Interview

VADER (2020) - James Stewart (Batterie)

Légende du death les Polonais de Vader sortent en ce mois de Mai leur seizième album, « Solitude in Madness ». Un disque agressif, violent, brutal qui mêle habilement death et trash. Près de quarante ans après leurs débuts, la rage de Vader ne faiblit pas. L'occasion de s'entretenir avec leur batteur James Stewart.

« J'ai l'impression qu'il y a dans vos derniers albums un retour à votre son thrash des débuts. »


« Quand Vader a débuté il n'y avait pas contrairement à aujourd'hui toutes ces étiquettes. Black metal, death metal, tout cela, c'était la même chose. Les barrières n'étaient pas aussi nettes entre les différents genres. Tant que c'est bon, on se fout de savoir que ce soit du death, du trash ou autre chose. »

« Les morceaux de «Solitude in Madness » sont très courts pour la plupart. »

« Tout à fait. On avait envie de cela. D'une musique efficace. Ce n'est pas du jazz progressif, c'est sûr. Si un morceau dit tout ce qu'il a à dire, il n'y a pas besoin qu'il soit plus long. Il y a des groupes qui aiment chercher des structures complexes mais une structure simple peut donner un très bon morceau. »

« Vous n'aviez plus sorti d'album depuis « The Empire » en 2016. »

« Oui, mais cela ne nous a pas empêché d'être très actif. Et nous avons sorti plusieurs EP. »

« C'est le seizième album de la carrière du groupe. C'est plus que conséquent. »

« Vader est là depuis presque 40 ans maintenant. Je suis arrivé dans le groupe il y a près de dix ans. Je me sens vieux même si je n'ai que trente ans (rires). Vader est un groupe qui m'a beaucoup influencé avant même que je ne le rejoigne. »

« Tu es le seul anglais du groupe.Tu n'as pas eu de problème pour t'acclimater ? »

« Après tant d'années, cela n'a plus d'importance. Avant de rejoindre le groupe, j'avais peu voyagé. Avec Vader, je suis allé partout dans le monde. »

« Vous avez enregistré l'album aux Grindstone Studios dans le Suffolk avec Scott Atkins à la production. Qu'a-t-il amené au groupe ? »

« Je connais Scott depuis une dizaine d'années. C'est un excellent producteur. Il nous a tous poussé dans nos limites et tu entends le résultat sur l'album. Il n'arrête jamais tant que la prise n'est pas bonne. On espère vraiment retravailler avec lui sur le prochain. »

« Ton jeu de batterie est impressionnant. »

« Merci. Scott y est pour beaucoup. Avec sa façon de placer les micros dans le studio, il fait super bien sonner tous les instruments. »

« Les solos dans l'album sont courts, rapides et puissants. »

« Piotr a ce style. Cela sonne comme si c'était fait au hasard mais pas du tout. C'est très musical, en fait. Il sait quand il doit balancer un solo rapide ou au contraire un mélodique. Tous les musiciens de Vader sont de très bons musiciens. »

« Le titre de l'album « Solitude in Madness » exprime le sentiment de solitude dans une société où la technique est pourtant omniprésente. »

« Oui, c'est cela. On est à la fois de plus en plus connecté et déconnecté. Les morceaux parlent de ce sentiment mais ce n'est pas pour autant un concept album. »

« Vous avez sorti une vidéo en Avril d' « Into Oblivion ». Pourquoi ce titre ? »

« Parce que ce morceau a tout. Il représente bien ce que tu vas entendre sur l'album. Cela a été un choix difficile à faire mais le titre est super sauvage avec un côté brutal. C'est un morceau court mais qui a plein de choses en lui. Les fans semblent d'ailleurs apprécier ce choix. »

« Vous aviez pensé à repousser la sortie de l'album à cause de la crise du Covid-19 ? »

« Non. Il aurait été impossible de le repousser après mai de cette année. La sortie était prévue avant l'épidemie de Covid-19. Il n'y avait pas d'autre option que de le sortir maintenant. »

« Vader est né la même année que Death ou Possessed. Tu as la sensation de faire partie de l'histoire du metal en étant dans ce groupe ? »

« C'est clair. Mais lorsque j'ai rejoint le groupe, je n'ai jamais pensé à cela. Parce que sinon tu regardes trop dans le passé, or en tant que musicien tu te dois de toujours regarder vers l'avant. »

« Comment as-tu rejoint le groupe d'ailleurs ? »

« J'ai joué dans des groupes qui avaient tourné avec Vader. Leur ancien batteur était un ami. Il m'a proposé d'auditionner pour eux. Ca s'est passé ainsi.

« Avant la crise du Covid 19 vous étiez en tournée aux Etats-Unis. Comment s'est passée celle-ci ? »

« Cela a été super. C'était la première tournée Us sans le moindre stress. Le tourneur Continental qui était en charge de cette tournée est un très bon tourneur. Les salles étaient pleines avec une super ambiance . On a donné cinq concerts en Europe au retour des Etats-Unis. Là, cela a été un peu dur parce que tout était déjà devenu très incertain. Et puis ensuite on a dû annuler les concerts suivants. C'était devenu trop dangereux à cause de l'épidemie. »

« Les concerts annulés de cette tournée européenne sont reportés ? »

« Oui, nous serons de retour. Il y aura une annonce à ce propos prochainement. J'espère que l'on pourra donner ces shows cette année. »

« N'as-tu pas peur que des gens passent à côté de ce disque du fait qu'il sorte durant cette période de confinement ? »

« Les gens sont bloqués chez eux donc ont le temps d'écouter de la musique. Et en plus celle-ci les fait sortir de l'ennui. Donc cela ne devrait pas être un problème.»

« L'album sort chez Nuclear Blast. Vous êtes sur ce label depuis plusieurs années. Vous vous sentez bien chez eux ? »

« J'adore ce label. Leurs équipes anglaises et allemandes sont géniales. Ce sont des gens très cools. J'ai toujours voulu être, depuis mon plus jeune âge, dans un groupe qui soit signé chez Nuclear Blast. Ils avaient Meshuggah, Dimmu Borgir, Nightwish et même Slayer dans leurs dernières années. C'est une institution. Il n'y a que Roadrunner qui était un aussi bon label. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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