Interview

CORPUS DIAVOLIS (2021) - Daemonicreator (Chant)

Les Marseillais de Corpus Diavolis font partie depuis de nombreuses années maintenant des groupes black français les plus intéressants. Leur nouvel album, « Apocatastase » qui vient de sortir chez les Acteurs de l’Ombre est un must dans le genre. Entretien avec Daemonicreator, chanteur du groupe.


« Il s’est passé quatre ans depuis votre précédent album. Qu’avez-vous fait durant ce temps ? »


« On a composé ce nouvel album. Cela a pris un peu de temps. Nous n’avons pas d’obligation contractuel. Nous prenons notre temps. L’album a été peut-être un peu long à faire parce qu’il y a bien sûr eu la situation covid. »

« Vous êtes un groupe black « classique ». »

« Je ne dirai pas que l’on reste dans le classicisme du black. « Atra Lumen » notre précédent album a un côté doom par exemple. Ce que l’on propose c’est notre vision du black. Cela reste du black « classique » certes mais pas seulement. »

« Vous n’avez pas les influences qu’ont les groupes post-black ? »

« Non. J’en écoute rarement. C’est Satan qui m’intéresse et le post-black n’en parle pas. »

« Votre nouvel album s’intitule « Apocatastase ». C’est un vieux concept ? »

« C’est un concept antique qui a été repris par le Christianisme. C’est la restauration de toute chose en son état d’origine. C’est un concept qui nous intéresse depuis longtemps. C’est le retour à l’état primaire. Ce concept permet de se reconnecter à son être. On a aimé utiliser cette symbolique. »

« C’est un concept-album autour de ce thème ? »

« Non. Le thème est abordé dans un titre ou deux. Chaque morceau a son identité propre. »

« Vous venez de signer chez les Acteurs de l’Ombre. C’est une fierté pour le groupe ? »

« Une fierté je ne sais pas. C’est quelque chose de positif, c’est certain. C’est comme une consécration, un but qui se réalise. On va sans doute toucher un public différent. »

« Tu connaissais leurs productions ? »

« Pas trop. Je sais qu’ils ouvrent à d’autres styles de black. »

« Vous sortez l’album dans un coffret collector splendide. »

« Tout à fait. Le label a super bien bossé sur cet objet. C’est une œuvre que je n’ai jamais vu ailleurs. Elle est comme un concept ésotérique. Nous n’aurions jamais pu imaginer faire ça. Cela coûte cher à faire, cher à l’achat. Ce sera limité à 100 exemplaires. »

« Dans le dernier album même si votre black reste classique comme je le disais tout à l’heure il peut parfois aller vers des directions atmosphériques ou avant-gardistes. »

« C’est vrai. Mayhem, Emperor c’est classique mais aussi différent. On aime créer des atmosphères, chercher à retranscrire des ambiances lourdes et profondes. On fait des morceaux à tiroir dans lesquels défilent différents paysages. »

« Comment avez-vous décidé de prendre George Emmanuel de Lucifer’s Child comme producteur de l’album ? »

« Il a produit des albums que l’on aime beaucoup. Il a répondu de suite à notre appel. On a tout fait via le Net. On a composé à Marseille et lui a bossé de chez lui, en Grèce. »

« Est-ce que des groupes comme Sinmara ou Inferno sont des influences ? »

« J’aime beaucoup ces deux groupes mais ce ne sont pas forcément des influences, en tout cas pour cet album. Ces groupes nous inspirent plus qu’ils nous influencent. »

« La pochette est signée Stefan/Khaos Diktator qui a notamment fait les pochettes de Crescent. Comment l’avez-vous contacté ? »

« Il a travaillé avec beaucoup de gens. On avait aimé la pochette qu’il avait réalisé pour Temple of Evil. Son style renvoie à la peinture de la renaissance et est inspirée par une approche ésotérique qui nous parle. »

« La recherche de Corpus Diavolis est une recherche de l’occulte ? »

« Oui et c’est comme cela depuis le début de ma vie terrestre. La musique est un moyen d’exprimer cela. D’où le nom de Corpus Diavolis. Cette recherche est la recherche de toute une vie. »

« Vous allez faire des concerts bientôt ? »

« On commence par un concert à Nantes. On va faire une mini-tournée qui passera par Marseille, la Haute-Loire. On jouera en Haute-Loire avec Seth. J’avais découvert ce groupe avec « Les Blessures de l’âme. » J’ai écouté leur dernier album qui est très bon. »

« Est-ce que tu penses qu’avec une signature chez les Acteurs de l’ombre, Corpus Diavolis va devenir un plus gros groupe ? »

« Le futur nous le dira. Cela dépend. Il y a peu de groupe black avec un large public. Behemoth mais est-ce toujours du black ? Le but du black c’est de propager la parole de Satan. Si c’est auprès de plus de gens, tant mieux. Mais le black restera toujours une musique différente. Ce n’est pas le genre de musique qui touchera un jour un public large. Cela restera toujours underground. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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