Interview

SORTILÈGE (2021) - Zouille (Chant), Olivier (Guitare) et Sébastien (Basse)

Groupe culte du hard-rock français Sortilège revient. Si nombre de come back se révèlent au final comme des coups d’épée dans l’eau le leur est une bien belle réussite. Il n’y a qu’à écouter « Phoenix » pour s’en rendre compte. On a vraiment hâte de la tournée et du (véritable) nouvel album à venir.

« Comment est venue l’idée de faire un album de morceaux réarrangés plutôt qu’un véritable nouvel album ? »

« Cela a été un choix de notre maison de disque. Il y avait l’idée de voir s’il y avait encore un public pour Sortilège. On a choisi les morceaux par rapport à nos set-lists habituels. »

« Les morceaux ont été choisis à part égale entre ceux du premier maxi et ceux des deux premiers albums. »

« Oui on voulait qu’il y ait des titres des trois sorties de l’époque. »

« Est-ce qu’il y avait aussi l’envie de voir ses titres avoir un son moderne puisque que tu as toujours trouvé que le son du premier maxi n’était pas bon. »

« Tu peux écouter tous ses titres avec le même son ce qui n’était pas possible à l’époque et c’est une bonne chose. »

« On trouve évidemment sur l’album tes morceaux préférés du groupe. »

« Oui un titre comme « Chasse le dragon » par exemple est un titre intemporel. Il sonne très juste avec ce qui se passe actuellement. L’Histoire se répète toujours, au final. »

« Vous avez redécouvert ces titres à travers cet enregistrement ? »
« Clairement. Nous nous sommes réappropriés ses morceaux. « Mourir pour une princesse » par exemple je le redécouvre maintenant. Grâce à une production moderne on peut vraiment redécouvrir ce titre. »

« Les deux titres inédits se marient bien avec les vieux morceaux. »

« C’est vrai. « Toujours plus haut » reflète un côté pop que l’on aura sur certains morceaux du nouvel album. »

« Votre deuxième album «Larmes de Héros » avait été critiqué à l’époque parce que trop « pop ». Est-ce cela qui a amené à la séparation du groupe ? » 

« Non pas du tout. Sortilège n’était pas viable et j’avais une famille à nourrir. Il y a aussi le fait que je voulais aller sur quelque chose de plus progressif et les autres voulaient rester sur quelque chose de plus ouvertement metal. »

« Comment sonnera le nouvel album ? »

« Il y aura des morceaux mélodiques, d’autres très metal. C’est un album qui couvrira tout le spectre de ce qu’est Sortilège aujourd’hui. Pour le moment on s’occupe de la promo de « Phoenix ». Le nouvel album sortira sans doute à l’automne prochain. Il y a déjà eu pas mal de titres maquettés. »

« J’imagine que la scission après la reformation l’an dernier n’a pas été facile à vivre. »

« Cela n’a pas été simple, c’est vrai. On a un peu été comme un vieux couple qui veut recoller les morceaux. Souvent cela ne marche pas. »

« A votre époque est-ce que vous écoutiez les autres groupes français de hard : Trust, Satan Jokers, Warning ? »

« On les écoutait d’une oreille critique. On était conscient de la qualité des différents groupes. Il y avait Océan aussi. Warning et Océan chantaient en anglais et leurs textes surtout ceux de Warning ne sont pas impérissables. On se faisait des guerres qui étaient en partie menées par nos managers respectifs. Un jour avec Renaud Hantson de Satan Jokers on avait discuté de cela en se disant cela suffit les conneries. »

« La plupart de ses groupes chantaient en français. »

« Oui d’ailleurs nos albums en anglais sont de vraies merdes. »

« Il y avait un côté pop chez Sortilège. »

« Oui, cela venait de mon écriture. Renaud Hantson dit de moi que je suis le Balavoine du metal. »

« Vous avez splitté en 1986 notamment parce que cela ne marchait pas, en tout cas pas suffisamment mais il y a quand même eu cette fameuse première partie de Def Leppard. »

« On a beaucoup de chance à cette époque. On y croyait. Quand on a joué en première partie de Def Leppard on s’est dit qu’on y était et en fait non. »

« Le concert à l’Elysée Montmartre qui a été plusieurs fois repoussé à cause du Covid est reprogrammé. »

« Oui il aura lieu en 2022. Cela devait avoir lieu en Octobre mais c’était trop incertain. »

« Vous allez jouer en Allemagne. Tu disais que vous n’étiez pas énorme mais trente cinq ans après le split vous jouez à l’étranger. Il y a quand même un public qui vous attendait. »

« Oui mais on ne s’en aperçoit que maintenant. J’ai été le premier surpris lors de notre retour de cet intérêt du public. La maison de disque s’est d’ailleurs rendu compte à ce moment-là qu’il y avait un réel engouement pour le groupe. »

« Comment vis-tu ce retour ? »

« Je vis un conte de fée. On est une équipe et ça fonctionne. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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