Interview

BLAZING WAR MACHINE - Irina (chant) & Izakar (guitare)

Alors que le groupe marseillais a mis en ligne son deuxième clip intitulé « Nature of war » fin juillet, je me suis entretenu avec Izakar et Irina -respectivement guitariste et chanteuse du combo de black indus Blazing War Machine- afin d'en savoir plus sur leur actualité. Autour d'une bière et d'un Coca (Ndlr : non, vous ne saurez pas qui a pris quoi (rires)), cette interview est devenue, au fur et à mesure du temps, une discussion très agréable entre passionnés et non plus une entrevue question / réponse basique. Attention, arme de destruction massive en approche !

Votre premier clip « Polarity » a dépassé les 27 000 vues. Êtes-vous satisfaits de ce chiffre ?
Izakar : Et comment ! On est ravi oui. Il faut dire qu'on y croyait à fond et qu'on s'est beaucoup impliqué dans ce clip afin de proposer un produit fini de qualité. Le morceau est assez catchy et on voulait que le rendu visuel soit tout aussi puissant. Au final, on était content de nous, mais on n'avait aucune certitude quant à la réaction de nos fans et du public en général ; ce genre de chiffre prouve donc qu'il a été apprécié. C'est surtout cela qui nous fait plaisir, et de se rendre compte que le nombre de vues continue de grimper avec le temps, c'est très appréciable et motivant pour la suite.
D'ailleurs, « Nature of war » a dépassé les 4 000 vues et on espère qu'il aura le même succès que « Polarity » d'autant que les clips sont totalement différents.

Comment est venue cette idée de « nouvelle stratégie » (Ndlr : sortir des singles tous les trois mois plutôt qu'un album) ?
Elle est venue un peu d'elle-même. Je dirais même qu'elle s'est imposée naturellement, car elle est totalement en phase avec la manière actuelle qu'ont les gens de consommer la musique. Avec Internet et les réseaux sociaux, tout va désormais très (trop ?) vite et l'heure est au buzz et au zapping. Il faut donc accrocher rapidement le public. Faire des singles, surtout agrémentés de goodies et de clips, nous permet également d'être créatifs, et cela nous plaît beaucoup. Que ce soit dans l'écriture du morceau, le tournage du film et le shooting photo, on ne peut pas se reposer sur nos lauriers. Et bossant dans la prod, je peux te dire que c'est super enrichissant et motivant. De plus, cette manière de promouvoir notre musique fait que nous avons une constante actualité.

Justement, as-tu des infos à me donner sur le prochain clip ?
Nous voulions sortir les singles à trois mois d'intervalle, mais celui de « Nature of war » a eu un peu de retard ; nous espérons tout de même être dans les temps pour le troisième, d'autant que le titre est quasiment terminé. Le tournage arrivera un peu plus tard, car la musique vient toujours avant le visuel. Nous avons déjà des idées (il y a de fortes chances que ce soit un clip d'animation), mais rien n'est encore bloqué.

Autant visuellement que musicalement, vous êtes un mélange de Cradle Of Filth et Rammstein. Est-ce voulu de votre part de ne pas faire un choix entre ces deux styles ?
Ce qui est sûr, c'est que nous ne voulons copier personne, car les groupes copiés/collés ne font jamais long feu. Donc effectivement, le fait d'être un groupe « hybride » et mixant plusieurs influences nous rend unique, dans le sens où on n'est pas 100% black vampirique ou 100% indus, pour reprendre tes exemples. Certes, nous jouons des personnages sur scène -ce que nous adorons- mais nous n'avons pas de « codes vestimentaires ». Ou plutôt oui, chacun a son code vestimentaire (rires) ! Personne n'est bridé, chacun a trouvé son effet et c'est ce qui donne aussi une richesse visuelle à nos concerts. Chaque musicien garde son style, mais le fait également évoluer au fil des années. Nous ne voulons pas stagner en fait, et notre stratégie de promo évoquée tout à l'heure va aussi dans ce sens. Ce qui prédomine dans notre groupe, c'est de s'éclater sur scène, tout en gardant une certaine cohérence, afin de rester crédible auprès des fans, mais aussi face à la presse spécialisée. Car ce n'est pas tout de se grimer, si ta musique ne suit pas derrière, t'es grillé direct.

A l’heure actuelle, les réseaux sociaux sont incontournables, de ce fait, passer par un crowdfunding est devenu évident ?
Effectivement, cela ne nous a pas gênés d'avoir recours à ce type de financement. Comme je le disais précédemment, nous voulons rester cohérents par rapport à ce que nous sommes, par rapport à la musique que nous faisons et envers notre public, donc impliquer les fans directement dans notre processus de création est plutôt une bonne chose pour tout le monde. A part pour les maisons de disques, mais c'est tant pis pour elles, elles se sont déjà assez gavées (rires) ! Depuis le début, le groupe est en auto-prod, donc le crowdfunding reste une évolution logique de notre manière de fonctionner.
Après, nous n'allons pas non plus procéder à ce financement à chaque sortie. En effet, ce serait du foutage de gueule envers nos fans, car quitte à faire du crowdfunding récurrent autant sortir un album entier ; mais vu que cela va à l'encontre de notre ligne de conduite, nous ne demanderons pas de participation pour le troisième clip par exemple. Sinon, en parlant de foutage de gueule, Megadeth qui utilise ce procédé, en voilà un beau !

Attention question vicieuse : le fait de pouvoir tout mettre sur Internet, n’est-ce pas un frein (prétexte) pour tourner moins ? Par exemple, vous vous rendez compte qu'un gars au Chili visionne vos vidéos, vous n'avez donc plus à aller jouer là-bas pour vous faire connaître vu qu'il vous connaît déjà via le net.
En toute franchise, on n'ira jamais jouer au Chili (rires) ! Donc mettre nos liens sur Internet nous permet de toucher un public qu'on n'aurait jamais toucher sans ce média. Ça reste très bénéfique pour nous, et d'ailleurs, ça arrive souvent que des Russes reconnaissent Irina grâce à nos clips (Ndlr : la chanteuse est Moscovite). Mais c'est vrai que ta question est vicieuse (rires) !

Des chanteuses n’aiment pas le terme « female fronted band », qu’en penses-tu Irina ?
Irina : A vrai dire, cela ne me dérange pas plus que ça. Certains aiment bien coller des étiquettes aux groupes, mais je ne vois pas en quoi c’est particulièrement gênant. Que les fans viennent pour moi ou pour le groupe, le plus important est qu’ils viennent à nos concerts (rires). Non sincèrement, je n’y prête pas plus attention que cela.

Par rapport à ton chant, as-tu un entraînement ou une hygiène de vie particuliers?
Je n’ai pris que très peu de cours de chant. J’ai eu en tout trois coaches différents dans ma carrière ; en fait, j’ai surtout bossé seule de mon côté, en regardant des vidéos, par exemple. Il paraît que certains chanteurs ne fument pas et ne boivent pas pour entretenir leur voix ; moi, je fais les deux et ma voix n’en est pas plus affectée que ça. Enfin, il me semble (rires)...

La scène sudiste bouge, le ressentez-vous ?
Je ne suis à Marseille que depuis trois ans, donc je laisserai Izakar répondre (sourire).
Izakar : Il se passe quelque chose oui. En tout cas chez les jeunes groupes, je vois qu’ils se bougent plus le cul. La nouvelle génération est très aidée par Internet et les réseaux sociaux, mais tu sais comme c’est avec notre scène metal, si la qualité n’est pas au rendez-vous, le public zappe aussi vite et passe à autre chose. A mon époque, on faisait tout nous-mêmes. Je me souviens encore fabriquer les flyers pour nos concerts, les poser sur les chaises et mettre de la colle au verso pour qu’ils restent collés au cul des gens après s’être assis dessus (rires). Pour revenir à ta question, rien qu’à notre échelle, nous nous rendons compte de ce « revival » par le nombre de candidatures que nous recevons quand nous avons un concert et que nous avons besoin d’une première partie.

Vous jouez souvent en tête d’affiche ici, mais jouer en 1ère partie d’un gros groupe permettrait une belle visibilité, d'autant plus que certains -comme Cannibal Corpse, Children Of Bodom ou Ensiferum- n'oublient désormais pas Marseille, non ?
Clairement ! Mais ce n'est pas aussi facile que cela de se retrouver en première partie d'un gros groupe. Entre les labels, les promoteurs, les salles et même les groupes, il faut parfois être au bon moment au bon endroit ; ou connaître les bonnes personnes. De plus, cela coûte souvent de l'argent. Évidemment, nous serions prêts à participer financièrement si nous avons une belle proposition, de type tournée européenne. Et même sans forcément être en première partie, faire un tour de France en tête d'affiche ça peut être sympa également.

Sinon, il y a également une présence à des festivals qui permettrait de rencontrer plusieurs interlocuteurs afin de vous faire booker sur une tournée, non ?
Oui tout à fait, on aurait adoré faire des festivals cet été -dont le Sylak que j'apprécie particulièrement- mais plusieurs éléments ont joué en notre défaveur, comme le fait de ne sortir « que » des singles. Parfois, notre avantage se retourne en inconvénient. Les organisateurs de festivals proposent soit à de très gros groupes soit à des groupe ayant une actualité ; malheureusement, certains n'ont pas encore perçu notre démarche. Ils voient le clip et attendent qu'un album se pointe après. Ils n'ont pas encore assimilé que rien ne viendra après, si ce n'est un autre clip. Ça viendra, on l'espère en tout cas, car on y croit.

Irina, comment as-tu intégré Blazing War Machine ?
Irina : Je jouais avec mon ancien groupe à la Capelette, pas loin du local de répétition de Blazing War Machine. Mon batteur connaissait les gars et m’a dit de tenter ma chance. J’ai déposé ma candidature quand l’ancien chanteur est parti, j’ai fait une audition et j’ai été très rapidement intégrée au groupe. En fait, ça s'est passé super rapidement et facilement. D’ailleurs, je ne sais toujours pas comment ça a pu aller aussi vite (rires).
Izakar : Tout simplement car tu avais tout déchiré !
Irina : Oh merci (rires) !

Izakar, comment ça se passe à ton Full Metal Studio ?
Izakar : Je me régale ! En plus, c’est un moyen pour le groupe d’avoir un studio de qualité, donc si on peut joindre l’utile à l’agréable, je ne vais pas me gêner ! Mais c’est certain que je vais continuer à bosser dans la prod. car c’est quelque chose qui me plaît beaucoup et me procure une certaine liberté.

Merci à Elodie d'Ellie Promotion d'avoir rendu cette interview possible.
 
Critique : Secret Sfred
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