Interview

DUST IN MIND (2021) - Damien (Guitare)

Avec « CTRL » quatrième album du groupe les Strasbourgeois de Dust In Mind confirment qu’ils ont le potentiel pour devenir un très gros groupe. Leur côté indus s’est adouci pour un metal moderne ultra efficace et fédérateur. Entretien avec Damien, guitariste du groupe.


« Comment avez-vous pensé ce nouvel album par rapport à « From Ashes to Flames » ? »

« On écrit toujours au feeling. On a une idée de départ. Celle-ci bouge beaucoup ensuite. On a toujours des thèmes comme l’environnement ou le harcèlement moral ou scolaire. On avait écrit un titre comme « I’m Different » sur le harcèlement scolaire. C’est important de parler de ce genre de chose. Pour ce disque nous parlons moins d’environnement et plus d’émotions. Ce peut être quelque chose de très haineux ou au contraire d’amoureux. »

« Vous poursuivez dans votre voie metal moderne et indus. »

« Je fais de la musique grâce à Peter Tägtren de Hipocrisy, Pain. J’aime le côté martial de sa musique. »

« Il y a des morceaux assez électro comme « Break ». »

« Je n’aurais pas pensé à « Break » comme le titre le plus électro du disque. On voulait une vision plus large pour cet album. Cela a donné ça. Je voulais un thème par morceau. J’avais envie d’un album que l’on puisse écouter sans se lasser. »

« Les synthés sont très présents dans l’album. »

« Je suis guitariste de base mais je m’intéresse de plus en plus à la production. Du coup je peux commencer un morceau par une ligne de synthé. »

« Est-ce que vous avez la volonté de toucher un public plus large que le public metal ? »

« On reste dans quelque chose qui nous plait. On pourrait vendre notre âme au diable. Nous n’avons pas peur d’explorer des choses mais en restant nous-mêmes. »

« Vous êtes de Strasbourg. Est-ce pour cela que vous êtes plus gros en Allemagne qu’en France ? »

« C’était aussi notre stratégie. Nous sommes frontaliers. On a signé direct avec un label allemand. L’Allemagne est le pays du metal. »

« Vous êtes sur DarkTunes. »

« Oui depuis nos débuts. On a quasi commencé ensemble, grossi en parallèle. Le label a commencé comme un label gothique avant de s’élargir. »

« Dans le nouvel album il y a un peu moins ce côté indus. C’est un disque peut-être plus fédérateur. »

« Ce n’était pas une volonté délibérée. On a avec cet album trouvé une identité. Quand on nous écoute aujourd’hui on se dit c’est Dust in Mind, pas un groupe qui ressemble à ceci ou à cela. »

« Dans le single « Synapses » il y a un passage à la Edith Piaf. C’est osé. »

« C’est vrai. On fait ce qu’on veut sans se poser de limites. Ce morceau a un côté romantique. On voulait y mettre cette touche française. Nous sommes plus connus en Allemagne qu’en France donc il faut assumer notre côté français. On voulait y aller à fond avec le côté valse du morceau. N’importe qui dans le monde qui écoute ce titre comprend que nous sommes un groupe français. »

Et le clip avec la Tour Eiffel

« C’est venu avec cette idée : la « french touch ». »

« Vous avez joué récemment en Suisse ? »

« Oui à Pratteln, au Z7. C’est une grosse salle. On y va pour assister à des concerts en tant que spectateurs. On a joué avec Illumishade et Ad Infinitum. Ce concert a été notre seule date en 2020. On en pouvait plus de ne pas pouvoir jouer. C’était très cool, comme la sensation de revenir à la maison. On a testé de nouvelles choses. »

« Vous jouez à Strasbourg chez vous au printemps. »

« C’est notre premier tour en head-liner. On a une vingtaine de dates. La machine est lancée. Il y aura aussi quelques festivals l’été prochain puis d’autres dates fin 2022. »

« Il y a eu plusieurs changements de line-up dans le groupe au cours des années. Est-ce que cela a fait évoluer votre style ? »

« Cela a apporté de nouvelles idées, de nouvelles façons de penser mais fondamentalement le groupe n’a pas changé. Le dernier album montre un groupe qui a trouvé une certaine assurance. »

« C’est votre quatrième album. Celui de la maturité ? »

« On a envie de dire ça mais c’est toujours délicat. En tout cas on se retrouve tous dans ce disque. C’est le premier qui nous rend totalement serein. On a trouvé notre axe, notre personnalité. Nous sommes dans le bon wagon. »

« Certains dans le groupe étaient parallèlement dans d’autres formations. C’est toujours le cas ? »

« Non. Cela fait déjà plusieurs années maintenant. Cela demande beaucoup d’énergie d’être dans un groupe aujourd’hui. J’ai été dans Absurdity un moment. Cela m’a beaucoup apporté. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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