Interview

NÉFASTES (2021) - Julien Truchan (Chant)

Néfastes rassemble Julien Truchan, chanteur de Benighted avec deux ex membres de ce groupe, Liem et Olivier. Si les Stéphanois sont connus pour évoluer dans le brutal death ce nouveau projet s’inscrit quant à lui dans le black malsain. Entretien avec Julien qui nous parle du premier album du groupe, « Scumanity » qui vient tout juste de sortir.

« Comment est venue l’idée de ce groupe ? Tu avais envie de faire quelque chose à côté de Benighted ? »


« Le projet est né en Novembre dernier. C’est Liem qui était dans le line-up d’origine de Benighted qui est à l’origine du projet. Nous n’avons jamais été très loin l’un de l’autre mais avec le décès de Fred (ex batteur de Benighted survenu en 2019 ndlr) nous nous sommes encore rapprochés. En Octobre dernier il m’a écrit pour avoir des conseils pour poser des voix. J’étais à ce moment-là dans la frustration de ne pouvoir rien à faire avec Benighted à cause du Covid. J’étais en manque musical. On a alors eu l’idée de demander à Olivier qui a également été dans Benighted de nous rejoindre. Néfastes était né. »

« L’album est très black old-school. C’est le black que vous aimez ? »

« Complètement. Avec cet album c’est comme un retour aux sources. Liem est à l’origine de tout cela. Il est branché black et death. Le but c’était de faire quelque chose de très différent que ce que je fais dans Benighted. C’est pourquoi l’approche vocale est différente. Nous aimons tous les trois le black. Après, Olivier et moi sommes très branchés grindcore. »

« Comme tu le dis tes vocaux sont très différents de ceux que tu utilises dans Benighted. »

« Cela a été un défi au niveau vocal. Il fallait que l’auditeur ne puisse pas reconnaitre le chant qu’il y a dans Benighted. Je suis super content du résultat. »

« C’est parce que tu voulais que ce projet soit très différent de ce que tu fais dans Benighted que tu ne l’as pas proposé à Season Of Mist ? »

« Exactement. Je ne voulais pas démarcher pour ce projet. »

« Il y a un côté très sombre dans cet album. »

« C’est vrai. L’album se veut méchant. On s’appelle Néfastes car l’humanité est néfaste. Je travaille dans le domaine de la maladie mentale. J’ai donc de la bienveillance pour l’être humain. Ce qui m’énerve dans la société moderne c’est la superficialité dans laquelle nous vivons. »

« Certains titres de l’album sont en français. Pourquoi en avoir écrits plusieurs dans notre langue ? »

« C’était un défi que d’écrire en français. L’exercice est difficile. J’avais envie d’utiliser des double-sens d’où le français. Je voulais écrire de façon métaphorique. J’avais envie de textes à la fois crades et poétiques. »

« Pourquoi avoir composé un instrumental, « Charognards » pour ce disque ? »

« Pour qu’il respire. C’est un album très intense, il était important d’y introduire une respiration.»

« Le disque est assez court. »

« Il est intense, comme je viens de le dire. Il délivre beaucoup d’infos en peu de temps. On voulait faire un album assez court pour que les gens puissent assimiler les morceaux. »

« Il est clairement black mais a aussi un petit côté punk. »

« C’est lié à la personnalité de Liem. Il aime le punk, le black et le death. Il a composé tous les titres de l’album. »

« Il y aura des concerts pour le disque ? »

« Non ce n’est qu’un projet studio. C’est un projet studio entre amis. Je n’aurai pas le temps avec ma vie de famille, ma vie pro plus les concerts avec Benighted pour faire des live avec Néfastes. »

« Les choses sont allées assez vite pour ce nouveau projet. Vous avez sorti un premier single en décembre dernier, « Progéniture Décadente » qui a eu de très bons retours. Cela vous a surpris ? »

« Clairement. A la base c’était juste un projet entre potes. En une semaine on a eu 1500 followers. Et après cela nous avons eu très vite trois propositions de label. On a signé avec Source Atone Records car ce sont des gens passionnés. »

« L’album est très ancré dans la réalité sociale qui est de plus en plus compliquée. »

« On fonctionne en parallèle de la société d’aujourd’hui. Les réseaux sociaux rendent psychopathes. La réalité virtuelle rend les gens agressifs. Le Covid n’a évidemment pas arrangé les choses. La haine sur les réseaux sociaux ce n’est plus possible. Tu as des gens sympas dans la vie qui deviennent des fous furieux sur les réseaux. Il convient d’être bienveillant entre gens positifs. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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