieux », où certains morceaux avaient été composés par l’ancien line-up, c’est que là on a composé tout les quatre de A à Z. Et puis le côté humain s’est enrichi à travers les différentes expériences scéniques, comme par exemple quand on part faire une date à Aix en Provence on fait la route ensemble, on dort ensemble et ça renforce les liens. C’est d’ailleurs un des retours qu’on a de la part du public c’est qu’il y a une complicité évidente entre les membres du groupe et je trouve que c’est essentiel pour un groupe de compo.

Justement la complicité parlons-en, étant donné que certains membres du groupe Ange, notamment Christian Descamps, ont collaboré sur cet album… Tout d’abord comme ça s’est passé ?

Alors pour l’opus précédent, Christian Descamps, chanteur du groupe Ange est venu faire un duo sur la chanson « Sale Temps », on a eu la chance de faire ce duo sur scène, et là on avait un morceau en pré maquette sur lequel il manquait un solo et notre guitariste ne savait pas trop quoi mettre. Du coup on a répondu à une demande du guitariste de Ange, qui est avec eux depuis dix, quinze ans et qui a dit un jour « Si vous voulez un pti d’un solo ça me ferait vraiment plaisir de faire un solo sur un disque de métal ».
C’est comme ça que ça s’est fait, sachant aussi que Christian Descamps est un ami de longue date de notre chanteur Eric, et sur un morceau un peu ambiance messe noire, on s’est dit que la voix grave du père Descamps collait parfaitement et il s’est prêté au jeu avec un grand plaisir.

Justement, d’après toi, est-ce que cette entente, cette solidarité, que l’on retrouve chez certains groupes français, est nécessaire à la survie du métal français.

Oui mais malheureusement elle n’est pas très présente je trouve. Moi ce que je remarque, alors peut-être moins dans notre style parce que dans le chant français on n’est pas beaucoup, même si on a joué avec Vulcain, ADX etc…
Mais en terme de solidarité, c’est pas vraiment ça, je dirais que c’est plus l’aspect pratique, souvent on essaye de s’associer pour partager les frais etc... Mais en terme de solidarité non je pense que c’est plutôt du chacun pour soi, il y a trop de concurrence, c’est ce que je constate.

C’est vraiment dommage, surtout à l’heure où en France beaucoup de groupes français reviennent, tu as cité Vulcain mais on peu aussi cité Satan Jokers dans la catégorie poids lourds. C’est pour ça que je voulais ton avis de professionnel.

Oui disons que tout le monde y trouve son compte, quand on partage des affiches, mais c’est plus une entente qu’une réelle solidarité entre les groupes. Et tu parlais de Satan Jokers, je sais pas si tu es au courant mais on peut dire officiellement qu’on aura le plaisir de jouer avec eux parce que notre chanteur et Renaud Hantson se connaissent, on les fait jouer avec nous et un autre groupe de copain, Fortunato, sur Lyon au Warm Audio le samedi 24 octobre.

Bonne soirée française quoi !

Exactement ! C’est ça !

J’en reviens un peu à l’album pour le moment, en étant sur la thématique de la France, vous chantez toujours en français notamment aussi pour utiliser certains calembours ou jeu de mots, et il y en a deux trois qui m’ont bien plu comme « Barbie tue rick » ou « La teuf des héros ». Alors la question qui me brûle les lèvres, est-ce que vous faites entre le vous le concours de qui trouvera le jeu de mot le plus pourri ?

(Rires) Non… en fait si y’a des concours, ils sont improvisés pendant les répets mais ils ne sont pas prémédités. Ça vient simplement des inspirations selon l’écriture des paroles par Eric qui écoute beaucoup de Ange donc c’est une inspiration au niveau de certains calembours, et dans un domaine moins musical il aime bien aussi l’humour type Pierre Desproges.
Mais c’est surtout pour les besoins du texte, pour la personne qui va lire les paroles, il y a plusieurs niveau de compréhension. Mais en aucun cas on se dit pas « Si y’a pas de jeux de mots c’est pas un bon texte ».

D’ailleurs pourrais-tu m’éclairer sur cette phrase de « Mehlinn-hâ » : « Je veux te faire l’amour en embuscade » ?

Alors mon interprétation c’est que c’est un amour interdit lui, templier, catholique, et une jeune fille de bédouin, de culture musulmane, donc « en embuscade » c’est un peu le vivons heureux vivons cachés. Je pense que c’est ça et aussi un peu pour la rime.

C’était mon idée aussi donc si on est deux à penser ça c’est que ça doit être bon !
Sinon pour promouvoir cet album quelques dates sont déjà annoncées, mais avez une tournée prévue aux quatre coins de la France ?


Déjà on n’a pas la renommée suffisante pour ça, les groupes qui veulent tourner, faire des dates sont surtout des groupes typés métal, hardcore, death, métal extrême, et dans des salles de 200-300 personnes, c’est rare de voir des groupes comme le notre, donc pour ça il faudrait s’associer.
Mais quel groupe français peut « se vanter » de pouvoir en faire, y’en a pas des masses, c’est beaucoup de frais. Alors ça va que nous on bosse tous à côté et si l’occasion se présente oui, mais le but c’est pas de se ruiner, on préfère faire 10-15 dates dans l’année mais des bons plans où on va s’y retrouver aussi pour pouvoir continuer à produire des disques plutôt que d’essayer de faire de la date de la date et de s’y perdre.

Je comprends, c’est pareil pour des amis, ça joue par ci par là mais au bout de compte on s’y retrouve.
Honnêtement je me souviens plus mais il me semble que tu avais un projet parallèle, qu’en est-il ?


Alors là depuis fin novembre je me suis lancé dans l’aventure du chant, et c’est un projet qui mélange le gothic rock des années 80, influence Sister of Mercy ou Fields of the Nephilim avec un côté métal plus sombre avec des groupes comme Moonspell, Tiamat, certaines époques de Paradise Lost etc…
Ça s’appelle « Negative Ritual », chanté en anglais, que de la compo et on se lance dans l’aventure des concerts le 6 juin à Besançon, le 13 juin à Colmar, le 21 juin à Pontarlier, le 12 septembre à Reims et le 26 septembre à Dijon. C’est des petits clubs des choses comme ça.

Ben écoute c’est parti, on va vous faire un peu de pub !

Merci beaucoup !

Bah de rien ! Et comme j’arrive à la fin de cette interview, je te laisse les derniers mots si tu veux bien conclure.

Alors merci de suivre ou de découvrir MESSALINE avec ce quatrième album, j’invite tous les fans de rock, de hardrock, de métal à ne pas se laisser avoir par les préjugés liés à l’utilisation de la langue française dans le métal. On est peu à l’utiliser donc venez nous découvrir sur les réseaux sociaux, en vous procurant le disque, et venez partager avec nous des moments de live.

Le message sera passé ! Merci à toi pour cet entretien, je te souhaite une bonne soirée !

Merci à toi et bonne soirée aussi !
 
Critique : SBM
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