Interview

MEMBRANE (2022) - Groupe

Groupe culte de la scène noise et post hard-core française Membrane poursuit année après année son petit bonhomme de chemin. Plus de vingt ans après la formation du groupe, ils nous reviennent aujourd’hui avec un excellent « Beyond Your Beliefs ». Entretien.

« Le groupe existe depuis longtemps mais vous êtes plutôt rare sur la scène musicale ces dernières années. »

« Pas tant que cela. Nous existons depuis 2000 et avons été assez actifs. Car outre les albums, il y a eu des splits. C’est vrai que l’on a eu un petit creux après 2010, qu’il avait fallu attendre à cette époque 2015 pour voir un nouvel album de Membrane (« Reflect Your Pain » ndlr) mais sinon nous n’avons jamais faibli. Notre premier album date de 2004, on fait un disque tous les deux, trois ans et on en a quand même fait six au total. »

«Beyond your Beliefs » est un peu différent de vos précédents albums. »

« C’est ce que nous voulions. On voulait des morceaux longs et plus lents. On est content du résultat. Le dernier titre, « You’ll Wander » est particulièrement long et un peu particulier. »

« Que vous a apporté Mathieu le second guitariste pour cet album ? J’imagine que sa disparition a été un choc pour vous. Le disque lui est dédié ? »

« Sa disparition nous est tombée dessus. Il a beaucoup apporté à l’atmosphère générale du disque. Il nous a amené une base rythmique qui a permis d’amener d’autres mélodies. On a pu ainsi croiser et amplifier nos strates de guitares. Il devait partir en tournée avec nous. Effectivement sa disparition rend de facto cet album comme un disque hommage à sa mémoire. »

« Il y a un gros élément noise dans votre musique. Vous êtes fans du genre ? »

« Nous sommes de gros fans de la noise indé des années 90. On adore des groupes comme Condense ou Portobello Noises. Dans les années 90 on allait voir beaucoup de concerts et dans le tas pas mal de concerts noise. Unsane était l’un de nos groupes fétiches et l’est resté avec le temps. En même temps, on s’éloigne de ce coté noise dans notre musique.»

« Il y a aussi des éléments post-hard-core dans ce que vous faites. »

« On écoute pas mal de choses différentes : de la noise 90’s, du doom, du post-metal, du post hard-core. »

« Il y a un côté hypnotique dans votre musique, je trouve. »

« Oui, on cherche une sorte d’hypnose via la répétition des riffs. Après, nous ne sommes quand même pas un groupe de drone. On aime créer une ambiance particulière. On ne s’interdit cependant pas pas à certaines occasions d’être dans le classique couplet/refrain. Plusieurs morceaux de l’album sont comme ça. »

« Les titres de l’album sont presque tous étirés au maximum. »

« Oui, parce que nous aimons la lourdeur. On se sent bien dans ces tempos-là, dans quelque chose de lourd et de lent. On avait déjà voulu faire ça dans l’album précédent et malheureusement nous n’y avions pas réussi complètement. On est très contents d’y être parvenus pour celui-là. C’est bien de se fixer un objectif et de réussir à atteindre le résultat escompté. »

« Vous avez signé chez Source Atone Records. Comment cela s’est-il passé ? »

« Nous les avons contactés. Notre avant dernier album était une auto-production. C’est cool de travailler en auto-prod mais c’est dur pour la promo. Source Atone est un jeune label bien dynamique et avec un roster super intéressant. Ils nous ont répondu très vite. Cela a été un bon choix de notre part que de les rejoindre. »

« Vous avez longtemps été chez Basement Apes. »

« Oui mais ce label n’existe plus pour le moment. Source Atone est d’ailleurs un peu comme le petit frère de Basement. Tu as Junon chez Source Atone dont le précédent groupe, General Lee était chez Basement. C’est un peu une histoire de famille et une continuité. La mentalité chez Source Atone est la même que celle qui prévalait chez Basement : une petite équipe cool. »

« Qui a réalisé la pochette du disque et que représente-t-elle ? »

« C’est une amie à nous. Le dessin est celui d’une petite flamme. On voulait montrer la pollution planétaire. Ce monde brûle et cette flamme représente la combustion du monde. »

« Vous avez des concerts prévus ? »

« On a quelques dates au printemps. On joue à Belfort en Avril. Nous avons également une date avec Helmet. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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