Interview

CLEAGANE (2022) - Groupe

Quatre ans après « The Funeral Sea » les franciliens de Clegane reviennent avec un second opus qui s’avère une belle réussite. « White of the Eye » offre l’originalité de marier doom et grunge. Un cocktail étonnant mais qui fonctionne à merveille sur cette galette. Entretien.

« Au début de Clegane vous étiez hyper prolifique : un EP, un album, un split. Puis le rythme s’est ralenti. C’est à cause du Covid ? »


« On est assez lent au niveau production et puis nous aimons peaufiner les morceaux. Au début nous avions pas mal de matière. Nous avons voulu continuer sur cette lancée mais il y a eu un changement de batteur. »

« Comment avez-vous pensé l’album par rapport à « Funeral at Sea » ? »

« Il y a eu de nouvelles compos et un nouveau batteur comme on le disait. On a fait les choses comme ça se présentait. Les morceaux se sont transformés au fil des répets. »

« Vous êtes un groupe doom mais l’album n’est pas que cela. »

« Tout à fait. On a des influences diverses et variées. C’est clairement un album doom mais pas que. On ne veut pas entrer dans les stéréotypes du doom. On est par exemple tous influencés par le grunge dans ce groupe, une musique qui est loin du doom. »

« Le doom on le retrouve dans la lourdeur des riffs. »

« Cela fait partie du socle du groupe. On aime bien prendre le temps de développer nos morceaux. Il importe d’avoir le temps nécessaire pour que l’on puisse développer notre propos. Du coup il y aura forcément de longues plages dans ce que nous proposons. Nous mélangeons cela avec un sens de la mélodie héritée des 90’s. »

« Vos influences grunge c’est plutôt Nirvana ou Soundgarden ? »

« Toute la palette possible du grunge : Nirvana, Soundgarden, Mudhoney. On aime dans le grunge ce côté naturel, brut de décoffrage. »

« Et vos influences doom c’est Mammoth Storm, Bongripper ? »

« Eux ou encore YOB. Nous sommes éclectiques dans nos goûts. YOB est une grosse influence. Ce n’est pas un groupe répétitif. Au contraire il propose plein de choses différentes. »

« Quels sont les thèmes développés dans le disque ? »

« L’album n’est pas dépressif mais les thèmes que le disque développe, eux le sont. Nous parlons de frustration, de ne pas crever seul, ce genre de choses. »

« Il y a un morceau du disque « White of the eye » avec Sam Pillay la chanteuse de Point Mort. Vous évoluez pourtant dans des registres musicaux très différents. »

« La chanteuse de Point Mort est ma femme et puis cela nous intéresse de collaborer avec des groupes avec d’autres styles musicaux que le nôtre. Cela apporte des nuances. Et cela donne ce morceau, un titre hybride au confluent de leur univers et du nôtre. »

« Comme eux vous êtes sur Almost Famous. C’est un label familial. »

« C’est cela. On a été une orga de concerts et puis on a eu envie de créer un label pour promouvoir les groupes de celui-ci. »

« Qui a réalisé la pochette du disque. Elle est très belle avec ses flocons de neige même si ce n’est pas trop la saison. »

« C’est un artiste qui est aussi un ami avec lequel on travaille depuis le départ. On veut toujours qu’il y ait des éléments naturels sur nos pochettes de disque. Là ce sont des flocons de neige. Cela exprime quelque chose d’aérien. C’est vrai que le flocon de neige n’est pas trop de saison mais on a été retardé au niveau du calendrier. »

« Vous avez des dates bientôt ? »

« On vient de jouer à Lille. On jouera lundi à Paris puis à Nice, Aubagne, Clermont Ferrand, Bordeaux. » 
 
Critique : Pierre Arnaud
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